Maroc : l'industrie se redresse, la CGEM trace la voie de la compétitivité
L'activité industrielle marocaine montre des signes de reprise en juillet 2026, avec une hausse de la production et des ventes. La CGEM fixe cinq priorités pour booster l'investissement et les exportations avant les législatives.
L'industrie marocaine entre reprise et défis structurels
Les derniers indicateurs conjoncturels de Bank Al-Maghrib (BAM) révèlent une amélioration de l'activité industrielle au Maroc en juillet 2026. Selon l'enquête menée auprès des entreprises entre le 3 août et le 4 septembre, la production a progressé dans les secteurs agroalimentaire et chimie-parachimie, tandis que les ventes ont augmenté dans ces mêmes branches. Le taux d'utilisation des capacités de production (TUC) s'établit à 81 %, un niveau qui témoigne d'une reprise modérée après plusieurs trimestres de ralentissement.
Cette embellie sectorielle intervient dans un contexte économique marqué par les préparatifs des élections législatives du 23 septembre. La Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) a profité de cette période pour définir ses priorités d'action pour les prochaines années, plaçant l'investissement privé et la compétitivité au cœur de sa stratégie.
Cinq priorités pour une économie plus résiliente
Lors de son deuxième Conseil d'administration pour le mandat 2026-2029, la CGEM a arrêté cinq axes majeurs pour la rentrée économique. Mehdi Tazi, président de la confédération, a insisté sur la nécessité de "placer l'entreprise au centre de la prochaine phase de croissance du Maroc".
Les priorités fixées sont les suivantes :
- Stimuler l'investissement privé : La CGEM souhaite créer un environnement plus favorable aux capitaux nationaux et étrangers, notamment à travers des incitations fiscales ciblées.
- Renforcer la compétitivité industrielle : L'accent est mis sur l'innovation et la modernisation des outils de production pour faire face à la concurrence internationale.
- Soutenir les TPME : Un plan spécifique est envisagé pour accompagner les très petites, petites et moyennes entreprises, qui représentent une part importante du tissu économique marocain.
- Développer l'emploi : La création d'emplois qualifiés est présentée comme un objectif transversal, lié à la fois à l'investissement et à la compétitivité.
- Booster les exportations : La CGEM plaide pour une meilleure ouverture des entreprises marocaines sur les marchés extérieurs, avec un accent particulier sur l'Afrique.
Cette feuille de route intervient alors que le secteur textile, traditionnellement porteur pour les exportations marocaines, montre des signes de faiblesse. L'enquête de BAM révèle en effet une stagnation de la production et une baisse des ventes dans cette branche au mois de juillet.
Assurance : un secteur en croissance malgré les tensions économiques
Le secteur des assurances affiche une santé robuste au deuxième trimestre 2026. Selon les données de l'Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS), les primes émises ont atteint 17,6 milliards de dirhams, en hausse de 5,4 % par rapport à la même période en 2025.
Cette progression est portée par les deux branches principales :
- Vie : +5,2 % à 9,37 milliards de dirhams, avec une performance remarquable du segment "Épargne-Supports Unités de Compte" (+62,9 %).
- Non Vie : +5,6 % à 8,25 milliards de dirhams.
Ces chiffres contrastent avec les difficultés rencontrées par d'autres secteurs de l'économie. Ils reflètent une tendance de fond : les Marocains cherchent à sécuriser leur patrimoine dans un contexte économique incertain, marqué par les tensions inflationnistes et les défis structurels de l'économie nationale.
Ce qu'il faut retenir
- Reprise industrielle modérée : Les secteurs agroalimentaire et chimie-parachimie tirent la croissance, tandis que le textile reste en difficulté. Le taux d'utilisation des capacités de production atteint 81 %, un niveau encourageant mais encore en deçà des performances d'avant-crise.
- Priorités économiques claires : La CGEM mise sur l'investissement privé, la compétitivité et les exportations pour relancer l'économie. Ces orientations pourraient influencer les programmes des partis politiques en lice pour les législatives.
- Résilience du secteur assurantiel : Avec une croissance de 5,4 % des primes émises, le secteur des assurances confirme son rôle de stabilisateur économique. La forte progression des supports en unités de compte (+62,9 %) témoigne d'une appétence accrue pour les produits d'épargne plus risqués mais potentiellement plus rémunérateurs.
- Défis structurels persistants : Malgré ces signes positifs, l'économie marocaine reste confrontée à des enjeux majeurs : chômage des jeunes, dépendance aux secteurs traditionnels, et nécessité d'accélérer la transition vers des industries à plus forte valeur ajoutée.
Alors que la campagne électorale entre dans sa phase finale, ces indicateurs économiques pourraient peser dans les débats. Les partis en lice devront proposer des solutions concrètes pour transformer cette reprise conjoncturelle en une croissance durable et inclusive.