Législatives 2026 : CGEM et partis en ordre de bataille pour l'économie marocaine

À 13 jours du scrutin, la CGEM fixe cinq priorités économiques tandis que RNI et MP dévoilent leurs programmes. Industrie, investissement et réformes sociétales en débat.

Législatives 2026 : CGEM et partis en ordre de bataille pour l'économie marocaine
Photo de Amina Atar sur Unsplash

Rentrée économique : la CGEM trace la voie pour l'après-scrutin

Casablanca, 11 septembre 2026 – La Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) a fixé ce jeudi cinq axes prioritaires pour la prochaine législature, à treize jours des élections législatives du 23 septembre. Réunie en conseil d'administration sous la présidence de Mehdi Tazi, la centrale patronale a placé l'investissement privé au cœur de son plaidoyer, dans un contexte marqué par une amélioration contrastée de l'activité industrielle.

Selon l'enquête de conjoncture de Bank Al-Maghrib pour juillet 2026, publiée ce matin, le taux d'utilisation des capacités de production (TUC) s'établit à 81%, avec une hausse de la production dans l'agroalimentaire et la chimie-parachimie, mais une stagnation dans le textile et une baisse dans la mécanique-métallurgie. "Ces chiffres confirment la nécessité d'une politique industrielle plus offensive", a souligné la CGEM, qui cible particulièrement les TPME et l'export comme leviers de croissance.

Parmi les cinq priorités retenues figurent également la compétitivité industrielle, le soutien aux très petites et moyennes entreprises, la création d'emplois et l'ouverture sur les marchés extérieurs. La confédération prépare un dialogue avec les formations politiques en lice, dans l'espoir de placer l'entreprise au centre du prochain projet gouvernemental.

Industrie : des signaux contrastés à l'approche des élections

L'enquête de Bank Al-Maghrib révèle des dynamiques sectorielles divergentes. Si l'agroalimentaire et la chimie-parachimie enregistrent des hausses de production et de ventes, le textile et cuir stagne, tandis que la mécanique-métallurgie recule. Ces disparités illustrent les défis de la transition économique marocaine, entre secteurs traditionnels en difficulté et filières émergentes.

La CGEM insiste sur la nécessité d'accélérer les réformes structurelles, notamment en matière de fiscalité et de simplification administrative. "L'investissement privé doit devenir le moteur de la croissance", a déclaré Mehdi Tazi, évoquant la possibilité d'une baisse de l'impôt sur le revenu pour stimuler l'activité. Une proposition qui rejoint les promesses de plusieurs partis en campagne, comme le Rassemblement national des indépendants (RNI).

RNI et MP : deux visions pour l'économie et la société

Le RNI, en meeting à Médiouna, mise sur son bilan et un programme présenté comme "concret et réalisable". Mohamed Chouki, président du parti, a rejeté le "populisme" au profit d'une "crédibilité construite sur le terrain". Le parti, qui vise à conserver sa première place dans la région Casablanca-Settat, met en avant des solutions immédiates pour le pouvoir d'achat et l'emploi.

De son côté, le Mouvement populaire (MP) a placé la réforme du Code de la famille au cœur de son "Contrat populaire". Le parti de Mohamed Ouzzine propose une refonte rapide de la Moudawana, conformément aux directives royales, tout en insistant sur l'équilibre familial et la justice spatiale. "L'État social ne se construit pas seulement avec des budgets, mais avec des réformes sociétales profondes", a déclaré un responsable du MP.

Ce qu'il faut retenir

À deux semaines du scrutin, l'économie marocaine se trouve à la croisée des chemins. Les indicateurs de conjoncture montrent une reprise fragile, tandis que les acteurs économiques et politiques affichent des priorités parfois divergentes :

  1. L'industrie reste contrastée, avec des secteurs porteurs (agroalimentaire, chimie) et d'autres en difficulté (textile, mécanique).
  2. La CGEM pousse pour un choc d'investissement privé et une meilleure compétitivité, avec l'appui des TPME et des exportations.
  3. Les partis en lice proposent des visions distinctes : le RNI mise sur la continuité et des mesures concrètes, tandis que le MP insiste sur les réformes sociétales.
  4. Le Code de la famille devient un enjeu électoral majeur, avec des promesses de refonte rapide de la Moudawana.

Dans un contexte régional instable et face à des défis structurels persistants, le prochain gouvernement devra composer avec ces attentes économiques et sociales. Les électeurs trancheront le 23 septembre.