Sport : Strasbourg dos au mur, PSG handball encore éliminé
Revue de presse du 10 avril 2026
Dernière mise à jour : 00:45
L'Europe a rendu son verdict jeudi soir, et il est sévère pour plusieurs représentants du sport français. Pendant que Strasbourg disparaissait dans les brumes allemandes et que le PSG handball répétait ses erreurs chroniques, deux autres histoires venaient rappeler que tout n'est pas gris. Une soirée contrastée, révélatrice d'ambitions qui peinent à s'incarner.
Strasbourg : deux buts en vingt minutes, un rêve presque éteint
Mayence est neuvième de Bundesliga. Pas champion en titre, pas favori de la compétition — neuvième. C'est pourtant ce club, à l'Arena von den Bergmanns, qui a suffi à réduire Strasbourg au silence. Deux buts dans les vingt premières minutes, match plié avant l'heure du café. Le Racing s'est retrouvé à courir après un score qui ne voulait pas bouger.
Les tops et flops publiés par Le Figaro résument bien la soirée : d'un côté le Japonais Kaishū Sano, rayonnant sous les couleurs de Mayence ; de l'autre un milieu strasbourgeois dépassé et un Enciso fantomatique — le genre de prestation qu'on attendrait d'un match piège de Ligue 1, pas d'un quart de finale européen.
Ce 0-2 est brutal parce qu'il est juste. Le Racing, englué dans une saison de Ligue 1 exigeante, n'a pas trouvé les ressources pour élever son niveau. L'aventure en Ligue Europa Conférence avait quelque chose d'électrisant ; la désillusion de jeudi remet les pendules à l'heure. Le retour est fixé jeudi prochain en Alsace. Un 2-0 à renverser contre un adversaire qui n'a pas montré de signe de faiblesse. Mathématiquement possible. Sportivement improbable.
Le PSG handball et son plafond de verre
Si l'élimination de Strasbourg est douloureuse, celle du PSG handball relevait presque de la fatalité. Pour la deuxième année consécutive, le club parisien est sorti en barrages de la Ligue des champions, incapable de franchir l'obstacle Veszprem. Après s'être fait humilier en Hongrie la semaine passée (32-24), un nul à domicile (35-35) jeudi n'a rien changé.
Deux ans de suite, au même stade, contre le même type d'adversaire affûté. Ce n'est plus un accident, c'est un diagnostic. Le PSG handball dépense, recrute, ambitionne — et bute sur ce même plafond. Le parallèle avec la section football, qui vient d'atomiser Liverpool en Ligue des champions, n'en est que plus cruel. Même maison, deux trajectoires radicalement opposées.
La question n'est pas de savoir si le club a les moyens. Il les a. Elle est de comprendre pourquoi ces moyens ne produisent pas les résultats espérés. Structure, coaching, mentalité compétitive au plus haut niveau européen ? Jeudi soir n'a pas fourni de réponse — il a simplement confirmé l'urgence de la poser.
Mossely : une championne prend congé avec élégance
Il y avait, dans la soirée, une note plus lumineuse. Estelle Mossely, championne olympique en 2016, a dominé la Colombienne Bexcy Mateus aux points à Paris. Une victoire sans suspense, signée par une athlète qui approche de la retraite et semble vouloir partir par la grande porte.
La boxe française vit rarement ses grandes soirées sous les projecteurs. Jeudi, à Paris, devant son public, Mossely a rappelé ce qu'elle a représenté — et représente encore. Ce genre de victoire ne réécrit pas une carrière, il en soigne la conclusion.
Paris Basketball : la réponse du berger à la bergère
Deux jours après avoir subi la première défaite de l'ère Julius Thomas, le Paris Basketball n'a pas trainé pour répondre. 113-80 face au Maccabi Tel Aviv à l'Adidas Arena — la plus large victoire du club de la saison en Euroligue. Nadir Hifi et ses coéquipiers ont déroulé, sans complexe, devant leur public.
Paris Basketball est en train de s'installer comme une réalité de l'Euroligue, pas comme un passager clandestin. Cette démonstration, à deux journées de la fin de la phase régulière, envoie un signal clair à ses concurrents directs : la séquence difficile est terminée.
En marge : la CAN et ses fantômes
Une dernière information mérite d'être signalée, même si elle se joue loin des pelouses hexagonales. Le président de la CAF, Patrice Motsepe, a rejeté jeudi les accusations de corruption formulées par le gouvernement sénégalais. Le Sénégal, dont le titre de champion d'Afrique 2025 a été retiré au profit du Maroc, dénonce une manipulation institutionnelle. La CAF dément. Le bras de fer promet d'être long, et l'image du football africain en prend pour sa grade, une nouvelle fois, au moment même où le continent prépare une Coupe du monde dont il espère tant.
Une soirée de sport, donc, qui dit beaucoup sur l'état de la compétition française en Europe : capable du meilleur, souvent rattrapée par ses fragilités au moment d'aller chercher ce qui compte vraiment.