Maroc : écosystèmes urbains, budget en baisse et santé digestive au cœur des débats

Le Maroc fait face à des défis environnementaux urbains et budgétaires ce 28 octobre, entre réensauvagement à Sydney, désordre commercial à Souika et équilibres financiers améliorés.

Maroc : écosystèmes urbains, budget en baisse et santé digestive au cœur des débats
Photo de Markus Winkler sur Unsplash

Quand l’Australie inspire le Maroc : le retour des espèces autochtones

L’expérience menée depuis quinze ans dans le nord de Sydney pourrait bien offrir des pistes au Maroc, où la cohabitation entre espaces urbains et biodiversité reste un défi majeur. Le Sydney Morning Herald rapporte le succès d’un projet de réensauvagement ayant permis la réintroduction du bogul, ou rat des buissons, une espèce autochtone. Résultat : la disparition progressive des rats noirs invasifs, responsables de déséquilibres écologiques, et la restauration partielle des écosystèmes locaux.

Si le Maroc n’a pas encore lancé de programme similaire à grande échelle, la question de la préservation des espèces endémiques se pose avec acuité, notamment dans les zones périurbaines où l’urbanisation galopante menace des habitats fragiles. Les forêts méditerranéennes, déjà au cœur d’ateliers régionaux comme celui de MEDFORGEN, pourraient bénéficier d’une approche ciblée, combinant conservation et éducation environnementale. À Ifrane, par exemple, des initiatives de formation en gestion génétique des ressources forestières montrent une prise de conscience croissante – mais encore insuffisante face à l’ampleur des défis.


Souika El Attaouia : un miroir des dysfonctionnements urbains

À Souika El Attaouia, dans la région de Kénitra, l’anarchie commerciale s’est installée durablement, au point de devenir un symbole des lacunes dans la gestion des espaces publics. Selon Kich24, les trottoirs et voies de circulation sont occupés de manière chaotique par des étals informels, contraignant piétons – dont des enfants et des personnes âgées – à emprunter la chaussée, au mépris des règles de sécurité les plus élémentaires. Les riverains dénoncent une situation qui, loin de s’améliorer, s’aggrave avec le temps, malgré les multiples appels aux autorités locales.

Le cas de Souika n’est pas isolé. Il reflète une problématique plus large au Maroc, où l’équilibre entre dynamisme économique informel et respect de l’espace public reste précaire. Les projets de marchés modèles, censés structurer ces activités, peinent à voir le jour, faute de moyens ou de volonté politique. Pourtant, des solutions existent : à Casablanca, des opérations de réaménagement des souks ont permis de concilier activité commerciale et fluidité urbaine. Reste à savoir si ces modèles pourront être dupliqués ailleurs, ou si Souika continuera d’incarner l’échec d’une planification urbaine à la traîne.


Déficit budgétaire : une amélioration qui interroge

Les chiffres publiés par le ministère de l’Économie et des Finances ce 28 octobre confirment une tendance encourageante : le déficit budgétaire s’est réduit à 33,1 milliards de dirhams (MMDH) sur les neuf premiers mois de 2026, contre 52,4 MMDH à la même période l’an dernier. Cette performance s’explique par une hausse des recettes ordinaires (+43,7 MMDH) supérieure à celle des dépenses (+24,5 MMDH), ainsi qu’une amélioration du solde des comptes spéciaux du Trésor.

Pour autant, cette embellie masque des réalités moins reluisantes. Les recettes fiscales, bien qu’en progression de 11,5 %, restent tributaires d’une conjoncture économique encore fragile, marquée par des tensions géopolitiques et des aléas climatiques. Par ailleurs, la maîtrise des dépenses publiques, si elle est réelle, pourrait aussi traduire un ralentissement des investissements dans des secteurs clés comme les infrastructures ou la santé – un arbitrage dont les effets à long terme restent à évaluer.

Le taux de réalisation des recettes (78,3 % des prévisions de la loi de finances 2026) laisse également planer des doutes sur la capacité de l’État à mobiliser pleinement ses ressources. Dans un contexte où les attentes sociales – notamment en matière d’aides et de services publics – restent élevées, cette amélioration du déficit pourrait s’avérer un répit de courte durée.


Santé digestive : les pièges des habitudes alimentaires

Faut-il sauter le petit-déjeuner ? La question, souvent débattue, trouve un éclairage scientifique dans les propos de la docteure Ioulia Krasnaïa, gastro-entérologue et nutritionniste. Selon elle, ce n’est pas l’absence de cette première prise alimentaire qui provoque une inflammation de l’estomac, mais plutôt les déséquilibres qui en découlent : un apport insuffisant en fibres et en eau au cours de la journée, ou un dîner trop riche consommé tardivement.

Ces observations rejoignent des préoccupations croissantes au Maroc, où les troubles digestifs – reflux, ballonnements, constipation – sont en hausse, notamment dans les zones urbaines. Les causes ? Une alimentation souvent déséquilibrée, marquée par une consommation excessive de plats transformés, de sucres rapides et de graisses saturées, au détriment des légumes, des fruits et des céréales complètes. Sans compter le stress, facteur aggravant bien connu des troubles gastro-intestinaux.

Si les conseils de la spécialiste russe – privilégier les repas équilibrés, éviter les excès le soir, boire suffisamment – relèvent du bon sens, leur application se heurte à des modes de vie de plus en plus sédentaires et pressés. Une piste pour les autorités sanitaires marocaines, qui pourraient renforcer les campagnes de sensibilisation, notamment auprès des jeunes et des actifs, pour qui le rythme effréné de la vie moderne laisse peu de place à une alimentation saine.


Ce qu’il faut retenir

Entre inspiration écologique venue d’Australie, désordres urbains persistants et équilibres budgétaires fragiles, le Maroc navigue ce 28 octobre entre défis structurels et opportunités. Si les progrès en matière de déficit public sont indéniables, ils ne doivent pas occulter les lacunes en matière de gestion des espaces publics ou de préservation de la biodiversité – des enjeux qui, à terme, pourraient peser bien plus lourd que les chiffres du Trésor. Quant à la santé digestive, elle rappelle une évidence trop souvent oubliée : dans un pays en transition, les habitudes alimentaires, aussi simples soient-elles, peuvent avoir des conséquences durables sur le bien-être de la population.