Sahara, entreprises publiques et pharma : les signaux économiques du 23 octobre

Le projet de résolution onusienne sur le Sahara, les bénéfices records des entreprises publiques et l'attractivité du Maroc pour les laboratoires allemands dessinent les priorités économiques du Royaume.

Sahara, entreprises publiques et pharma : les signaux économiques du 23 octobre
Photo de Declan Sun sur Unsplash

Sahara : une résolution onusienne en négociation, des changements majeurs en vue

Le premier projet de résolution sur le Sahara, transmis par les États-Unis au Conseil de sécurité des Nations unies, marque une rupture avec les versions précédentes. Selon les éléments rapportés par Médias24 et Actu-Maroc, ce "draft zéro" propose plusieurs évolutions significatives, dont la transformation de la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO) en une mission politique spéciale. Cette nouvelle structure, baptisée MINUSO (Mission des Nations unies pour le Sahara), verrait son mandat débuter le 1er mai 2027, avec une réduction d'au moins 50 % des effectifs en uniforme d'ici fin janvier 2027.

Le texte, qui doit encore faire l'objet de négociations avant son adoption prévue le 31 octobre, prévoit également la fermeture ou le regroupement de certains sites de la mission. Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, est chargé de présenter des propositions détaillées sur l'organisation et les missions de la MINUSO d'ici le 15 décembre. Cette transition reflète une volonté de recentrer l'action onusienne sur un accompagnement politique, plutôt que sur une opération de maintien de la paix.

Pour le Maroc, cette évolution s'inscrit dans une dynamique diplomatique active. Omar Hilale, ambassadeur du Royaume auprès des Nations unies, a co-présidé mercredi la réunion consultative annuelle entre la Commission de consolidation de la paix (PBC) de l'ONU et le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'Union africaine. Cette rencontre, qui place le Maroc comme trait d'union entre les deux organisations, souligne son rôle croissant dans la prévention des conflits sur le continent.


Entreprises publiques : un rebond spectaculaire porté par l'OCP et l'ONEE

Les entreprises et établissements publics marocains ont enregistré un résultat net consolidé de 22,6 milliards de dirhams en 2024, selon le Rapport sur l'État actionnaire 2024-2025 publié par l'Agence nationale de gestion stratégique des participations de l'État (ANGSPE). Ce chiffre, en hausse de 230 % par rapport à 2023, marque un retour à la rentabilité après une perte de 1,8 milliard en 2022. Le périmètre concerné comprend 57 entités, dont 35 entreprises publiques et 15 établissements publics.

Ce rebond est principalement attribuable à deux acteurs majeurs : l'Office chérifien des phosphates (OCP) et l'Office national de l'électricité et de l'eau potable (ONEE). L'OCP, fer de lance des exportations marocaines, a bénéficié d'une conjoncture favorable sur les marchés des engrais, tandis que l'ONEE a réalisé un redressement après plusieurs années de difficultés financières. Les prévisions pour 2025 tablent sur un résultat net de 13,5 milliards de dirhams, un chiffre qui reste élevé mais en retrait par rapport à 2024.

Ce retour à la profitabilité des entreprises publiques intervient dans un contexte où le gouvernement marocain, dirigé par Fatima Ezzahra El Mansouri, cherche à renforcer la souveraineté économique du pays. La Chambre des représentants a voté la confiance au nouvel exécutif le 22 octobre, avec 204 voix favorables sur 331 suffrages exprimés. Les débats houleux avec l'opposition, notamment le Parti de la justice et du développement (PJD), ont mis en lumière les divergences sur les priorités économiques, notamment en matière de financement des réformes et de transparence.


Industrie pharmaceutique : pourquoi le Maroc séduit les laboratoires allemands

Le Maroc s'impose comme la destination privilégiée des laboratoires allemands en Afrique du Nord, devant l'Algérie et la Tunisie. Une analyse récente de Germany Trade & Invest (GTAI), l'agence fédérale allemande de promotion du commerce extérieur, met en avant trois atouts majeurs du Royaume : l'accès au marché local, la qualité des partenaires industriels et la souplesse du régime d'importation.

Les laboratoires allemands voient dans le Maroc une plateforme idéale pour trois stratégies distinctes : la vente de médicaments finis, la fabrication locale pour le marché marocain, et la production destinée à l'export vers d'autres pays africains. L'étude, signée par les correspondants de GTAI à Tunis et Casablanca, souligne que le cadre réglementaire marocain offre une flexibilité accrue par rapport à ses voisins, tout en garantissant des standards de qualité élevés.

Cette attractivité s'inscrit dans une dynamique plus large de diversification des partenariats économiques du Maroc. Le pays mise sur des secteurs à haute valeur ajoutée, comme la santé et les technologies médicales, pour attirer les investissements étrangers. La présence croissante de laboratoires internationaux pourrait également renforcer la souveraineté sanitaire du Royaume, un enjeu crucial après les tensions d'approvisionnement observées lors de la pandémie de Covid-19.


Banque privée : Saham Bank lance un modèle dédié aux familles patrimoniales

Saham Bank a annoncé le lancement de Saham Bank, Private Banking & Family Office, une nouvelle marque dédiée à la gestion de patrimoine. Ce modèle s'adresse aux clients et familles patrimoniales souhaitant un accompagnement sur mesure pour la gestion, la valorisation, la structuration et la transmission de leur patrimoine.

La banque mise sur quatre piliers pour se différencier : une relation de proximité avec un banquier privé dédié, une approche fondée sur l'écoute et la discrétion, des solutions adaptées aux enjeux patrimoniaux complexes, et une expertise locale adossée à un réseau international. Ce lancement s'inscrit dans le cadre du plan de transformation de Saham Bank, qui cherche à diversifier ses activités et à capter une clientèle haut de gamme.

Cette initiative reflète une tendance plus large du secteur bancaire marocain, qui cherche à se moderniser pour répondre aux besoins d'une clientèle de plus en plus exigeante. Elle intervient également dans un contexte de concurrence accrue, avec l'arrivée de nouveaux acteurs internationaux et la montée en puissance des fintechs.


Ce qu'il faut retenir

Le projet de résolution onusienne sur le Sahara, bien qu'encore en négociation, confirme une évolution majeure dans la gestion du dossier par la communauté internationale. La transformation envisagée de la MINURSO en une mission politique spéciale pourrait redéfinir les équilibres régionaux, tandis que le Maroc continue de renforcer son rôle diplomatique sur la scène africaine et onusienne.

Sur le front économique, les résultats records des entreprises publiques en 2024 illustrent la résilience du modèle marocain, même si les prévisions pour 2025 invitent à la prudence. L'OCP et l'ONEE restent des piliers essentiels, mais leur performance dépendra en partie de la conjoncture internationale, notamment sur les marchés des matières premières.

Enfin, l'attractivité du Maroc pour les investisseurs étrangers, notamment dans le secteur pharmaceutique, confirme son positionnement comme hub régional. Les annonces récentes, comme le lancement de la banque privée de Saham Bank, montrent que le pays mise sur des segments à forte valeur ajoutée pour consolider sa croissance.