Maroc : obésité infantile, encadrement sportif et tensions urbaines à Marrakech
L'OMS publie ses premières directives mondiales contre l'obésité infantile, tandis que le football marocain perd un entraîneur clé et que Marrakech peine à concilier tourisme et respect des lieux de culte.
L'obésité infantile, une épidémie mondiale que l'OMS veut endiguer
L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a publié mercredi ses premières lignes directrices mondiales consacrées spécifiquement à la prise en charge de l'obésité chez les enfants et les adolescents. Un signal fort, alors que le nombre de jeunes concernés a quadruplé en trente-cinq ans : ils étaient 170 millions en 2024, soit 8 % des 5-19 ans, contre seulement 2 % en 1990.
Le Maroc n'est pas épargné par cette tendance. Bien que les données locales précises manquent dans ce rapport, les études régionales suggèrent une prévalence en hausse, notamment dans les zones urbaines où l'alimentation transformée et la sédentarité progressent. L'OMS préconise une approche multidimensionnelle, combinant conseils nutritionnels, activité physique et accompagnement comportemental. Ces programmes, souligne l'organisation, peuvent être proposés individuellement ou dans le cadre de dispositifs plus larges, comme les écoles ou les centres de santé.
La publication de ces directives intervient dans un contexte où la Chine, candidate à la direction générale de l'OMS pour succéder à Tedros Adhanom Ghebreyesus en août 2027, met en avant son engagement en faveur du multilatéralisme. Pékin présente cette candidature comme une preuve de son attachement à une "communauté de santé pour l'humanité", alors que les tensions géopolitiques fragilisent les institutions onusiennes.
Jamal Sellami, un entraîneur marocain vers l'Arabie saoudite
Le football marocain perd l'un de ses techniciens les plus expérimentés. Jamal Sellami, dont le nom a souvent été associé à des clubs locaux et à la sélection nationale, a signé jeudi avec le club saoudien Al-Fateh. L'annonce, officialisée par le club sur son site, met en avant son "riche parcours" et son "expérience dans la gestion d'équipes de haut niveau".
Cette nomination s'inscrit dans une dynamique plus large de recrutement de compétences africaines par les clubs du Golfe, qui cherchent à professionnaliser leurs championnats et à se positionner comme des acteurs majeurs du football continental. Pour le Maroc, ce départ intervient alors que la sélection nationale, actuellement 7e au classement FIFA, prépare des échéances importantes, dont la CAN 2027.
Le communiqué d'Al-Fateh ne précise pas la durée du contrat ni les objectifs sportifs assignés à Sellami. Son arrivée pourrait toutefois renforcer les échanges entre le football marocain et le championnat saoudien, déjà marqué par des transferts de joueurs ces dernières saisons.
Marrakech : quand le tourisme empiète sur le sacré
À quelques encablures de la place Jemaa el-Fna, un conflit d'usage révèle les tensions entre développement touristique et préservation du patrimoine religieux. Des habitants et fidèles se plaignent de l'occupation permanente de l'espace public autour d'un mosquee par des calèches et des véhicules de location. Selon des témoignages recueillis par Kich24, ces engins stationnent jour et nuit, gênant l'accès des pratiquants et dégradant l'environnement immédiat du lieu de culte.
Les riverains dénoncent des conditions d'hygiène précaires, avec des "odeurs d'urine" et des "dépôts d'ordures", ainsi qu'une atteinte à la "dignité du lieu". La mosquée en question, bien que moins connue que la Koutoubia, fait partie intégrante du tissu urbain historique de Marrakech, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. Son environnement immédiat, déjà soumis à une forte pression touristique, illustre les défis de la gestion des flux dans une ville où l'équilibre entre attractivité économique et respect des traditions reste fragile.
Aucune réaction officielle des autorités locales n'a été rapportée à ce stade. Les appels à un "espace décent pour les fidèles" se heurtent à la réalité d'une économie locale largement dépendante du tourisme, où les calèches et les locations de véhicules représentent une source de revenus pour de nombreux opérateurs.
Ce qu'il faut retenir
- Santé publique : L'OMS franchit une étape en publiant des directives mondiales contre l'obésité infantile, un fléau en progression constante, y compris au Maroc. L'approche préconisée – combinant nutrition, activité physique et accompagnement psychologique – pourrait inspirer les politiques locales, alors que le pays peine à enrayer la hausse des maladies non transmissibles.
- Football : Le départ de Jamal Sellami pour l'Arabie saoudite rappelle la porosité croissante entre les championnats africains et ceux du Golfe. Pour le Maroc, ce mouvement intervient dans une période charnière, entre consolidation de son statut continental et préparation des prochaines compétitions internationales.
- Urbanisme et patrimoine : À Marrakech, le conflit autour de l'occupation de l'espace public près d'une mosquée met en lumière les contradictions d'une ville tiraillée entre attractivité touristique et préservation de son identité religieuse. Un cas d'école des défis posés par la massification du tourisme dans les centres historiques.