Tennis, badminton, rugby : ces samedi où le sport français vibre
Sinner file vers le trône à Monte-Carlo, Christo Popov défie Antonsen en finale européenne, et le rugby féminin retient son souffle pour Grisez.
Revue de presse du 11 avril 2026
Dernière mise à jour : 15:33
Un samedi d'avril, et le sport livre ses verdicts. Sur la terre battue monégasque, Jannik Sinner rappelle à tout le monde qui commande. À Huelva, un frère élimine l'autre aux championnats d'Europe de badminton. À Grenoble, une blessure vient gâcher la fête du Six Nations féminin. Et depuis le Brésil, Carlo Ancelotti entrouvre une porte que personne n'attendait plus — celle d'un dernier Mondial pour Neymar.
Sinner peut-il reprendre le trône de numéro 1 mondial à Monte-Carlo ?
6-1, 6-4. Deux sets, une heure à peine, et Alexander Zverev renvoyé à ses doutes. En demi-finale du Masters 1000 de Monte-Carlo, Jannik Sinner n'a laissé que des miettes à l'Allemand, pourtant numéro 2 mondial. L'Italien joue sur un nuage depuis le début du tournoi, et cette victoire l'installe en position de force pour récupérer la place de numéro 1 mondial.
Dans l'autre demi-finale, le scénario offrait un tout autre visage : Valentin Vacherot, joueur monégasque, tentait l'exploit de sa carrière face à Carlos Alcaraz, tenant du titre. Le rêve d'une finale à domicile, devant son public. Quel que soit le résultat, la finale de dimanche promet un choc de styles et d'ambitions. Mais soyons lucides : Sinner, dans cette forme, semble intouchable. Sa régularité sur terre battue cette saison force le respect, et Monte-Carlo pourrait bien confirmer ce que le circuit murmure depuis des mois — l'Italien est redevenu le patron.
Christo Popov en finale européenne : le badminton français a-t-il trouvé son champion ?
Il y a quelque chose de cruel et de magnifique dans le sport entre frères. Christo Popov a battu Toma Junior en demi-finale des championnats d'Europe de badminton, à Huelva. Score serré — 21-18, 27-25 — et un deuxième set qui a dû sembler interminable pour les deux. Selon L'Équipe, le duel a été « musclé ». On imagine sans peine.
Christo affrontera en finale le Danois Anders Antonsen, qui a disposé d'Arnaud Merklé en deux sets plus nets (21-18, 21-13). Pas de finale 100 % française, donc, mais un représentant tricolore au sommet de la compétition continentale. Le badminton français, longtemps cantonné au rôle de figurant en Europe, produit désormais des athlètes capables de jouer les titres. Christo Popov, 22 ans, porte cette ambition. Un titre continental dimanche changerait la perception de toute une discipline dans l'Hexagone. Le défi est immense face à Antonsen, référence mondiale de la spécialité, mais la dynamique est du côté du Français.
Blessure de Joanna Grisez : le rugby féminin retient son souffle
La première journée du Tournoi des Six Nations féminin devait être une fête. Elle s'est transformée en frayeur au stade de Grenoble. Joanna Grisez, trois-quarts centre des Bleues, a été évacuée sur civière après une blessure sérieuse au genou droit lors de France-Italie. Les images, selon L'Équipe, ont glacé le public grenoblois.
Impossible à cette heure de connaître la gravité exacte de la blessure. Mais le rugby féminin français, en pleine montée en puissance médiatique et sportive, ne peut pas se permettre de perdre l'une de ses joueuses majeures. Grisez est un pilier de cette équipe de France qui ambitionne de rivaliser avec l'Angleterre. On attend les résultats des examens avec une inquiétude légitime.
Neymar et le Mondial 2026 : dernière danse ou dernière illusion ?
Voilà une déclaration qui va faire parler. Carlo Ancelotti, sélectionneur du Brésil, n'a pas fermé la porte à Neymar pour la Coupe du monde cet été. Mieux : selon Le Figaro, l'Italien estime que l'ancien du PSG est « sur la bonne voie » et dispose de « deux mois pour prouver qu'il a les qualités requises ».
Deux mois. Neymar, 34 ans, enchaîne les blessures depuis deux ans, a à peine joué, et traîne un corps qui ne répond plus comme avant. Ancelotti lui lance un défi public — ou lui tend une perche diplomatique, au choix. La question n'est pas de savoir si Neymar a le talent. Elle est de savoir si son corps tiendra quatre matchs de Coupe du monde. Le romantisme du football voudrait qu'on y croie. Le réalisme dit autre chose. Mais Ancelotti est un fin politique : garder Neymar dans l'équation, c'est aussi garder la pression sur les autres attaquants brésiliens. Malin.
Ce samedi dit une chose simple : le sport de haut niveau ne s'embarrasse pas de sentiments. Il récompense ceux qui sont prêts — Sinner, Popov — et blesse ceux qui s'exposent — Grisez, peut-être Neymar. Demain, les finales de Monte-Carlo et de Huelva trancheront. Le genou de Grisez parlera. Et Neymar comptera ses deux mois.