Maroc : santé, éducation et sécurité, les chantiers sociétaux du 22 octobre
Entre réforme des frais universitaires, inclusion numérique en milieu rural et lutte antiterroriste, le Maroc avance sur des dossiers sensibles. État des lieux des priorités sociétales ce 22 octobre.
Frais universitaires : une crise qui s’enlise
La mobilisation des étudiants salariés contre les frais universitaires imposés par le ministère de l’Enseignement supérieur prend une tournure plus radicale. Après plusieurs semaines de tensions, la Coordination nationale des fonctionnaires et salariés soumis au régime des horaires aménagés a annoncé un sit-in nocturne devant le Parlement mercredi soir, suivi d’un rassemblement jeudi matin. Leur colère vise directement Azzedine El Midaoui, dont le maintien à la tête du ministère est jugé responsable de l’aggravation de la crise.
Selon les représentants de la coordination, cités par Hespress, la gestion du dossier par le ministère a prolongé une situation qu’ils qualifient d’« impasse ». Les étudiants salariés, qui cumulent emploi et études, dénoncent une mesure qu’ils estiment discriminatoire, les privant d’un accès équitable à l’enseignement supérieur. Le ministère n’a pas encore réagi publiquement à ces accusations, mais la persistance du mouvement suggère que la question reste en suspens, malgré les promesses de dialogue avancées ces derniers mois.
Ce conflit illustre les tensions persistantes autour de l’accès à l’éducation, un enjeu central du programme gouvernemental présenté récemment à la Chambre des Conseillers. Les composantes de la majorité parlementaire ont salué les priorités du gouvernement, notamment en matière de réformes structurelles, mais les acteurs de terrain, comme les étudiants, attendent des actes concrets.
Inclusion numérique : Inwi étend son programme en milieu rural
Le programme « Classes Connectées Dir iddik », porté par la Fondation Al Mada en collaboration avec le ministère de l’Éducation nationale et plusieurs partenaires privés, franchit une nouvelle étape. Inwi, l’un des principaux opérateurs télécoms du pays, a annoncé l’équipement de 40 nouvelles écoles primaires rurales dans les 12 régions du Royaume. Cette initiative vise à réduire les inégalités numériques et à offrir aux jeunes générations des compétences adaptées aux défis du XXIe siècle.
Depuis son lancement, le programme a déjà permis de connecter des centaines d’écoles dans des zones souvent négligées par les politiques publiques. Les nouvelles classes seront dotées d’outils numériques modernes, permettant aux élèves et aux enseignants d’accéder à des ressources pédagogiques en ligne. Un effort particulier a été fait pour former les enseignants à l’utilisation de ces outils, afin d’en maximiser l’impact.
Cette extension s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation du système éducatif marocain, où le numérique est perçu comme un levier essentiel pour lutter contre le décrochage scolaire et préparer les jeunes aux métiers de demain. Cependant, des défis persistent, notamment en matière d’infrastructures et de maintenance des équipements, comme l’ont souligné plusieurs rapports récents.
Lutte antiterroriste : le Maroc renforce sa liste noire
La Commission nationale chargée de l’application des sanctions des Nations Unies a inscrit dix nouvelles personnes sur la liste marocaine des individus soumis à des mesures de gel des avoirs et d’interdiction de voyager. Cette décision, rapportée par Aujourd’hui le Maroc, s’inscrit dans le cadre des efforts continus du Royaume pour lutter contre le terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive.
Les détails concernant les identités et les affiliations de ces individus n’ont pas été divulgués, conformément aux procédures en vigueur. Cependant, cette mise à jour reflète une vigilance accrue face aux menaces terroristes, dans un contexte régional marqué par des tensions persistantes. Le Maroc, qui a longtemps été épargné par les attentats majeurs, reste engagé dans une stratégie proactive de prévention, combinant surveillance, coopération internationale et actions ciblées.
Cette mesure intervient alors que le pays continue de jouer un rôle clé dans la stabilité de la région, notamment à travers des initiatives diplomatiques et sécuritaires. Elle rappelle également l’importance des mécanismes de coopération internationale, comme ceux mis en place par les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, pour contrer les réseaux terroristes transnationaux.
Secteur bancaire : une décote boursière qui interroge
Le secteur bancaire marocain traverse une période de turbulence sur les marchés financiers. Depuis le début de l’année, les valeurs bancaires ont accusé une baisse de 12,6 %, selon une analyse publiée par Telquel. Pourtant, cette décote semble paradoxale au regard des performances fondamentales du secteur : les bénéfices des banques continuent de progresser, et leur cœur de métier reste solide.
Plusieurs facteurs expliquent cette situation. D’abord, la fin des gains exceptionnels enregistrés pendant la période post-pandémie a pesé sur les attentes des investisseurs. Ensuite, la hausse des taux d’intérêt, bien que favorable aux marges des banques, a également accru les risques de défaut de paiement pour certains emprunteurs. Enfin, l’incertitude macroéconomique, tant au niveau national qu’international, a rendu les investisseurs plus prudents.
Pourtant, les analystes estiment que cette décote offre des opportunités d’achat. Les ratios de valorisation, comme le PER (Price Earnings Ratio), sont jugés attractifs, et le secteur reste bien positionné pour bénéficier d’une éventuelle reprise économique. Reste à savoir si les investisseurs sauront saisir cette opportunité, ou si les craintes conjoncturelles continueront de dominer.
Ce qu’il faut retenir
Le Maroc avance sur plusieurs fronts sociétaux ce 22 octobre, avec des enjeux qui touchent à la fois à l’éducation, à la sécurité et à l’économie.
- Éducation : La crise des frais universitaires pour les étudiants salariés s’enlise, malgré les promesses de dialogue. La mobilisation devant le Parlement montre que le mécontentement reste vif, et que les solutions tardent à se concrétiser.
- Inclusion numérique : Le programme « Classes Connectées Dir iddik » s’étend, avec 40 nouvelles écoles rurales équipées. Une avancée significative, mais qui devra être accompagnée de mesures structurelles pour en assurer la pérennité.
- Sécurité : Le Maroc renforce sa lutte antiterroriste en inscrivant dix nouvelles personnes sur sa liste noire. Une mesure qui s’inscrit dans une stratégie plus large de prévention des menaces.
- Économie : Le secteur bancaire, malgré une décote boursière, reste solide sur le plan fondamental. Une situation qui pourrait offrir des opportunités aux investisseurs, à condition que la conjoncture s’améliore.
Ces dossiers illustrent les défis auxquels le pays est confronté : concilier réformes structurelles et justice sociale, tout en maintenant une stabilité économique et sécuritaire. Les prochaines semaines seront cruciales pour mesurer l’impact des mesures annoncées.
- Frais universitaires : Critiquant le maintien d'El Midaoui, les étudiants salariés se mobilisent devant le Parlement — Hespress
- Classes Connectées Dir iddik : Inwi accélère l’inclusion numérique en milieu rural et poursuit son engagement pour la jeunesse marocaine — Hespress
- Banques : une décote injustifiée qui crée des opportunités en Bourse — Telquel.ma
- Lutte antiterroriste : le maroc inscrit dix nouvelles personnes sur sa liste — Aujourd'hui le Maroc