Maroc : Ahwach, météo extrême et enjeux culturels d'un week-end contrasté
Entre le festival d'Ahwach à Ouarzazate, des prévisions météorologiques instables et des tensions publicitaires mondiales, le Maroc navigue entre patrimoine et défis contemporains ce 10 octobre 2026.
Ahwach à Ouarzazate : un festival pour célébrer la culture amazighe
Le Maroc s’apprête à célébrer l’une de ses traditions artistiques les plus emblématiques avec la 14ᵉ édition du Festival national des arts d’Ahwach, qui se tiendra du 22 au 24 octobre à Ouarzazate. Placé sous le haut patronage du roi Mohammed VI, cet événement mettra en lumière l’art séculaire de l’Ahwach, une expression musicale et chorégraphique profondément ancrée dans la culture amazighe. Près d’un millier d’artistes, venus de différentes régions du pays, y participeront, faisant de ce rendez-vous un espace d’échange unique entre créateurs, chercheurs et public.
L’Ahwach, reconnu pour ses rythmes envoûtants et ses chants collectifs, incarne une forme de résistance culturelle et de transmission intergénérationnelle. Cette année, le festival explore le thème « Les arts d’Ahwach et les rythmes du monde », une invitation à dialoguer avec d’autres traditions musicales tout en affirmant l’identité amazighe. Pour la région de Drâa-Tafilalet, ce festival représente bien plus qu’un événement culturel : c’est un levier de développement local, attirant des visiteurs nationaux et internationaux dans une zone souvent perçue comme enclavée.
La tenue de cette édition intervient dans un contexte où le Maroc renforce sa diplomatie culturelle, comme en témoignent les récents partenariats avec la France ou les initiatives visant à promouvoir le patrimoine immatériel à l’étranger. L’Ahwach, inscrit depuis 2012 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO, en est l’un des ambassadeurs les plus visibles.
Météo : entre orages et chaleur, un week-end sous tension
Les prévisions de la Direction générale de la météorologie pour ce samedi 10 octobre dessinent un Maroc aux contrastes marqués. Si le Nord-Ouest du pays, notamment le Tangérois, devrait connaître des rafales de vent modérées, les régions montagneuses de l’Atlas et leurs alentours s’attendent à des averses orageuses, tout comme le Sud-Est, le Souss et l’Oriental. Les plaines atlantiques centrales et l’extrême Sud des provinces sahariennes ne seront pas épargnées, avec des précipitations localisées.
Les températures, quant à elles, reflètent cette instabilité. Les minimales oscilleront entre 2 et 8 °C sur l’Atlas et le Rif, tandis que le reste du pays affichera des valeurs plus clémentes, allant de 10 à 21 °C. Une hausse des températures est attendue dans le Sud-Est, la vallée de la Moulouya et l’Oriental, alors qu’elles baisseront ailleurs. Ces conditions météorologiques, typiques de la transition entre l’été et l’hiver, rappellent les défis croissants posés par le changement climatique. En septembre, le Maroc a déjà enregistré des records de chaleur, avec des répercussions sur l’agriculture et les ressources en eau.
Pour les habitants des zones touchées, ces intempéries pourraient compliquer les déplacements et les activités quotidiennes, notamment dans les régions rurales où les infrastructures routières restent vulnérables. Les autorités locales ont d’ores et déjà émis des recommandations pour limiter les risques, notamment en matière de sécurité routière.
Publicité en ligne : Meta dans le viseur des médias français
Une centaine de médias français, parmi lesquels Le Figaro, Les Échos, Libération ou encore Ouest-France, ont engagé une action en justice contre Meta, réclamant 1,4 milliard d’euros pour des pratiques jugées « déloyales » dans le ciblage publicitaire. Selon Le Figaro, qui révèle l’affaire, la plainte déposée devant le tribunal des activités économiques de Paris dénonce une « collecte massive et illicite de données personnelles » des utilisateurs, utilisée pour affiner le ciblage des annonces sur Facebook et Instagram.
Les médias accusent Meta de ne pas avoir respecté les règles de transparence et de concurrence, faussant ainsi le marché publicitaire en ligne. Cette procédure collective, lancée en avril 2025, s’inscrit dans un contexte plus large de tensions entre les géants du numérique et les acteurs traditionnels de la presse. En Europe, les régulateurs durcissent leur position face aux plateformes, comme en témoigne le Digital Markets Act (DMA), entré en vigueur en 2024.
Pour le Maroc, cette affaire soulève des questions sur l’équilibre des pouvoirs dans l’écosystème médiatique. Bien que le pays ne soit pas directement concerné par cette plainte, les enjeux de régulation et de monétisation des contenus en ligne y résonnent fortement. Les médias marocains, confrontés à la domination des réseaux sociaux dans la diffusion de l’information, pourraient voir dans cette bataille juridique un précédent pour défendre leurs intérêts face aux géants technologiques.
Beach-soccer : le Maroc en route pour la CAN 2026
L’équipe nationale de beach-soccer a franchi une étape importante dans sa quête de qualification pour la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2026 en s’imposant 4-2 face à la Libye, vendredi à Benghazi. Les buts marocains ont été inscrits par Amine El Bidouri, Badr El Kraichly, Driss Ghannam et Reda Ezzahraoui. Ce match aller des éliminatoires se conclura par une rencontre retour au Maroc le 18 octobre, où les Lions de l’Atlas tenteront de confirmer leur avantage.
Cette performance s’inscrit dans une dynamique positive pour le beach-soccer marocain, qui cherche à s’imposer comme une discipline phare sur le continent. Après la qualification historique de l’équipe masculine de football pour les quarts de finale de la Coupe du monde 2022, le Maroc mise sur ses différentes sélections pour renforcer son influence sportive en Afrique et au-delà.
La CAN de beach-soccer, prévue en 2026, servira également de tournoi qualificatif pour la Coupe du monde de la discipline. Une participation marocaine à cet événement serait une première et marquerait une nouvelle étape dans la diversification des succès sportifs du pays.
Ce qu’il faut retenir
Ce week-end au Maroc illustre la diversité des défis et des opportunités qui traversent le pays. D’un côté, des événements comme le Festival d’Ahwach à Ouarzazate rappellent l’importance de préserver et de valoriser le patrimoine culturel, dans un contexte où les traditions amazighes gagnent en visibilité. De l’autre, les prévisions météorologiques instables soulignent la vulnérabilité du pays face aux aléas climatiques, un enjeu qui dépasse le cadre saisonnier pour s’inscrire dans une problématique plus large de résilience.
Sur le plan international, l’affaire Meta vs les médias français met en lumière les tensions croissantes entre les géants du numérique et les acteurs traditionnels de l’information. Si le Maroc n’est pas directement impliqué, cette bataille juridique pourrait inspirer des réflexions sur la régulation des plateformes en ligne et la protection des contenus locaux.
Enfin, le sport continue de jouer un rôle fédérateur, comme en témoigne la victoire de l’équipe nationale de beach-soccer. Dans un pays où le football occupe une place centrale, ces performances en disciplines émergentes ouvrent de nouvelles perspectives pour le rayonnement sportif marocain.