Maroc : industrie en hausse, Code de la famille en débat et chaleur persistante
L'activité industrielle progresse en juillet, le Mouvement populaire propose une réforme du Code de la famille, et les températures restent élevées ce 11 septembre. Les enjeux économiques et sociétaux du Maroc en une.
Le Maroc aborde ce vendredi 11 septembre avec des dynamiques contrastées, entre signes de reprise économique, débats sociétaux et conditions climatiques exigeantes. L’enquête de conjoncture de Bank Al-Maghrib pour juillet 2026 révèle une amélioration de l’activité industrielle, tandis que les partis politiques précisent leurs programmes à moins de deux semaines des législatives. Parallèlement, les prévisions météorologiques annoncent des températures élevées et des phénomènes orageux localisés, rappelant les défis climatiques auxquels le pays reste confronté.
L’industrie marocaine montre des signes de reprise
L’enquête mensuelle de Bank Al-Maghrib (BAM) pour juillet 2026 dresse un tableau nuancé mais encourageant de l’activité industrielle. Le taux d’utilisation des capacités de production (TUC) s’établit à 81 %, un niveau qui témoigne d’une reprise progressive après plusieurs mois de ralentissement. La production a enregistré une hausse dans les secteurs de l’agroalimentaire et de la chimie-parachimie, tandis que le textile et cuir stagnait et que la mécanique-métallurgie accusait un repli.
Les ventes ont également progressé, portées par les mêmes secteurs dynamiques, mais les disparités sectorielles restent marquées. L’agroalimentaire et la chimie confirment leur rôle de moteurs, tandis que le textile et la mécanique peinent à retrouver leur élan. Ces résultats interviennent dans un contexte où la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) a fixé cinq priorités pour la rentrée économique : stimuler l’investissement privé, renforcer la compétitivité industrielle, soutenir les très petites et moyennes entreprises (TPME), favoriser l’emploi et développer les exportations. Mehdi Tazi, président de la CGEM, a souligné lors du Conseil d’administration du 10 septembre l’importance de placer l’entreprise au cœur de la prochaine phase de croissance, insistant sur la nécessité d’un dialogue constructif avec les formations politiques et le futur gouvernement.
Le Code de la famille au cœur des programmes électoraux
À l’approche des élections législatives du 23 septembre, les partis politiques affinent leurs propositions, et la réforme du Code de la famille (Moudawana) s’impose comme un sujet central. Le Mouvement populaire (MP), dirigé par Mohamed Ouzzine, a présenté son « Contrat populaire », un programme qui place l’autonomisation de la femme et la refonte du Code de la famille au rang des priorités. Le parti appelle à une mise en œuvre rapide des directives royales sur ce chantier, tout en prônant une approche équilibrée qui concilie justice sociale, préservation de l’identité nationale et cohésion familiale.
Le MP ne se limite pas à une réforme juridique : il propose une vision intégrée de l’État social, où les ajustements budgétaires et les programmes d’aide financière s’accompagneraient de mesures structurelles pour renforcer l’égalité des chances. Cette position reflète une tendance plus large parmi les formations politiques, qui voient dans la Moudawana un levier pour répondre aux attentes d’une société en mutation. Le Rassemblement national des indépendants (RNI), donné favori dans plusieurs régions, mise quant à lui sur un bilan concret et une campagne de proximité, comme l’a rappelé son président Mohamed Chouki lors d’un meeting à Médiouna. « Le populisme est l’option la plus facile, mais la crédibilité se construit sur le terrain », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de solutions réalistes plutôt que de promesses démagogiques.
Treize jours pour convaincre
La campagne électorale, officiellement lancée le 10 septembre, entre dans sa phase décisive. Pour certains partis, ces treize jours représentent l’aboutissement d’un travail de terrain de plusieurs années, où l’écoute des citoyens et la co-construction des programmes ont primé sur les effets d’annonce. Pour d’autres, en revanche, la campagne est une course contre la montre pour élaborer des propositions crédibles et mobiliser un électorat volatile.
Les enjeux sont multiples : pouvoir d’achat, emploi, éducation, mais aussi gestion des ressources naturelles et adaptation au changement climatique. Les débats autour de la Moudawana et de la compétitivité industrielle illustrent cette complexité, où les réponses ne peuvent se limiter à des mesures ponctuelles. Comme l’a souligné un éditorialiste dans Aujourd’hui le Maroc, « un programme conçu dans l’urgence ne résistera pas à l’épreuve du temps ». Les électeurs, eux, devront trancher entre des visions parfois radicalement opposées, mais toutes confrontées aux mêmes défis : comment concilier croissance économique, justice sociale et résilience face aux crises ?
Météo : chaleur persistante et phénomènes localisés
Sur le front climatique, les prévisions pour ce vendredi 11 septembre confirment la persistance de températures élevées, avec des conditions assez chaudes à chaudes sur les plaines intérieures, le Souss, le Sud-Est et l’extrême Sud. Les minimales varieront entre 8 et 12 °C sur l’Atlas et le Rif, tandis que le Sud-Est et les provinces sahariennes connaîtront des nuits encore douces, avec des températures comprises entre 21 et 28 °C.
Les phénomènes orageux ne seront pas absents : des averses sont attendues sur le Haut et le Moyen Atlas, ainsi que dans le Sud de l’Oriental, où des orages localisés pourraient se produire. Les côtes méditerranéennes et atlantiques seront marquées par des nuages bas matinaux et nocturnes, accompagnés de brumes ou de bruines locales. Enfin, des rafales de vent assez fortes sont prévues sur la région de Tanger, les côtes centrales et les provinces sahariennes, avec un risque de chasse-poussières dans ces zones.
Ces conditions météorologiques rappellent les défis auxquels le Maroc est confronté, entre gestion des ressources hydriques et adaptation aux épisodes extrêmes. Alors que les barrages affichaient des niveaux record il y a quelques semaines, la variabilité climatique impose une vigilance constante, notamment dans les régions déjà fragilisées par la sécheresse. Les autorités météorologiques appellent à la prudence, en particulier dans les zones exposées aux vents violents et aux orages, où les risques d’inondations locales ne sont pas exclus.
Ce vendredi 11 septembre illustre la diversité des enjeux auxquels le Maroc fait face. Entre signes de reprise économique, débats sociétaux et défis climatiques, le pays avance sur plusieurs fronts, avec des élections législatives qui s’annoncent comme un moment clé pour définir les priorités des années à venir. Les prochains jours seront déterminants, tant pour les candidats que pour les citoyens, appelés à choisir entre des projets parfois divergents, mais tous confrontés aux mêmes réalités : comment construire un avenir plus résilient, plus juste et plus prospère ?