Maroc : pêche en déclin, tensions en Cisjordanie et théâtre universitaire à Tanger

Le Maroc enregistre une baisse de 14% des débarquements de pêche à Al Hoceima, tandis que les tensions en Cisjordanie et le Festival international du théâtre universitaire de Tanger soulignent les enjeux géopolitiques et culturels régionaux.

Maroc : pêche en déclin, tensions en Cisjordanie et théâtre universitaire à Tanger
Photo de Youssef D sur Unsplash

Le Maroc fait face à des défis économiques et géopolitiques contrastés en cette mi-octobre 2026. Entre un secteur de la pêche en difficulté sur la côte méditerranéenne, des tensions persistantes au Proche-Orient qui résonnent dans la région, et une diplomatie culturelle active, le pays navigue entre enjeux locaux et dynamiques internationales.

Al Hoceima : la pêche côtière en recul de 14%

L’Office national des pêches (ONP) a publié des chiffres préoccupants pour le port d’Al Hoceima, où les débarquements de produits de la pêche côtière et artisanale ont chuté de 14% à fin septembre 2026, s’établissant à 1 655 tonnes. La valeur marchande de ces captures a également reculé de 17%, passant de 109 millions de dirhams (MDH) en 2025 à 90,64 MDH cette année.

Cette baisse touche particulièrement les poissons pélagiques, dont les quantités débarquées ont diminué de 23%, pour une valeur de 10,16 MDH contre 12,29 MDH l’an dernier. Seuls les poissons blancs résistent partiellement, avec une hausse de 10% des volumes, mais sans compenser les pertes globales. Ces chiffres reflètent des difficultés structurelles pour un secteur déjà fragilisé par la surpêche, les changements climatiques et la concurrence des flottes étrangères en Méditerranée.

Pour les communautés côtières d’Al Hoceima, cette tendance menace des milliers d’emplois directs et indirects. Les pêcheurs locaux pointent du doigt le manque d’investissements dans des infrastructures portuaires adaptées et l’absence de politiques de quotas stricts pour préserver les ressources halieutiques. L’ONP, de son côté, n’a pas encore communiqué de plan d’action pour inverser la tendance, laissant planer des incertitudes sur l’avenir de la filière dans la région.


Cisjordanie : des tensions qui résonnent au Maroc

Les violences en Cisjordanie occupent une place centrale dans l’actualité géopolitique, avec des répercussions indirectes sur la diplomatie marocaine. Selon des sources occidentales citées par Courrier international, des colons israéliens masqués ont attaqué, le 17 octobre, des Palestiniens ainsi que des représentants catholiques et des diplomates étrangers dans le village de Taybeh. Ces incidents s’inscrivent dans un contexte de recrudescence des violences depuis le début de l’année, avec une augmentation des raids militaires israéliens et des heurts entre colons et populations locales.

Le Maroc, qui entretient des relations complexes avec Israël depuis la normalisation des liens en 2020, se trouve dans une position délicate. Rabat a toujours défendu la cause palestinienne, tout en maintenant un dialogue avec Tel-Aviv, notamment sur les questions sécuritaires et économiques. Ces tensions en Cisjordanie pourraient compliquer les équilibres diplomatiques, alors que le royaume cherche à jouer un rôle de médiateur dans la région.

Par ailleurs, la question palestinienne reste un sujet sensible au sein de la société marocaine, où l’opinion publique reste majoritairement solidaire de la cause palestinienne. Les autorités marocaines n’ont pas encore réagi officiellement à ces derniers événements, mais une prise de position pourrait s’avérer nécessaire dans les prochains jours, notamment si les violences s’intensifient.


Tanger : le Festival international du théâtre universitaire en quête de rayonnement

Du 26 au 30 octobre, Tanger accueillera la 19e édition du Festival international du théâtre universitaire (FITUT), un événement qui mise sur la création artistique estudiantine pour renforcer les échanges culturels. Organisé par l’Université Abdelmalek Essaâdi, ce festival vise à promouvoir le théâtre comme espace de dialogue interculturel et à valoriser les initiatives des jeunes artistes marocains.

Cette année, le FITUT met l’accent sur l’ouverture à des expériences artistiques variées, avec la participation de troupes universitaires venues de plusieurs pays. Le jury, composé de figures du théâtre marocain, aura pour mission d’évaluer les performances et de récompenser les meilleures productions. Parmi les objectifs affichés : contribuer au rayonnement culturel de Tanger, une ville qui cherche à se positionner comme un hub artistique et intellectuel en Méditerranée.

Pourtant, malgré son ambition, le festival peine encore à attirer l’attention des médias nationaux et internationaux. Les organisateurs espèrent que cette édition marquera un tournant, en mettant en avant des créations originales et en nouant des partenariats avec des institutions culturelles étrangères. Dans un contexte où les budgets alloués à la culture restent limités, le FITUT illustre la capacité des universités marocaines à prendre le relais pour dynamiser la scène artistique locale.


Ce qu’il faut retenir

  1. Un secteur de la pêche en difficulté : La baisse des débarquements à Al Hoceima souligne les défis économiques et environnementaux auxquels fait face le littoral méditerranéen marocain. Sans mesures concrètes, cette tendance pourrait s’aggraver, avec des conséquences sociales majeures pour les communautés côtières.
  2. Diplomatie sous tension : Les violences en Cisjordanie rappellent la complexité des équilibres géopolitiques au Proche-Orient. Pour le Maroc, qui entretient des relations avec Israël tout en soutenant la cause palestinienne, ces événements pourraient contraindre Rabat à clarifier sa position dans les semaines à venir.
  3. Culture et soft power : Le Festival international du théâtre universitaire de Tanger incarne une diplomatie culturelle en devenir, mais son impact reste limité par des moyens financiers modestes. Son succès dépendra de sa capacité à s’imposer comme un rendez-vous incontournable pour les jeunes artistes de la région.

Dans un contexte marqué par des enjeux économiques, sécuritaires et culturels, le Maroc continue de jouer sa partition entre stabilité interne et influence régionale. Les prochains jours seront décisifs pour mesurer l’ampleur des réponses apportées à ces défis.