Maroc : industrie en reprise, tensions diplomatiques et enjeux électoraux

L'activité industrielle marocaine montre des signes de reprise en juillet, tandis que les tensions diplomatiques s'accentuent en Afrique du Nord et que la campagne électorale s'intensifie à deux semaines du scrutin législatif.

Maroc : industrie en reprise, tensions diplomatiques et enjeux électoraux
Photo de Nico Ruge sur Unsplash

L'industrie marocaine reprend des couleurs

Les derniers indicateurs économiques publiés par Bank Al-Maghrib (BAM) révèlent une amélioration notable de l'activité industrielle au Maroc en juillet 2026. Selon l'enquête de conjoncture menée auprès des entreprises entre le 3 août et le 4 septembre, le taux d'utilisation des capacités de production (TUC) s'établit à 81 %, un niveau qui témoigne d'une reprise progressive après plusieurs mois de ralentissement.

Cette dynamique positive s'observe particulièrement dans deux secteurs clés. L'agroalimentaire et la chimie-parachimie enregistrent des hausses significatives de leur production et de leurs ventes, portées par une demande intérieure soutenue et des exportations en progression. À l'inverse, le textile et cuir stagnent, tandis que la mécanique et métallurgie connaissent un repli, illustrant les disparités persistantes au sein du tissu industriel national.

Les ventes, globalement en hausse, confirment cette tendance. L'agroalimentaire et la chimie profitent notamment d'une demande extérieure accrue, notamment en direction de l'Afrique subsaharienne et de l'Europe. Ces résultats interviennent dans un contexte où le Maroc cherche à diversifier ses débouchés commerciaux, alors que les tensions géopolitiques en Méditerranée orientale compliquent certains échanges traditionnels.


Algérie-Émirats : la rupture diplomatique s'aggrave

La décision de l'Algérie de rompre ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis marque une escalade sans précédent dans les tensions régionales. Annoncée officiellement le 10 septembre, cette rupture s'inscrit dans un contexte de divergences croissantes sur plusieurs dossiers sensibles, au premier rang desquels la question marocaine.

Les autorités algériennes accusent Abou Dhabi d'« ingérences répétées » et d'« actes d'hostilité » visant à « déstabiliser » la région. Parmi les griefs évoqués figurent le soutien émirati au Maroc dans le dossier du Sahara occidental, ainsi que des positions jugées trop favorables à Israël. Les Émirats, qui ont normalisé leurs relations avec l'État hébreu en 2020, sont également critiqués pour leur implication dans les crises libyenne et sahélienne, où leurs intérêts stratégiques entrent en concurrence avec ceux d'Alger.

Cette rupture intervient à un moment où le Maroc renforce ses partenariats économiques et sécuritaires avec les monarchies du Golfe, notamment dans le cadre de la transition énergétique et des investissements industriels. Pour Rabat, cette alliance représente un levier important dans sa stratégie de diversification des partenariats, alors que les relations avec l'Union européenne traversent une phase de tensions sur plusieurs fronts, notamment commercial et migratoire.


Législatives 2026 : le RNI mise sur un bilan concret

À deux semaines du scrutin législatif du 23 septembre, la campagne électorale entre dans sa phase décisive. Le Rassemblement national des indépendants (RNI), au pouvoir depuis 2021, mise sur un discours axé sur la crédibilité et la proximité avec les citoyens pour conserver sa majorité. Son président, Mohamed Chouki, a récemment déclaré que son parti rejetait le « populisme facile » au profit d'un « travail de terrain soutenu » et d'un « bilan concret ».

Cette stratégie s'appuie sur plusieurs réalisations mises en avant par le RNI, notamment dans les domaines des infrastructures, de la santé et de l'éducation. Le parti insiste également sur sa capacité à maintenir la stabilité économique dans un contexte international marqué par l'inflation et les tensions géopolitiques. À Médiouna, où le RNI a tenu une réunion de mobilisation, les candidats ont été invités à présenter des « solutions réalisables » plutôt que des promesses jugées irréalistes.

Cette approche contraste avec celle de certains partis d'opposition, qui misent davantage sur des discours de rupture et des propositions radicales pour séduire un électorat en quête de changement. Les sondages, bien que peu fiables dans le contexte marocain, suggèrent une course serrée dans plusieurs circonscriptions clés, notamment à Casablanca-Settat, où le RNI entend conserver sa première place.


Ce qu'il faut retenir

L'actualité géopolitique et économique du Maroc se concentre actuellement sur trois dynamiques majeures. D'abord, la reprise industrielle, bien que contrastée, offre des signes encourageants pour une économie en quête de résilience. Ensuite, la rupture diplomatique entre l'Algérie et les Émirats arabes unis redessine les équilibres régionaux, avec des répercussions potentielles sur les alliances et les partenariats stratégiques du Maroc. Enfin, la campagne électorale pour les législatives du 23 septembre s'annonce comme un test crucial pour le RNI, qui mise sur son bilan pour convaincre un électorat de plus en plus exigeant.

Dans les prochains jours, l'attention se portera notamment sur les réactions internationales à la crise algéro-émiratie, ainsi que sur les dernières mobilisations des partis en lice pour le scrutin législatif. Sur le front économique, les prochains indicateurs de Bank Al-Maghrib permettront d'évaluer si la reprise industrielle observée en juillet se confirme, ou si les disparités sectorielles persistent.