Maroc : investissements régionaux, éducation et prix alimentaires en mouvement

À un an de la Coupe du Monde 2030, Casablanca-Settat engage 92,7 milliards de DH. L'OCDE alerte sur les retraites dans l'informel, tandis que la FAO signale une hausse des prix alimentaires mondiaux.

Maroc : investissements régionaux, éducation et prix alimentaires en mouvement
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Casablanca-Settat accélère ses investissements à l’approche de 2030

La région Casablanca-Settat a franchi une étape significative dans sa préparation à la Coupe du Monde 2030. Lors de sa session ordinaire du 5 octobre, le Conseil régional a annoncé avoir engagé plus de 92,7 milliards de dirhams à travers 515 conventions, dont une part importante est dédiée aux infrastructures et équipements liés à l’accueil de l’événement. Ces investissements couvrent des domaines variés : approvisionnement en eau potable, assainissement liquide, infrastructures routières, mise à niveau urbaine et développement rural.

Ce bilan intervient dans un contexte où le Maroc mise sur la compétition sportive pour dynamiser son économie. La région, déjà moteur économique du pays, cherche à renforcer son attractivité à l’échelle internationale. Les projets en cours visent non seulement à répondre aux exigences logistiques de la Coupe du Monde, mais aussi à laisser un héritage durable pour les populations locales. Cependant, la question de la répartition équitable des retombées économiques entre les différentes provinces reste posée, alors que certaines zones rurales pourraient bénéficier moins directement de ces investissements.


L’OCDE alerte sur les retraites dans l’économie informelle

Le Maroc, comme de nombreux pays en développement, fait face à un défi majeur : le vieillissement de sa population dans un contexte d’économie informelle dominante. Dans son dernier rapport intitulé « Assurer les moyens de subsistance des travailleurs de l’économie informelle à l’heure des changements mondiaux », l’OCDE souligne que les systèmes de retraite actuels ne couvrent pas de manière adéquate les travailleurs du secteur informel. En moyenne, seuls 5 % des travailleurs informels dans les pays étudiés bénéficient d’une couverture retraite, un chiffre qui pourrait être encore plus bas au Maroc.

L’organisation met en garde contre une transition démographique plus rapide que celle qu’ont connue les pays développés, avec des conséquences potentiellement lourdes pour les finances publiques. Au Maroc, où l’informel représente une part importante de l’emploi, cette problématique prend une dimension particulière. Les solutions envisagées – comme l’élargissement des régimes de retraite ou la création de mécanismes de protection sociale adaptés – nécessiteront des réformes structurelles, mais aussi une meilleure inclusion financière des populations concernées.


Hausse des prix alimentaires : la FAO pointe les perturbations logistiques

L’indice des prix des produits alimentaires de la FAO a atteint 136 points en septembre 2026, soit une hausse de 1,5 % par rapport à août et de 5,8 % sur un an. Cette augmentation, la plus forte enregistrée depuis un an, s’explique par des perturbations dans les transports maritimes et des préoccupations climatiques, selon l’organisation. Les tensions géopolitiques, notamment dans le détroit d’Ormuz et en mer Noire, ont aggravé les difficultés d’approvisionnement, tandis que les aléas météorologiques ont affecté les récoltes dans plusieurs régions du monde.

Pour le Maroc, cette tendance pourrait avoir des répercussions sur le pouvoir d’achat des ménages, déjà fragilisé par l’inflation des dernières années. Le pays, dépendant des importations pour certains produits de base comme les céréales, pourrait voir ses coûts d’approvisionnement augmenter. Les autorités marocaines devront surveiller de près cette situation, d’autant que la hausse des prix alimentaires pourrait alimenter des tensions sociales, comme cela a été le cas lors des mouvements de protestation de 2022.


Éducation : la Coalition marocaine appelle à revaloriser le métier d’enseignant

À l’occasion de la Journée mondiale des enseignants, célébrée le 5 octobre, la Coalition marocaine pour l’éducation pour tous a lancé un appel à une revalorisation profonde de la profession enseignante. Dans un contexte marqué par des tensions géopolitiques, des mutations technologiques et des défis climatiques, l’organisation estime que les systèmes éducatifs sont soumis à des pressions sans précédent. Les enseignants, souligne-t-elle, jouent un rôle central dans la formation des générations futures, mais leur métier reste insuffisamment reconnu et soutenu.

Au Maroc, où le secteur de l’éducation fait face à des défis structurels – comme la qualité de l’enseignement, les inégalités territoriales ou la formation des enseignants –, cette revalorisation pourrait passer par une meilleure rémunération, des conditions de travail améliorées et un accès renforcé à la formation continue. La Coalition insiste également sur la nécessité d’adapter les programmes scolaires aux enjeux contemporains, notamment en intégrant des modules sur le développement durable et les compétences numériques.


Ce qu’il faut retenir

  1. Investissements régionaux : Casablanca-Settat engage 92,7 milliards de DH dans des projets liés à la Coupe du Monde 2030, avec un focus sur les infrastructures et le développement rural. Une dynamique qui pourrait transformer la région, mais dont les retombées devront être équitablement réparties.
  2. Retraites et informel : L’OCDE alerte sur l’insuffisance des systèmes de retraite pour les travailleurs informels, un enjeu crucial pour le Maroc, où ce secteur représente une part importante de l’emploi.
  3. Prix alimentaires : La FAO signale une hausse de 5,8 % sur un an des prix des denrées de base, en raison de perturbations logistiques et climatiques. Une tendance à surveiller pour le Maroc, dépendant des importations.
  4. Éducation : La Coalition marocaine pour l’éducation appelle à une revalorisation du métier d’enseignant, dans un contexte où les défis éducatifs se multiplient. Une priorité pour un pays en pleine transition démographique et technologique.