Sahara, santé, chiens errants : les enjeux sociétaux du Maroc ce 22 septembre
Le Panama réaffirme son soutien au Sahara marocain, tandis que Rabat et Nouakchott renforcent leurs liaisons routières. Santé publique et chiens errants à Fès soulèvent des questions locales.
Le Sahara marocain gagne un soutien diplomatique de poids
La République du Panama a officiellement réaffirmé, lundi à New York, son soutien à la souveraineté du Maroc sur l’ensemble de son territoire, incluant le Sahara. Cette position, exprimée dans un communiqué conjoint signé par les ministres des Affaires étrangères des deux pays, Nasser Bourita et Javier Eduardo Martínez-Acha Vásquez, marque une nouvelle avancée dans la reconnaissance internationale de la position marocaine. Le texte précise que l’ambassade panaméenne au Maroc exerce désormais "pleinement ses compétences consulaires sur l’ensemble du territoire marocain", une formulation qui consolide la légitimité de la présence marocaine dans la région.
Cette déclaration intervient dans un contexte diplomatique tendu, alors que le sénateur américain Joe Wilson a renouvelé, lors d’une rencontre avec Bourita, son appel à désigner le Front Polisario comme organisation terroriste. Selon Hespress, Wilson a salué "l’amitié solide et durable entre nos deux pays" tout en réitérant son engagement en faveur de la souveraineté marocaine. Ces développements s’inscrivent dans une dynamique plus large, où le Maroc multiplie les alliances pour isoler diplomatiquement le Polisario, notamment en Afrique et en Amérique latine.
Santé publique : un système à la croisée des réformes
Le secteur de la santé marocaine fait face à des critiques croissantes sur sa capacité à mettre en œuvre les réformes promises. Hicham Rahil, membre du bureau politique du Mouvement populaire et ancien directeur de cabinet du ministre de la Santé, a estimé que le gouvernement actuel avait "échoué" dans l’application de la loi n° 09.22 relative à la fonction sanitaire. Selon lui, sans ce texte, qui prévoit des incitations pour les professionnels de santé, les groupements sanitaires territoriaux – un pilier de la réforme – ne pourront pas fonctionner efficacement.
Rahil a rappelé que cette réforme s’inscrivait dans un "chantier royal" visant à moderniser le système de santé, mais que les retards accumulés risquaient de compromettre ses objectifs. Ces déclarations interviennent alors que le débat sur les performances du système éducatif, notamment après la publication des résultats du classement PISA, a également mis en lumière les défis structurels du pays. Mohamed Chouki, président du groupe parlementaire du Rassemblement National des Indépendants (RNI), a défendu les "Écoles pionnières", un programme phare du gouvernement, en soulignant que d’autres rapports nuanceraient les critiques formulées à leur encontre.
Fès face à l’urgence des chiens errants
À Fès, la prolifération des chiens errants dans les quartiers de la route Ain Chkef est devenue une source de préoccupation majeure pour les habitants. Selon Kech24, ces animaux, dont le nombre ne cesse d’augmenter, se regroupent autour des poubelles des restaurants et des espaces publics, créant un climat d’insécurité. Plusieurs agressions ont été signalées, notamment contre des enfants, poussant des familles à saisir la justice administrative pour obtenir des dédommagements.
Les critiques se concentrent sur la gestion municipale, accusée de négligence. Malgré des promesses répétées, aucune solution durable n’a été mise en place, que ce soit en termes de stérilisation, de création de refuges ou de campagnes de sensibilisation. Des associations de protection animale réclament depuis des années des mesures concrètes, mais leur appel reste sans réponse. Ce dossier illustre les défis persistants en matière de sécurité urbaine et de gestion des espaces publics, alors que les autorités locales peinent à apporter des réponses adaptées.
Rabat et Nouakchott renforcent leur coopération routière
Le Maroc et la Mauritanie ont franchi une étape importante dans leur coopération bilatérale avec la signature d’une convention-cadre visant à réhabiliter et élargir la route reliant Nouakchott à Nouadhibou. Ce projet, long de 480 kilomètres, vise à faciliter les échanges commerciaux et la circulation des personnes entre les deux pays. Selon Hespress, les entretiens entre le ministre marocain de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, et son homologue mauritanien, Ely Ould El Veirik, ont mis l’accent sur l’importance stratégique de cette infrastructure pour les économies des deux nations.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de rapprochement entre Rabat et Nouakchott, marquée par des échanges réguliers sur des dossiers économiques et sécuritaires. Elle intervient également dans un contexte régional marqué par des tensions géopolitiques, où le Maroc cherche à consolider ses alliances en Afrique de l’Ouest. La route Nouakchott-Nouadhibou, une fois modernisée, pourrait devenir un axe clé pour le commerce transsaharien, renforçant ainsi l’intégration économique du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne.