Pétrole à 100 dollars, bétail cher : les tensions économiques du Maroc ce 14 septembre

Le baril dépasse 100 dollars après des attaques au Moyen-Orient, tandis que les importations de bétail ralentissent. Contexte et enjeux pour le Maroc.

Pétrole à 100 dollars, bétail cher : les tensions économiques du Maroc ce 14 septembre
Photo de Zbynek Burival sur Unsplash

Pétrole : le baril franchit les 100 dollars sur fond de tensions régionales

Le prix du baril de Brent a dépassé les 100 dollars ce lundi, une première depuis juillet, dans un contexte de tensions accrues au Moyen-Orient. Selon Hespress, cette hausse de près de 3 % en une séance fait suite à la fermeture d’un oléoduc clé en Arabie saoudite et à de nouvelles attaques dans le détroit d’Ormuz. Le baril de West Texas Intermediate (WTI) a également progressé de plus de 2 %, s’établissant à 102,34 dollars.

Pour le Maroc, cette flambée des cours représente un défi supplémentaire. Le pays, importateur net d’hydrocarbures, voit sa facture énergétique alourdie, alors que la monnaie nationale, le dirham, reste sous pression. Les autorités marocaines n’ont pas encore réagi officiellement à cette situation, mais les opérateurs économiques s’inquiètent des répercussions sur les prix à la pompe et sur l’inflation, déjà sensible depuis deux ans.

Importations de bétail : les prix européens freinent les achats marocains

Les professionnels du secteur de l’élevage au Maroc font face à un ralentissement des importations de bétail, en particulier d’ovins, en raison de la hausse des prix sur les marchés européens. Selon une source au sein de la Fédération marocaine des acteurs du secteur de l’élevage, citée par Hespress, cette flambée des coûts, combinée au maintien de la TVA sur les importations, alourdit considérablement le prix du kilogramme de viande.

Cette situation intervient à un moment où le Maroc cherche à renforcer son approvisionnement en prévision de la demande accrue durant les fêtes religieuses, notamment l’Aïd al-Adha. Les éleveurs locaux, déjà confrontés à des défis climatiques et logistiques, pourraient voir leurs marges encore réduites si les prix restent élevés.

Élections législatives : les partis en campagne sur le pouvoir d’achat

À une semaine des élections législatives, les principaux partis politiques marocains axent leur campagne sur les questions économiques, en particulier le pouvoir d’achat. Le Rassemblement national des indépendants (RNI), dirigé par le chef du gouvernement Aziz Akhannouch, met en avant son programme d’aide sociale directe, qui bénéficie déjà à plus de 70 000 familles dans la province d’Essaouira. Lors d’un meeting dans la commune de Meskala, Akhannouch a insisté sur la nécessité de poursuivre les réformes dans les secteurs de la santé et de l’éducation, tout en intégrant davantage de ménages au marché du travail.

De son côté, le Parti authenticité et modernité (PAM) a lancé sa campagne à Tinghir, avec pour thème central la bataille pour le pouvoir d’achat. Fouzi Lekjaa, membre du bureau politique du PAM, a souligné les efforts financiers consentis par l’État lors de la précédente législature, estimés à 280 milliards de dirhams, notamment pour la revalorisation des salaires. Le parti promet de continuer sur cette voie s’il obtient une majorité.

Le Parti du Progrès et du Socialisme (PPS), quant à lui, se présente comme une alternative politique capable de relever les défis économiques actuels. Mohamed Nabil Benabdellah, secrétaire général du PPS, a appelé à une participation active aux élections pour soutenir des forces politiques « ambitieuses », capables de transformer les politiques publiques et d’améliorer les conditions de vie des citoyens.

Ce qu’il faut retenir

La conjoncture économique marocaine reste marquée par des pressions externes, avec la hausse des prix du pétrole et les difficultés d’approvisionnement en bétail. Ces défis s’ajoutent à un contexte politique tendu, à une semaine des élections législatives, où le pouvoir d’achat et les réformes sociales sont au cœur des débats. Les prochains jours seront cruciaux pour évaluer l’impact de ces tensions sur les prix à la consommation et sur les orientations économiques du prochain gouvernement.