Maroc : météo contrastée, Oscars et tensions à Sebta en une journée
Le Maroc affronte une météo contrastée ce 4 septembre, avec des températures élevées et des orages. Le film "La más dulce" représentera le pays aux Oscars 2027, tandis que les tensions persistent à Sebta.
Le Maroc aborde ce vendredi 4 septembre 2026 avec une actualité aussi diverse que les paysages du pays : des prévisions météorologiques contrastées, une reconnaissance cinématographique internationale, et des tensions géopolitiques persistantes à Sebta. Entre chaleur estivale et orages, le Royaume voit aussi son cinéma briller aux Oscars, tandis que les relations avec l’Espagne restent tendues sur fond de crise migratoire.
Une météo sous tension : chaleur persistante et orages localisés
Les prévisions météorologiques pour ce vendredi 4 septembre 2026 dessinent un Maroc aux climats variés. Selon la Direction générale de la météorologie, les températures seront « assez chaudes à chaudes » dans plusieurs régions intérieures, notamment le Gharb, le Loukkos, le Saïss, Oulmès, les plaines de Tadla et Rehamna, ainsi que dans le Souss, la vallée de la Moulouya et les provinces sahariennes. Les minimales oscilleront entre 25 et 31°C dans ces zones, confirmant la persistance d’un été prolongé.
Cependant, le temps ne sera pas uniforme. Des nuages bas matinaux et nocturnes, accompagnés de brumes ou de bruines locales, sont attendus sur la rive méditerranéenne et par endroits sur les côtes atlantiques, ainsi que dans le nord des provinces du Sud. Les reliefs du Haut et Moyen Atlas seront le théâtre d’averses orageuses, tandis que l’Oriental et certaines zones sahariennes pourraient également connaître des orages isolés. Les vents souffleront avec force sur les côtes centrales, le sud de l’Oriental et les provinces sahariennes, avec des risques de chasse-poussières.
Cette météo contrastée reflète les défis climatiques auxquels le Maroc est confronté, entre vagues de chaleur persistantes et épisodes orageux localisés, dans un contexte de changement climatique qui accentue les extrêmes.
Le cinéma marocain aux Oscars : "La más dulce" portera les couleurs du Royaume
Le Maroc a choisi son représentant pour les Oscars 2027. Le Centre cinématographique marocain (CCM) a annoncé jeudi que le long métrage La más dulce, réalisé par Laila Marrakchi, concourra dans la catégorie du meilleur film international. Ce choix, effectué à l’unanimité par une commission présidée par Tariq Khalami, assistant du directeur du CCM, s’appuie sur « le propos et le sujet du film, ses qualités techniques et artistiques, ainsi que ses perspectives de distribution internationale ».
La más dulce s’inscrit dans la continuité du travail de Laila Marrakchi, connue pour des films comme Marock (2005) ou Rock the Casbah (2013), qui explorent souvent les tensions sociales et culturelles au Maroc. Ce nouveau film, dont le synopsis n’a pas encore été dévoilé, semble promis à une visibilité accrue, dans un contexte où le cinéma marocain gagne en reconnaissance à l’étranger. La sélection aux Oscars intervient après une année 2026 marquée par une dynamique positive pour l’industrie cinématographique nationale, avec plusieurs productions marocaines primées dans des festivals internationaux.
Cette nomination est aussi un signal fort pour le secteur, alors que le Maroc mise de plus en plus sur son soft power culturel pour renforcer son influence à l’international.
Sebta : un rapport espagnol controversé relance les tensions diplomatiques
Les relations entre le Maroc et l’Espagne connaissent un nouveau regain de tensions, cette fois autour d’un rapport du Centre national espagnol d’immigration et des frontières (CENIF) consacré aux événements des 30 et 31 juillet 2026 à Sebta. Selon une analyse publiée par Hespress, ce document, rédigé à la demande de l’Audiencia Nacional, présente des « failles méthodologiques » et des « contradictions flagrantes » qui remettent en cause sa crédibilité.
