Maroc : liquidités bancaires, futsal et libre-échange, les signaux économiques du 11 octobre

Le besoin de liquidités des banques marocaines atteint 136,5 milliards de DH en septembre, tandis que le futsal et l’ouverture commerciale dessinent de nouveaux leviers économiques.

Maroc : liquidités bancaires, futsal et libre-échange, les signaux économiques du 11 octobre
Photo de Eduard Delputte sur Unsplash

Les banques marocaines face à un besoin croissant de liquidités

Le système bancaire marocain a vu son besoin de liquidités s’accentuer en septembre 2026, atteignant 136,5 milliards de dirhams (MMDH) en moyenne hebdomadaire, contre 133,1 MMDH en août. Selon la dernière Revue mensuelle de la conjoncture économique, monétaire et financière de Bank Al-Maghrib (BAM), cette hausse reflète une tension persistante sur les ressources des établissements financiers. Pour y répondre, la banque centrale a réduit le volume global de ses injections à 152,5 MMDH, réparties entre avances à 7 jours (57,1 MMDH), opérations de pension livrée (47,6 MMDH) et prêts garantis à long terme (47,8 MMDH).

Sur le marché interbancaire, les échanges quotidiens se sont établis à 3,9 MMDH, avec un taux moyen pondéré de 2,25 %. Les taux des bons du Trésor, quant à eux, sont restés stables, mais cette stabilité masque des déséquilibres structurels. La hausse du besoin de liquidités, bien que modérée, interroge sur la capacité du secteur à financer l’économie réelle dans un contexte de ralentissement des dépôts et de demande accrue de crédit, notamment de la part des entreprises.


Le futsal, un levier économique et sportif méconnu

À quelques semaines de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de futsal 2026, organisée au Maroc, la sélection nationale s’apprête à défendre son statut de puissance continentale. Sous la direction de Hicham Dguig, les Lions de l’Atlas visent un quatrième titre consécutif, après leurs victoires en 2016, 2020 et 2024. Ce palmarès, rare dans le sport marocain, positionne le pays comme une référence africaine et ouvre des perspectives économiques inédites.

Le futsal, souvent éclipsé par le football traditionnel, génère pourtant des retombées significatives : billetterie, droits télévisuels, partenariats locaux et internationaux, et même un tourisme sportif émergent. L’organisation de la CAN 2026, qui réunira les meilleures équipes du continent, devrait attirer des milliers de spectateurs et médiatiser davantage cette discipline. Pour le Maroc, c’est aussi l’occasion de capitaliser sur son expertise technique et organisationnelle, comme il l’a fait lors de la Coupe du Monde de football 2022 ou des Jeux Africains de 2019.

Hicham Dguig, dont le nom est désormais associé à la réussite du futsal marocain, incarne cette dynamique. Son approche, mêlant rigueur tactique et gestion des talents locaux, a permis de professionnaliser une discipline longtemps considérée comme amateur. Reste à savoir si cette réussite sportive pourra se traduire par une véritable filière économique, à l’image de ce que le Maroc a accompli avec le football ou le handball.


Libre-échange : le Maroc favorable, mais l’Afrique reste un angle mort

Les Marocains plébiscitent le libre-échange et les échanges internationaux, mais la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) demeure largement méconnue du grand public. C’est l’un des enseignements de l’enquête African Insights 2026 d’Afrobarometer, réalisée dans 38 pays du continent. Le Maroc se distingue comme l’un des pays les plus ouverts au commerce international, avec une adhésion massive à l’idée d’une intégration économique mondiale. Pourtant, la ZLECAf, fer de lance de l’intégration africaine, reste un concept flou pour une majorité de citoyens.

Cette méconnaissance contraste avec les ambitions affichées par Rabat, qui a fait de l’Afrique un axe central de sa diplomatie économique. Le Maroc, signataire de la ZLECAf depuis son lancement en 2018, a multiplié les accords bilatéraux avec des pays du continent, notamment en Afrique de l’Ouest. Pourtant, sur le terrain, les entreprises marocaines peinent encore à exploiter pleinement ce marché de 1,3 milliard de consommateurs. Les barrières non tarifaires, les infrastructures défaillantes et les différences réglementaires freinent les échanges, malgré les discours officiels.

L’enquête d’Afrobarometer révèle aussi un paradoxe : si les Marocains sont favorables au libre-échange, ils restent prudents sur les partenariats avec certains voisins africains. Cette méfiance, souvent liée à des considérations géopolitiques ou sécuritaires, pourrait expliquer le décalage entre l’engagement institutionnel et la réalité des échanges. Pour que la ZLECAf devienne un véritable levier de croissance, le Maroc devra non seulement informer sa population, mais aussi lever les obstacles concrets qui entravent les flux commerciaux.


Ce qu’il faut retenir

  1. Liquidités bancaires : Le besoin des banques marocaines a atteint 136,5 MMDH en septembre, un niveau qui interroge sur la capacité du secteur à soutenir l’économie réelle. Bank Al-Maghrib a ajusté ses injections, mais la stabilité des taux masque des tensions structurelles.
  2. Futsal : La CAN 2026, organisée au Maroc, offre une vitrine pour une discipline en plein essor. Avec trois titres continentaux en poche, les Lions de l’Atlas pourraient transformer cette réussite sportive en opportunités économiques, à condition de structurer une filière durable.
  3. Libre-échange : Le Maroc affiche une forte adhésion au commerce international, mais la ZLECAf reste méconnue. Ce décalage entre l’ouverture affichée et la réalité des échanges africains souligne les défis de l’intégration continentale, entre discours et mise en œuvre concrète.