Sports : Zalal stoppé en UFC, l'AS FAR accroché à Rabat

Sports : la série de Youssef Zalal s'arrête à Las Vegas face à Sterling, pendant que l'AS FAR concède un nul (2-2) à l'Union Yaacoub El Mansour.

Sports : Zalal stoppé en UFC, l'AS FAR accroché à Rabat
Photo de Christopher Luther sur Unsplash

La fin d'une série, le poids d'une marche

Huit victoires d'affilée, ça construit une légitimité. Une défaite à Las Vegas, ça la teste. Youssef Zalal vient d'apprendre que la marche au-dessus, dans la cage de l'UFC, ne se franchit pas par la simple force d'un élan.

Samedi soir, à l'UFC Fight Night 274, le combattant marocain s'est incliné aux points face à Aljamain Sterling, ancien champion des poids coqs. Cinq rounds, le main event de la soirée, deux styles : la lutte étouffante de l'Américain contre l'opportunisme chirurgical du natif de Casablanca. Zalal a eu ses moments — un jab tranchant, un étranglement guillotine au troisième round qui a fait retenir le souffle des juges. Pas assez. La maîtrise technique de Sterling sur la durée, et surtout son expérience des grands rendez-vous, ont fini par peser sur les cartons.

Voilà la vérité crue de l'élite : on peut enchaîner huit succès en bas du classement et buter sur le premier vrai test au sommet. Zalal n'a pas été surclassé. Il a été décodé. C'est différent — et c'est instructif.

La Botola se cherche, l'AS FAR aussi

Pendant que Zalal apprenait sa leçon outre-Atlantique, le Stade Prince Moulay Abdellah à Rabat livrait son propre verdict, plus prosaïque. L'Union Yaacoub El Mansour — lanterne rouge avec 8 points — a tenu tête à l'AS FAR (2-2) lors de la 16e journée de la Botola Pro D1.

Le scénario a tout dit du moment que traverse le championnat. Penalty pour les Militaires juste avant la pause via Jalal Eddine El Khfiyef, égalisation locale par Zakaria Fato, but du break par Mohamed El Badaoui à trois minutes du terme, puis égalisation de Yunis Abdelhamid dans les ultimes secondes. Un match qui bascule trois fois, et au bout duquel un cador laisse échapper deux points face au dernier du classement.

L'AS FAR pointe désormais à la troisième place avec 32 points. Confortable, sauf que les écarts en haut de tableau ne pardonnent pas ce genre d'égarement. À l'heure où le sport marocain capitalise sur ses ambassadeurs internationaux, sa vitrine domestique continue de produire ce mélange d'inconstance et de spectacle qui fait la patte de la Botola — et qui, parfois, finit par lui coûter cher dans les classements continentaux.

Ce qu'il faut retenir

Deux scènes, un même enseignement. À l'export, Zalal touche le plafond de verre des combattants qui montent : il ne suffit pas d'aligner les victoires, encore faut-il survivre au scalpel des anciens champions. À domicile, l'AS FAR rappelle que la régularité, dans un championnat aussi imprévisible que la Botola, vaut souvent mieux que les coups d'éclat.

Pour Zalal, la suite tient à un mot : rebond. Sterling n'a pas effacé huit victoires d'un revers de main, il a posé un diagnostic. La trajectoire du Marocain dépendra de ce qu'il en fait. Pour l'AS FAR, l'urgence est plus immédiate : à 32 points, chaque journée concédée est une journée donnée au peloton.

Le sport marocain joue sur deux tableaux — l'individuel à l'international, le collectif à la maison. Ce week-end, les deux ont buté sur le même mur : l'exigence du dernier kilomètre.