Le rapport, dont des extraits ont fuité dans la presse espagnole, tente d’incriminer le Maroc en s’appuyant sur des « déductions spéculatives » et une « psychologie comportementale » appliquée à des vidéos en libre accès. Il omet délibérément, selon Hespress, les dysfonctionnements organisationnels des autorités espagnoles, tout en minimisant les responsabilités locales dans la gestion de la crise migratoire. Cette approche, qualifiée de « narrative fragile », s’inscrirait dans une stratégie plus large visant à externaliser les crises politiques internes de l’Espagne vers le Maroc.
Pour Rabat, ce rapport s’ajoute à une série de contentieux récents, notamment autour de la question migratoire et de la souveraineté sur Sebta et Melilla. Les autorités marocaines n’ont pas encore réagi officiellement, mais des sources diplomatiques indiquent que le Royaume pourrait saisir cette occasion pour rappeler ses positions sur la gestion conjointe des flux migratoires et la nécessité d’un dialogue apaisé avec Madrid.
Football marocain : l’effet Coupe du Monde 2026 se confirme sur le mercato
La Coupe du Monde 2026, qui s’est tenue cet été, continue de produire des effets concrets sur le football marocain. Selon le dernier International Transfer Snapshot publié par la FIFA, couvrant la période du 1er juin au 2 septembre 2026, 267 internationaux de 47 nationalités ayant participé au Mondial ont changé de club, générant à eux seuls plus de 3,3 milliards de dollars d’indemnités de transfert. Parmi eux, les joueurs marocains ont particulièrement bénéficié de cette dynamique, avec plusieurs mouvements vers des clubs européens de premier plan.
Au total, le football masculin professionnel a enregistré plus de 12 500 transferts internationaux pour un montant record de 9,89 milliards de dollars. Mais c’est le football féminin qui connaît la croissance la plus spectaculaire : les indemnités de transfert ont atteint des sommets inédits, illustrant l’impact croissant de la visibilité offerte par les grandes compétitions internationales.
Pour le Maroc, ces chiffres confirment l’attractivité grandissante de ses joueurs, portée par les performances de l’équipe nationale lors du Mondial 2026. Plusieurs internationaux marocains, dont certains ont brillé lors de la compétition, ont ainsi rejoint des clubs de Premier League, de Liga ou de Serie A, renforçant la présence du football marocain sur la scène européenne.
Grèves d’avocats et campagne électorale : un sujet qui s’invite dans le débat
Alors que le Maroc s’apprête à organiser des élections législatives dans les prochains mois, le mouvement de grève des avocats, entamé en début d’année, prend une nouvelle dimension politique. Selon Jeune Afrique, les grévistes tentent désormais d’imposer leur sujet dans la campagne électorale, après l’adoption en août d’un projet de loi portant réorganisation de la profession, qu’ils jugent défavorable.
Le gouvernement avait pourtant réussi à apaiser les tensions en début d’année en proposant un réexamen du texte. Mais l’adoption définitive de la loi a provoqué un durcissement du mouvement, avec des appels à la grève reconductible et des manifestations devant les tribunaux. Les avocats dénoncent notamment des mesures qu’ils estiment attentatoires à leur indépendance, comme l’instauration d’un conseil de discipline sous contrôle étatique.
Ce conflit social, qui s’inscrit dans un contexte plus large de tensions autour des réformes institutionnelles, pourrait peser sur la campagne électorale. Plusieurs partis politiques ont déjà commencé à se saisir du sujet, promettant des amendements ou un retrait pur et simple de la loi en cas de victoire. Pour les avocats, l’enjeu est désormais de transformer leur mouvement en un levier d’influence politique, dans un pays où la société civile joue un rôle croissant dans le débat public.
Ce vendredi 4 septembre 2026 résume à lui seul les multiples facettes du Maroc contemporain : un pays en mouvement, entre défis climatiques, reconnaissance culturelle et tensions géopolitiques, où chaque dossier porte en lui les enjeux de demain.