Ezzalzouli en Ligue des champions : le football marocain brille à l'international

Le but d'Abdessamad Ezzalzouli face à Porto retenu parmi les plus beaux de la Ligue des champions. Un symbole pour le football marocain, entre performances individuelles et enjeux collectifs.

Ezzalzouli en Ligue des champions : le football marocain brille à l'international
Photo de Fikri Rasyid sur Unsplash

Un but qui parle pour le Maroc

Le football marocain s’est invité dans le débat européen mercredi soir, sans tambour ni trompette. À Séville, Abdessamad Ezzalzouli a ouvert le score pour le Real Betis face au FC Porto d’une frappe enroulée depuis le côté gauche de la surface, qui a trouvé la lucarne opposée. Un geste technique d’une précision chirurgicale, qui a immédiatement retenu l’attention de l’UEFA. L’institution a intégré cette réalisation parmi les plus belles de la deuxième journée de Ligue des champions, aux côtés de celles de Samu Aghehowa (FC Porto), Zechiel (Feyenoord) et Désiré Doué (Paris Saint-Germain).

Pour Ezzalzouli, ce but n’est pas une première. L’ailier de 24 ans, formé au HUS Agadir avant de rejoindre l’Europe, s’était déjà illustré en Liga espagnole la saison dernière. Mais cette fois, c’est sur la scène continentale qu’il marque les esprits. Son parcours reflète une tendance plus large : celle d’une génération de joueurs marocains qui s’imposent dans les grands championnats européens, sans nécessairement passer par les clubs historiques du Royaume.

Entre individu et collectif : le défi des Lions de l’Atlas

Si Ezzalzouli brille à titre personnel, la performance des Lions de l’Atlas en sélection nationale reste un sujet de débat. Le Maroc, septième au classement FIFA depuis le 8 octobre, prépare activement la CAN 2027. Pourtant, les résultats récents en compétitions internationales soulèvent des questions sur la capacité du groupe à concrétiser son potentiel.

L’exemple du futsal, où l’équipe nationale a atteint les demi-finales de la CAN 2026 à domicile, montre que le vivier existe. Mais le football à onze peine à trouver la même régularité. Les clubs marocains, comme le Wydad ou le Raja, continuent de dominer sur le plan continental, mais les joueurs évoluant à l’étranger – comme Ezzalzouli, Achraf Hakimi (PSG) ou Azzedine Ounahi (Olympique de Marseille) – deviennent les nouveaux ambassadeurs du football marocain.

L’Europe comme vitrine, le Maroc comme enjeu

La performance d’Ezzalzouli intervient dans un contexte où le football marocain cherche à capitaliser sur ses succès récents. Après la Coupe du monde 2022, où les Lions de l’Atlas avaient atteint les demi-finales, et la CAN 2023, où ils avaient terminé quatrièmes, les attentes sont élevées. Pourtant, les résultats en compétitions majeures restent en deçà des espérances.

Pour les joueurs évoluant en Europe, comme Ezzalzouli, l’enjeu est double. D’un côté, ils doivent performer pour conserver leur place dans des effectifs souvent pléthoriques. De l’autre, ils portent les espoirs d’un pays qui voit dans le football un levier de soft power et de cohésion nationale. Le but face à Porto n’est pas seulement une belle image : il rappelle que le Maroc peut produire des talents capables de rivaliser avec les meilleurs.

Ce qu’il faut retenir

  • Une performance individuelle remarquée : Le but d’Ezzalzouli face à Porto a été retenu parmi les plus beaux de la Ligue des champions, confirmant son statut de joueur à suivre.
  • Un symbole pour le football marocain : Son parcours illustre la montée en puissance des joueurs marocains en Europe, mais aussi les défis collectifs de la sélection nationale.
  • Un enjeu de visibilité : À l’approche de la CAN 2027, les performances des joueurs à l’étranger deviennent cruciales pour l’image du football marocain.
  • Un débat qui persiste : Si les clubs locaux dominent en Afrique, la sélection peine à confirmer sur la scène internationale, malgré un vivier de talents de plus en plus large.

Le football marocain n’a pas fini de faire parler de lui. Entre les exploits individuels et les attentes collectives, la route vers la CAN 2027 s’annonce comme un nouveau test pour une génération en quête de reconnaissance.