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TITLE: Marc Guillaume au Conseil d'État : la France récompense ses hauts fonctionnaires malgré les scandales SLUG: marc-guillaume-conseil-etat-scandales EXCERPT: Nommé vice-président du Conseil d'État malgré des accusations de sexisme, Marc Guillaume incarne l'impunité des élites administratives. Analyse d'un système qui protège les siens. TOPICS: institutions, haute fonction publique, sexisme, Jeux Olympiques, pouvoir politique
La France aime ses serviteurs zélés, surtout quand ils savent rebondir. Ce vendredi 8 mai 2026, Marc Guillaume prend la tête du Conseil d’État – la plus haute juridiction administrative du pays. Une consécration pour cet énarque brillant, mais aussi un symbole glaçant : dans la République, les casseroles ne collent qu’aux anonymes.
Le comeback d’un haut fonctionnaire malgré les accusations
Évincé de Matignon en 2020 par Jean Castex, Guillaume traînait une réputation sulfureuse. Des conseillères de l’Élysée l’avaient accusé de comportements sexistes, des témoignages relayés par la presse sans qu’aucune procédure disciplinaire ne soit engagée. La règle non écrite de la haute fonction publique ? On mute, on attend, on rebondit.
Et rebondir, Guillaume sait faire. Nommé préfet d’Île-de-France, il a orchestré l’organisation des Jeux Olympiques 2024 – un succès médiatique qui a effacé les polémiques passées. "La réussite des JO a été un joker politique", analyse un ancien collaborateur. "Dans l’administration, on pardonne tout aux technocrates qui livrent des résultats."
Pourtant, derrière cette nomination se cache une question plus large : pourquoi la France protège-t-elle autant ses hauts fonctionnaires ? Le Conseil d’État, instance censée garantir l’équité des décisions publiques, est dirigé par un homme dont le parcours illustre l’entre-soi des élites. "C’est le triomphe du mépris institutionnel", résume une juriste. "On nomme un préfet controversé à la tête de la justice administrative, et personne ne bronche."
Pétrole : la flambée qui révèle l’impuissance européenne
Pendant ce temps, les prix du baril s’envolent – +12 % en un mois – et l’Europe, dépendante à 90 % des importations, se retrouve prise au piège. Les raisons ? Une conjonction de facteurs géopolitiques : tensions au Moyen-Orient, réduction de la production par l’OPEP+, et spéculation sur les marchés.
Mais le plus inquiétant, c’est l’absence de réponse coordonnée. "L’Union européenne a les outils pour réguler les prix, mais elle manque de volonté politique", explique un analyste énergétique. "Chaque pays bricole ses propres solutions – subventions, taxes, rationnement – sans stratégie commune."
Résultat : les ménages français voient leur facture énergétique grimper, tandis que les industriels menacent de délocaliser. "C’est le retour des années 1970, mais sans la solidarité européenne", ironise un économiste. La leçon ? Quand les crises frappent, la France et ses voisins préfèrent l’improvisation à la planification.
Almodóvar à Cannes : le cinéma comme dernier refuge
Alors que les institutions vacillent et que l’économie s’emballe, Pedro Almodóvar revient à Cannes avec "Autofiction", un film sur la création artistique comme acte de résistance. À 76 ans, le cinéaste espagnol incarne une forme de persistance : celle d’un cinéma qui refuse de se soumettre aux algorithmes et aux logiques commerciales.
"Almodóvar montre que l’art peut encore être un miroir tendu à la société", note une critique. "Dans un monde où tout est calculé, ses films restent imprévisibles."
Son retour en compétition – sans Palme d’or à son palmarès malgré plusieurs sélections – est aussi un pied de nez aux jurys qui l’ont snobé. "C’est un symbole : le cinéma d’auteur survit, même quand les plateformes dominent", ajoute-t-elle.
Ce qu’il faut retenir
La France de 2026 est un pays où les hauts fonctionnaires sont intouchables, où l’Europe paie son manque de vision énergétique, et où le cinéma reste un espace de liberté. Trois visages d’une même réalité : un système qui protège ses élites, une économie à la merci des chocs externes, et une culture qui résiste, vaille que vaille.
Demain, le Conseil d’État rendra-t-il des décisions plus équitables sous la houlette de Marc Guillaume ? Les prix du pétrole vont-ils plonger l’Europe dans une nouvelle crise sociale ? Et Almodóvar décrochera-t-il enfin cette Palme qui lui échappe depuis des décennies ?
Une chose est sûre : la France continue de fonctionner à deux vitesses – celle des puissants, et celle des autres.