Maroc : réforme éducative, tensions avec Madrid et relance économique en débat
La réforme des établissements pionniers et les résultats PISA 2025 relancent le débat sur l'école marocaine, tandis que les tensions avec Madrid s'accentuent sur Sebta et Melilla. Quatre engagements économiques sont proposés par l'UC.
L'école marocaine à l'heure des premiers bilans
La rentrée scolaire 2026 marque un tournant pour le système éducatif marocain. Plus de huit millions d'élèves ont repris le chemin des établissements pionniers, ces écoles primaires et collèges transformés depuis 2023 par une réforme ambitieuse. Contrairement aux précédentes tentatives, celle-ci ne se limite pas à des améliorations matérielles : elle repense en profondeur les méthodes d'apprentissage. "La réforme s'est attaquée au noyau central : la manière dont les élèves apprennent", souligne un responsable du ministère de l'Éducation nationale.
Les premiers résultats concrets devraient apparaître dans les prochaines années, mais les comparaisons internationales donnent déjà des indications. Les scores du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) 2025, publiés mardi, reflètent principalement le niveau des élèves formés sous l'ancien système. Le ministère insiste sur ce point : "Ces résultats ne peuvent pas être considérés comme une évaluation du modèle actuellement mis en œuvre". Une précision importante alors que le Maroc se situe dans la moyenne des pays de l'OCDE, avec des performances stables mais perfectibles en mathématiques, sciences et compréhension de l'écrit.
Sebta et Melilla : les déclarations marocaines crispent les relations avec Madrid
La diplomatie marocaine a connu un nouveau moment de tension avec l'Espagne. Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a réagi vivement aux récentes prises de position de responsables marocains concernant la souveraineté sur Sebta et Melilla. "Ces déclarations dégradent la relation bilatérale", a-t-il déclaré, tout en reconnaissant que le dossier migratoire est devenu un carburant électoral pour l'extrême droite européenne.
La tournée d'Albares à Bruxelles visait à explorer deux pistes : l'intégration des deux villes à l'union douanière de l'UE et le renforcement de leur ancrage européen. Une approche qui contraste avec les positions marocaines récentes, alors que le sujet reste sensible des deux côtés de la Méditerranée. Les observateurs notent que cette crispation intervient dans un contexte où les deux pays cherchent à renforcer leur coopération économique et sécuritaire.
Quatre engagements pour un "Maroc à une seule vitesse"
À l'approche des législatives de 2026, l'Union constitutionnelle (UC) a dévoilé son programme articulé autour de quatre engagements majeurs : relance productive, pouvoir d'achat, équité sociale et justice territoriale. Le parti de Mohamed Joudar mise sur une approche "réaliste et ambitieuse" pour réduire les fractures entre régions et catégories sociales.
Parmi les propositions phares, on note une volonté de stimuler la production locale tout en améliorant les conditions de vie des Marocains. L'UC insiste sur la nécessité d'éviter "les promesses illusoires" et de privilégier des mesures concrètes. Ce positionnement intervient alors que le débat sur le pouvoir d'achat reste au cœur des préoccupations économiques, dans un contexte marqué par des tensions inflationnistes persistantes.
Santé publique : entre avancées et tensions
Le secteur de la santé marocaine connaît des développements contrastés. D'un côté, quinze nouveaux établissements de soins de santé primaires ont été mis en service mardi dans six régions du Royaume. Ces infrastructures, réhabilitées et équipées, s'inscrivent dans la réforme du système national de santé voulue par le roi Mohammed VI.
De l'autre, les étudiants en médecine dentaire de Casablanca ont décidé de suspendre leurs stages au CHU Ibn Rochd. Excédés par des mois de promesses non tenues, ils dénoncent des locaux jugés trop exigus et du matériel qu'ils doivent parfois financer eux-mêmes. Cette crise révèle les tensions persistantes dans la formation médicale, alors que le pays cherche à renforcer son offre de soins.
Ces différents dossiers illustrent les défis auxquels le Maroc est confronté : moderniser son système éducatif, gérer des relations diplomatiques complexes, relancer son économie et améliorer son système de santé. Autant de sujets qui devraient occuper le débat public dans les mois à venir.