Maroc : déficit budgétaire en baisse, attractivité renforcée et réformes fiscales en débat

Le déficit budgétaire marocain se réduit à 33,1 milliards de dirhams à fin septembre, tandis que le Royaume progresse dans l'attractivité des investissements. Les réformes fiscales du PLF 2027 suscitent des débats.

Maroc : déficit budgétaire en baisse, attractivité renforcée et réformes fiscales en débat
Photo de Vitaly Gariev sur Unsplash

Un déficit budgétaire en nette amélioration

Le Maroc enregistre une performance notable sur le front des finances publiques. À fin septembre 2026, le déficit budgétaire s’établit à 33,1 milliards de dirhams (MMDH), contre 52,4 MMDH un an plus tôt, selon les données du ministère de l’Économie, des Finances et de la Performance publique. Cette réduction de près de 37 % s’explique par une progression des recettes ordinaires (+43,7 MMDH) supérieure à celle des dépenses (+24,5 MMDH), couplée à une amélioration du solde des comptes spéciaux du Trésor.

Les recettes fiscales, en hausse de 11 %, ont atteint 338,8 MMDH, soit 78,3 % des prévisions de la loi de finances 2026. Cette dynamique reflète une conjoncture économique plus favorable que prévu, ainsi qu’une meilleure efficacité dans la collecte des impôts. Pour les analystes, cette tendance pourrait conforter la crédibilité du Royaume auprès des investisseurs internationaux, alors que le pays mise sur une croissance de 4,9 % en 2025, selon le rapport Where to Invest in Africa 2026/2027 de la banque Rand Merchant Bank (RMB).


Le Maroc, quatrième destination africaine pour les investissements

Le Maroc confirme son statut de hub économique continental. Dans le dernier classement de RMB, le Royaume se hisse à la quatrième place des pays africains les plus attractifs pour les investissements, dépassant l’Afrique du Sud. Cette progression s’appuie sur une croissance soutenue (4,9 % en 2025), une inflation maîtrisée (inférieure à 3 % entre 2024 et mi-2026) et une stratégie d’industrialisation ambitieuse.

Le rapport souligne que le Maroc est le seul pays du top cinq à avoir amélioré sa position cette année, grâce à des réformes structurelles et à une diversification économique accrue. Les secteurs des énergies renouvelables, de l’automobile et des technologies numériques sont particulièrement cités comme des moteurs de cette attractivité. Cette performance intervient dans un contexte où le pays renforce ses liens avec l’Afrique anglophone, via des partenariats commerciaux et des initiatives comme Casablanca Finance City.


PLF 2027 : les entreprises en première ligne des débats

Le projet de loi de finances (PLF) 2027 continue de susciter des discussions, notamment au sein du patronat. La Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) défend plusieurs amendements, comme l’introduction d’une progressivité de l’impôt sur les sociétés (IS) et un allègement des retenues à la source, jugées trop lourdes pour la trésorerie des entreprises.

Youssef Alaoui, vice-président de la CGEM, a souligné dans un entretien exclusif avec Médias24 que certaines mesures pourraient freiner l’investissement, notamment la hausse de l’IS sur les hydrocarbures et la nouvelle contribution sociale. La CGEM plaide également pour des incitations fiscales ciblées afin de lutter contre l’informel et de stimuler l’emploi.

Autre nouveauté du PLF 2027 : la professionnalisation des transitaires en douane. Un cahier des charges, élaboré par l’administration, encadrera désormais leur activité, afin de clarifier les règles et de limiter les interprétations divergentes. Cette réforme vise à sécuriser les échanges commerciaux, un enjeu clé pour un pays qui mise sur son positionnement logistique entre l’Europe et l’Afrique.


Grand Stade de Casablanca : un chantier symbolique

L’aménagement du Grand Stade de Casablanca, futur joyau sportif du Royaume, franchit une étape décisive. L’Agence nationale des équipements publics (ANEP) a attribué un marché de 92,47 millions de dirhams (TTC) pour l’installation d’une pelouse hybride et artificielle. Le groupement retenu, composé des sociétés marocaine SOMECOTRAD et espagnole ROYALVERD SERVICE SLU, devra livrer un terrain conforme aux standards internationaux.

Ce projet s’inscrit dans la préparation du Maroc à la Coupe du monde 2030, co-organisée avec l’Espagne et le Portugal. Il illustre également la volonté du pays de moderniser ses infrastructures sportives, tout en stimulant l’emploi local et les partenariats technologiques avec l’Europe.


Ce qu’il faut retenir

Le Maroc affiche une santé économique plus robuste que prévu, avec un déficit budgétaire en forte baisse et une attractivité renforcée auprès des investisseurs. Les réformes fiscales du PLF 2027, bien que saluées pour leur ambition, suscitent des réserves du côté des entreprises, qui craignent un impact sur leur compétitivité. Parallèlement, les grands chantiers, comme celui du Grand Stade de Casablanca, témoignent d’une dynamique d’investissement public et privé.

Dans un contexte régional marqué par les tensions géopolitiques, cette stabilité économique pourrait consolider le rôle du Maroc comme pôle de stabilité en Afrique. Reste à voir comment les débats autour du PLF 2027 évolueront, alors que le gouvernement cherche à concilier rigueur budgétaire et soutien à la croissance.