Société : PMA invisibilisée, USB-C imposé, 86 ans en cellule

Femmes en PMA contraintes au silence au travail, octogénaire française détenue par ICE, USB-C universel imposé : les silences et les conquêtes de la semaine.

Société : PMA invisibilisée, USB-C imposé, 86 ans en cellule
Photo de Mark McGregor sur Unsplash

Trois histoires, un même fil rouge : ce que la société oblige à cacher, et ce qu'elle finit par imposer. Une femme en PMA dissimule ses rendez-vous médicaux à son patron. Une Française de 86 ans passe dix-sept jours dans une cellule de la police migratoire américaine. Et un câble USB-C devient enfin obligatoire sur tous les ordinateurs portables vendus en France. Visibilité, invisibilité : la semaine se joue là.

Pourquoi les femmes en PMA mentent-elles à leur employeur ?

Le sujet est aussi vieux que le droit du travail : les corps des femmes restent une variable d'ajustement de l'entreprise. Le Monde publie ce week-end une enquête sur ces salariées qui mènent un parcours de procréation médicalement assistée en parallèle de leur vie professionnelle. Le constat est édifiant. Beaucoup mentent. Beaucoup cachent. Beaucoup encaissent seules la fatigue physique des stimulations hormonales et la fatigue émotionnelle des échecs successifs.

Léa Terrien, cogérante d'une entreprise de peinture à Saint-Nazaire interrogée par Le Monde, résume l'arbitrage : en parler à son employeur, c'est prendre le risque d'être jugée. Sous-entendu : moins promue, moins augmentée, moins considérée. Le journal documente plusieurs cas de discriminations subies par des femmes ayant osé révéler leur parcours.

Le droit français autorise pourtant des absences pour rendez-vous médicaux liés à la PMA depuis 2016. La loi existe. Le silence aussi. La distance entre les deux dit quelque chose de l'état réel de l'égalité professionnelle en France : un cadre légal correct, une culture managériale qui reste, dans trop d'entreprises, hostile aux corps qui ne fonctionnent pas comme prévu. Les femmes payent doublement : par le parcours médical, par la dissimulation qu'il exige.

Que dit l'arrestation d'une Française de 86 ans par ICE ?

Marie-Thérèse Ross, 86 ans, vit en Alabama. Le 1er avril, la police de l'immigration américaine — ICE — l'arrête à son domicile pour visa expiré. Elle passe dix-sept jours en détention avant d'être libérée. Selon l'interview qu'elle a accordée à Ouest-France et au New York Times, rapportée par Libération, elle compare son expérience à « ce qui se passait au temps du nazisme » et choisit de prendre la parole pour ses anciennes codétenues.

L'analogie est frontale, et elle vient d'une femme qui a vécu l'époque dont elle parle. À 86 ans, on ne se met pas en colère par effet de manche. Le cas Ross est un cas particulier — un visa expiré, une procédure technique — mais il éclaire la mécanique enclenchée depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche : un appareil de détention massif, sans considération d'âge, de fragilité ou de durée du séjour.

Pour la France, c'est aussi un test diplomatique. Une ressortissante française de cet âge détenue plus de deux semaines aux États-Unis, le Quai d'Orsay aurait pu être plus visible. La tiédeur de la réaction interroge. Faut-il attendre qu'une Française meure dans une cellule d'ICE pour que Paris hausse le ton ?

USB-C obligatoire : une victoire des consommateurs, vraiment ?

Changement plus prosaïque, mais qui change la vie : depuis ce dimanche, tous les ordinateurs portables neufs vendus en France doivent être équipés d'un port de recharge USB-C universel, rapporte Ouest-France. La mesure, attendue depuis des années par les associations de consommateurs, étend aux ordinateurs ce que l'Union européenne avait déjà imposé aux smartphones et tablettes.

Concrètement : un seul chargeur pour le téléphone, la tablette, le casque audio, l'ordinateur portable. Moins de tiroirs encombrés de blocs propriétaires. Moins de déchets électroniques aussi — l'argument écologique a pesé lourd dans le bras de fer avec les fabricants, Apple en tête, qui ont longtemps freiné la mesure pour préserver leurs écosystèmes captifs.

Cette régulation discrète illustre quelque chose qu'on oublie : sur les sujets de standardisation matérielle, l'Europe a gagné. Ce n'est ni Bruxelles qui a inventé l'USB-C, ni Bruxelles qui le fabrique. Mais c'est Bruxelles qui a imposé l'unification. Une victoire bureaucratique au sens noble du terme.

Ce qu'il faut retenir

Trois histoires, trois rapports de force. Au travail, les femmes en PMA continuent de payer le prix du silence parce que la culture managériale française n'a pas suivi le droit. Aux États-Unis, l'appareil migratoire trumpien rafle sans distinction d'âge, et la France protège ses ressortissantes du bout des lèvres. À l'inverse, sur l'USB-C, l'Europe démontre qu'une régulation patiente peut plier un marché entier. Trois manières de mesurer ce que la société accepte de voir, et ce qu'elle continue de regarder ailleurs.