Société : procès Lassalle, démographie scolaire, féminicide près de Nantes

Société : le procès de l'assassin d'Agnès Lassalle s'ouvre, l'école affronte un choc démographique, et un féminicide près de Nantes interroge.

Société : procès Lassalle, démographie scolaire, féminicide près de Nantes
Photo de Philip Strong sur Unsplash

Revue de presse du 21 avril 2026
Dernière mise à jour : 07:17

Trois mots reviennent ce mardi dans l'actualité française : école, justice, impuissance. Un adolescent comparaît pour avoir poignardé sa professeure. Une mère et son bébé ont disparu près de Nantes. Et pendant ce temps, Bercy et la Rue de Grenelle découvrent qu'il manquera 1,7 million d'élèves en dix ans. Trois histoires, un même fil rouge : l'école comme miroir fissuré de la société.

Pourquoi le procès Lassalle interroge-t-il la justice des mineurs ?

À Pau, les assises des mineurs ouvrent ce mardi le procès de Tom P., seize ans au moment des faits, accusé d'avoir tué d'un coup de couteau Agnès Lassalle, sa professeure d'espagnol, en plein cours, dans un lycée de Saint-Jean-de-Luz en février 2023. Huis clos. Quatre jours d'audience. Et cette phrase glaçante, attribuée à l'adolescent lors de l'instruction : « J'ai ruiné ma vie, c'est fini », rapporte Le Monde.

L'enjeu juridique est technique, mais central : selon Libération, la défense pose la question de l'abolition du discernement. L'adolescent a déclaré que son geste avait été guidé par « des voix ». Le tribunal devra trancher entre assassinat — c'est-à-dire meurtre prémédité — et irresponsabilité pénale pour trouble psychique. Ce n'est pas un détail procédural : c'est le curseur que la société déplace, ou non, quand un mineur tue un adulte dans une salle de classe.

Derrière la question judiciaire, il y a une autre question, politique : qu'a-t-on fait depuis février 2023 ? Les annonces sur la détection du mal-être adolescent, la médecine scolaire, les portiques d'entrée ont rempli les communiqués. Elles n'ont pas empêché Tom P. de se retrouver sur le banc des assises.

Démographie scolaire : l'école s'apprête à perdre 1,7 million d'élèves

Autre choc, plus silencieux, mais de même magnitude. Le Figaro révèle ce 21 avril que la France comptera 1,7 million d'élèves de moins en 2035 qu'aujourd'hui, conséquence mécanique de la baisse des naissances amorcée en 2010. Le ministre de l'Éducation entame une série de réunions sur le sujet. Le primaire encaissera le premier coup : -15,2 % d'élèves d'ici dix ans.

Traduction concrète : fermetures de classes, suppressions de postes, tensions ravivées entre public et privé sur le partage des effectifs qui restent. Le Figaro rapporte aussi, dans une enquête parallèle, que les grandes écoles misent désormais ouvertement sur le recrutement d'étudiants internationaux pour compenser. On est passé d'environ 1,5 million d'étudiants au milieu des années 1980 à un peu plus de 3 millions en 2025-2026. L'enseignement supérieur tient par l'importation. L'école publique, elle, devra assumer la décrue.

La question qui arrive est brutale : quelles écoles ferme-t-on, dans quels territoires, et qui paie l'addition politique ? Un maire rural qui perd sa classe unique ne votera pas comme un parent parisien dont le collège gagne en taux d'encadrement. La démographie n'est pas neutre, elle se gère.

Féminicide près de Nantes : une disparition qui accuse

Troisième dossier, lui aussi ouvert ce mardi : une enquête pour meurtre et enlèvement est en cours après la disparition d'une jeune femme et de son bébé près de Nantes, selon Libération. Le conjoint, quarante et un ans, est soupçonné de l'avoir tuée. Il a pris un avion le 2 avril au départ de Nantes vers l'Algérie, avec leur fille de quinze mois. Prudence : la présomption d'innocence s'applique. Mais le schéma — départ précipité, enfant emmenée, compagne introuvable — a déjà un nom dans le débat public français : celui des féminicides et des enlèvements parentaux internationaux.

Le point sensible ici est la coopération judiciaire franco-algérienne, régulièrement grippée, et la rapidité avec laquelle les alertes parentales sont traitées. Chaque jour compte. Le dossier dira si les services ont agi assez vite.

Ce qu'il faut retenir

  • Le procès d'Agnès Lassalle s'ouvre ce mardi à Pau, à huis clos, jusqu'au 24 avril. L'abolition du discernement sera au cœur des débats.
  • La France s'apprête à perdre 1,7 million d'élèves d'ici 2035. Le ministre de l'Éducation lance ses concertations sans feuille de route publique.
  • Une enquête pour meurtre et enlèvement vise le conjoint d'une mère disparue près de Nantes, parti en Algérie avec leur bébé.

Trois affaires, trois institutions — école, justice, famille — sommées de répondre en même temps. Les réponses, elles, tardent.