Maroc : Akhannouch s’efface, l’Istiqlal se recompose et la forêt méditerranéenne s’organise

Le retrait politique d’Aziz Akhannouch, la recomposition du groupe Istiqlalien à la Chambre des représentants et un atelier régional sur les ressources forestières marquent une journée de transitions au Maroc.

Maroc : Akhannouch s’efface, l’Istiqlal se recompose et la forêt méditerranéenne s’organise
Photo de Philip Strong sur Unsplash

Le Maroc aborde une semaine d’octobre 2026 marquée par des mouvements politiques internes et des initiatives régionales en matière d’environnement. Entre le retrait annoncé d’un chef de gouvernement, la restructuration d’un groupe parlementaire et la mobilisation d’experts forestiers méditerranéens, les équilibres institutionnels et écologiques du pays se redessinent.

Aziz Akhannouch quitte la scène politique : un départ sous tension

Le chef du gouvernement sortant, Aziz Akhannouch, s’apprête à tourner la page de la vie politique, selon les confidences de son entourage rapportées par Jeune Afrique. Son retrait, annoncé comme imminent, intervient dans un contexte de recomposition des forces au sein de la majorité gouvernementale. Les observateurs s’interrogent sur les motivations de ce départ, alors que des ambitions concurrentes se dessinent déjà pour occuper l’espace laissé vacant.

Akhannouch, figure centrale du Rassemblement national des indépendants (RNI), avait pris la tête du gouvernement en 2021, dans un contexte marqué par la crise sanitaire et les défis économiques post-pandémie. Son bilan reste contrasté : si son équipe a mené des réformes structurelles, comme la généralisation de la couverture sociale, elle a aussi été critiquée pour sa gestion des tensions sociales et des inégalités territoriales. Son départ ouvre une période d’incertitude, alors que le pays se prépare à une nouvelle phase de gouvernance sous la direction de Fatima Ezzahra El Mansouri, première femme à occuper ce poste.

L’Istiqlal se recompose à la Chambre des représentants

Le Parti de l’Istiqlal a officialisé ce lundi la nomination de Rahal Mekkaoui à la tête de son groupe parlementaire à la Chambre des représentants, en remplacement de Madiha Khayr. Cette dernière, nommée vendredi dernier ministre déléguée chargée de la Formation professionnelle et de la Qualification, quitte ses fonctions parlementaires pour rejoindre l’exécutif.

Cette transition s’inscrit dans une dynamique plus large de réorganisation interne du parti, sous la houlette de son secrétaire général, Nizar Baraka. La nomination de Mekkaoui, soutenue par le comité exécutif, reflète une volonté de consolider l’influence de l’Istiqlal au sein du Parlement, alors que le parti cherche à peser dans les débats sur les réformes économiques et sociales en cours. Le groupe parlementaire, qui compte parmi les plus importants de la Chambre, devra désormais composer avec les attentes d’une base militante exigeante et les défis d’une majorité gouvernementale en recomposition.

La forêt méditerranéenne au cœur d’un atelier régional

Le Maroc accueille les 20 et 21 octobre le premier atelier MEDFORGEN pour la formation des formateurs en matière d’évaluation et de conservation des ressources génétiques forestières. Organisé dans le parc national d’Ifrane, cet événement rassemble des experts, chercheurs et praticiens forestiers de tout le bassin méditerranéen, avec un focus particulier sur les pays du sud et de l’est de la région.

L’atelier, financé par l’Union européenne et mis en œuvre par l’Institut européen des forêts (EFI), s’inscrit dans le cadre du projet MEDFORGEN, qui vise à renforcer les capacités régionales en matière de gestion durable des forêts. Les participants travailleront sur des méthodes d’inventaire forestier intégrant les aspects génétiques, un enjeu crucial pour la préservation de la biodiversité et l’adaptation des écosystèmes aux changements climatiques.

Pour le Maroc, cette initiative représente une opportunité de consolider son rôle de leader régional en matière de gestion environnementale. Le pays, qui abrite une diversité forestière remarquable, notamment dans le Rif et l’Atlas, est confronté à des défis majeurs, comme la désertification, la surexploitation des ressources et les incendies de forêt. L’atelier d’Ifrane pourrait ainsi servir de tremplin pour des collaborations futures avec les pays voisins, dans un contexte où la coopération méditerranéenne en matière d’environnement prend une importance croissante.


Ce qu’il faut retenir

Trois dynamiques se croisent ce mardi 20 octobre 2026 au Maroc. Sur le plan politique, le retrait d’Aziz Akhannouch ouvre une période de transition, tandis que l’Istiqlal tente de consolider son influence au Parlement. Sur le plan environnemental, le pays s’affirme comme un acteur clé de la coopération méditerranéenne en matière de gestion forestière, avec des enjeux qui dépassent ses frontières. Ces mouvements, discrets mais structurants, dessinent les contours d’un Maroc en mutation, entre héritage et adaptation aux défis de demain.