CAN 2025 : le Maroc et le Sénégal s'affrontent devant le TAS pour un titre contesté

Le Tribunal arbitral du sport doit trancher jeudi 8 octobre 2026 dans l'affaire de la finale de la CAN 2025 entre le Maroc et le Sénégal, où un forfait a été déclaré après une sortie de terrain. Qui remportera le titre ?

CAN 2025 : le Maroc et le Sénégal s'affrontent devant le TAS pour un titre contesté
Photo de Victoria Prymak sur Unsplash

Le Tribunal arbitral du sport (TAS) doit rendre ce jeudi 8 octobre une décision très attendue dans l’un des litiges sportifs les plus médiatisés de l’année. À l’origine de cette affaire : la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025, disputée le 18 janvier dernier au stade Prince Moulay-Abdellah de Rabat, entre le Maroc et le Sénégal. Un match qui s’est terminé dans la confusion, et dont le dénouement juridique pourrait redéfinir les contours du palmarès continental.

Un penalty contesté, une sortie de terrain, un forfait déclaré

Selon les comptes-rendus de l’AFP et du Monde, la rencontre s’est achevée sur un score de 1-0 en faveur du Sénégal, mais dans des circonstances pour le moins troubles. À quelques minutes de la fin du temps réglementaire, l’arbitre congolais Jean-Jacques Ndala Ngambo a sifflé un penalty en faveur des Lions de la Teranga, suscitant une vive protestation des joueurs marocains. Ces derniers, estimant que la décision était injuste, ont quitté le terrain en signe de contestation. En application des règles de la Confédération africaine de football (CAF), l’arbitre a alors déclaré le Sénégal vainqueur par forfait, malgré son avantage au score.

Depuis, les deux fédérations campent sur leurs positions. Le Sénégal revendique le titre au nom de sa victoire sur le terrain, tandis que le Maroc invoque le respect des règlements, qui prévoient qu’un abandon équivaut à une défaite. Les Lions de l’Atlas, qui avaient déjà remporté la CAN 2023, pourraient ainsi conserver leur couronne si le TAS leur donne raison. À l’inverse, une décision en faveur du Sénégal offrirait à ce dernier un deuxième titre consécutif, après son sacre en 2023.

Enjeux sportifs et diplomatiques

Au-delà du trophée, cette affaire dépasse le cadre strictement sportif. Elle intervient dans un contexte de rivalité croissante entre le Maroc et le Sénégal, deux nations qui dominent le football africain depuis plusieurs années. Les deux sélections se sont affrontées à plusieurs reprises en compétitions officielles, avec un bilan équilibré, mais cette finale controversée ajoute une dimension symbolique à leur duel.

Pour le Maroc, une victoire juridique renforcerait son statut de puissance footballistique sur le continent, alors que le pays prépare activement la Coupe du monde 2030, coorganisée avec l’Espagne et le Portugal. Une décision favorable au Sénégal, en revanche, pourrait raviver les tensions entre les deux fédérations, déjà exacerbées par des désaccords passés sur l’organisation de compétitions ou les nominations d’arbitres.

Sur le plan diplomatique, cette affaire met aussi en lumière les limites de l’autorité de la CAF, dont les décisions sont de plus en plus contestées devant le TAS. En 2022, une situation similaire avait opposé l’Algérie et le Cameroun lors de la CAN, sans toutefois donner lieu à un litige aussi médiatisé. Cette fois, l’enjeu est bien plus grand : il s’agit de déterminer si le football africain peut se doter de règles claires, ou s’il restera prisonnier de décisions arbitrales sujettes à interprétation.

Qu’attendre de la décision du TAS ?

Le Tribunal arbitral du sport, basé à Lausanne, est réputé pour son indépendance, mais aussi pour la complexité de ses délibérations. Dans ce dossier, plusieurs éléments pourraient peser dans la balance :

  • L’interprétation des règlements de la CAF : Le TAS devra déterminer si l’abandon du terrain par les Marocains justifiait bien un forfait, ou si d’autres sanctions (cartons, match à rejouer) auraient pu être appliquées.
  • Le respect du fair-play : Les Sénégalais arguent que leur victoire sur le terrain doit primer, tandis que les Marocains soulignent que les règles doivent s’appliquer uniformément, sans exception.
  • Les précédents juridiques : Le TAS pourrait s’appuyer sur des affaires similaires, comme celle de la finale de la Ligue des champions africaine 2018, où un forfait avait été déclaré après des incidents sur le terrain.

Quelle que soit l’issue, cette décision aura des répercussions durables sur le football africain. Si le TAS confirme le forfait, cela enverra un message clair aux équipes : quitter le terrain, même pour protester contre une décision arbitrale, équivaut à une défaite. À l’inverse, si le Sénégal est déclaré vainqueur sur tapis vert, cela pourrait encourager d’autres sélections à contester des décisions similaires à l’avenir.

Et après ?

Une fois la décision rendue, les deux fédérations auront la possibilité de faire appel, bien que les chances de succès soient minces. En attendant, les supporters des deux camps retiennent leur souffle : pour les uns, il s’agit de défendre l’honneur sportif ; pour les autres, de préserver un titre durement acquis.

Au-delà des passions, cette affaire pose une question fondamentale : le football africain est-il prêt à se doter d’institutions capables de trancher les litiges avec équité, ou restera-t-il prisonnier de ses divisions ? La réponse du TAS, ce jeudi, pourrait bien dessiner les contours de l’avenir du ballon rond sur le continent.