Mondial 2030 : l'ONDA prépare les coulisses avant les stades

L'Office national des aéroports lance un appel d'offres pour structurer sa préparation à la Coupe du monde 2030, révélant une approche méthodique avant les grands travaux.

Mondial 2030 : l'ONDA prépare les coulisses avant les stades
Photo de Phill Brown sur Unsplash

Une stratégie en amont pour un défi logistique

Alors que le Maroc s'apprête à coorganiser la Coupe du monde 2030 avec l'Espagne et le Portugal, l'Office national des aéroports (ONDA) adopte une approche qui tranche avec l'urgence souvent associée à ce type d'événement. Plutôt que de lancer immédiatement des travaux d'infrastructure, l'établissement public a choisi de commencer par structurer son organisation interne. Un appel d'offres vient d'être lancé pour recruter un cabinet de conseil chargé d'évaluer les écarts entre les capacités actuelles et les exigences de la FIFA, puis de tracer une feuille de route jusqu'en 2030.

Cette démarche révèle une prise de conscience des enjeux logistiques spécifiques à la compétition. Selon les documents consultés par Hespress, le futur prestataire devra notamment concevoir un "dispositif de préparation" et un "Valable de Référence Opérationnel" (VRO) - un outil de coordination qui permettra de suivre l'avancement des différents chantiers. L'objectif n'est pas seulement de construire des terminaux, mais de s'assurer que l'ensemble du système aéroportuaire marocain pourra absorber le flux exceptionnel de visiteurs attendu pendant le tournoi.

Des terminaux aux processus : une vision globale

La décision de l'ONDA de privilégier d'abord l'organisation plutôt que les travaux physiques s'inscrit dans une logique de gestion des risques. Les expériences passées de grands événements sportifs ont montré que les retards dans la coordination entre différents acteurs peuvent coûter plus cher que les retards de construction eux-mêmes. En lançant cette phase préparatoire dès maintenant, l'Office cherche à anticiper les goulots d'étranglement qui pourraient survenir dans quatre ans.

Cette approche méthodique contraste avec certaines critiques qui pointent le retard pris par le Maroc dans la préparation visible des infrastructures. Les stades, en particulier, font l'objet d'une attention médiatique soutenue, alors que les travaux n'ont pas encore commencé à grande échelle. L'ONDA semble vouloir éviter ce type de pression en avançant discrètement sur le volet organisationnel, qui représente pourtant près de 60% des défis logistiques d'un Mondial selon les experts du secteur.

Un signal pour l'ensemble du secteur sportif marocain

La démarche de l'ONDA pourrait bien servir de modèle pour d'autres institutions marocaines impliquées dans l'organisation du Mondial 2030. Elle illustre une volonté de professionnalisation du secteur sportif, qui devra gérer non seulement l'événement lui-même, mais aussi son héritage pour le pays. Les retombées économiques et touristiques attendues dépendront en grande partie de la capacité des différents acteurs à travailler de manière coordonnée.

Cette préparation en amont pose également la question des financements. Si les travaux d'infrastructure seront en partie couverts par des partenariats public-privé, la phase actuelle de structuration organisationnelle repose entièrement sur des fonds publics. Une approche qui pourrait s'avérer payante à long terme, en évitant les surcoûts liés aux improvisations de dernière minute.

Ce qu'il faut retenir

L'ONDA a choisi de commencer par le plus invisible mais potentiellement le plus complexe : l'organisation. En lançant un appel d'offres pour structurer sa préparation, l'Office révèle une approche pragmatique qui pourrait bien devenir la norme pour les grands événements sportifs à venir. Cette stratégie montre que le Maroc aborde le Mondial 2030 non comme une simple vitrine, mais comme un projet structurant pour son secteur aéroportuaire et, plus largement, pour son organisation sportive.

La réussite de cette phase préparatoire sera déterminante pour la suite. Elle conditionnera non seulement la fluidité de l'événement en 2030, mais aussi la capacité du pays à capitaliser sur cette expérience pour d'autres grands rendez-vous internationaux. Dans un contexte où les attentes sont immenses, cette approche méthodique pourrait bien faire la différence entre un Mondial réussi et un Mondial mémorable.