OM : Stéphane Richard, un patron de télécom pour éteindre l'incendie
Revue de presse du 10 avril 2026
Dernière mise à jour : 12:12
Frank McCourt a choisi un capitaine d'industrie pour redresser la barre d'un club à la dérive. Au Vélodrome ce vendredi, l'ancien patron d'Orange a été officiellement intronisé président de l'Olympique de Marseille. Pendant ce temps, le marathon de Paris prépare son édition record dimanche, et Arthur Fils confirme qu'il est le prochain grand du tennis français. Trois histoires, un même fil rouge : dans le sport de 2026, le terrain ne suffit plus.
Pourquoi McCourt a-t-il choisi un patron de télécom pour diriger l'OM ?
La question mérite d'être posée frontalement. Depuis le départ de Pablo Longoria en février, l'OM naviguait sous intérim, avec Alban Juster en capitaine par défaut. Frank McCourt, propriétaire américain du club depuis 2016, a tranché : ce sera Stéphane Richard, 64 ans, ancien PDG d'Orange pendant plus d'une décennie.
« Je ne suis pas un étranger qui débarque à Marseille », a lancé l'intéressé lors de la conférence de presse au Vélodrome. Le message est calibré. Richard est marseillais de cœur, supporter revendiqué, proche de l'armateur Rodolphe Saadé — patron de CMA CGM et figure incontournable du milieu économique phocéen.
Mais le choix dit beaucoup sur l'état réel du club. Comme le souligne Le Monde, cette nomination intervient dans un contexte « d'instabilité » chronique. McCourt ne cherche plus un homme de football. Il cherche un manageur capable de remettre de l'ordre dans une maison qui en manque cruellement. Un haut fonctionnaire passé par Bercy, les télécoms et les conseils d'administration du CAC 40 — voilà le profil retenu pour un club qui brûle ses dirigeants à un rythme inquiétant.
Richard prendra officiellement ses fonctions début juillet. D'ici là, la question qui fâche reste entière : un patron d'entreprise, aussi compétent soit-il en gouvernance, sait-il faire un mercato ? Sait-il parler à un vestiaire ? L'OM, depuis McCourt, n'a jamais trouvé la formule. Eyraud, Longoria, Juster en intérim, et maintenant Richard. Quatre présidents en huit ans. Le turnover dit plus que tous les communiqués.
Le marathon de Paris sous l'empire des super shoes
Dimanche, 49 000 coureurs s'élanceront sur les Champs-Élysées pour la 49e édition du marathon de Paris — 3 000 de plus qu'en 2025, un record. Mais la vraie révolution ne se voit pas à l'œil nu. Elle se mesure en millimètres de mousse et en degrés d'angulation de plaque carbone.
Les Nike VaporFly 4%, ces fameuses « super shoes » qui ont bouleversé le demi-fond mondial, seront aux pieds d'une majorité de l'élite. Leur principe : une plaque de fibre de carbone intégrée dans une semelle en mousse ultra-réactive qui restitue davantage d'énergie à chaque foulée. Selon Le Figaro, l'avantage mesuré est de l'ordre de 4 % d'économie d'énergie — ce qui, sur 42,195 kilomètres, peut représenter plusieurs minutes.
Le débat n'est plus neuf, mais il reste brûlant. Depuis l'irruption de ces chaussures en 2017, tous les records mondiaux du marathon sont tombés. La technologie a créé un avant et un après. Les puristes crient à la triche technologique. Les fabricants répliquent que le coureur reste le moteur. World Athletics a fini par réglementer — épaisseur de semelle limitée, une seule plaque autorisée —, mais le génie est sorti de la lampe. À Paris dimanche, la course se jouera aussi dans les labos de Portland et d'Herzogenaurach.
Arthur Fils aux portes du Top 10 : le déclic ?
À 21 ans, Arthur Fils est peut-être en train de franchir le mur qui sépare les espoirs des certitudes. Le Français, qui s'est retiré par précaution du Masters 1000 de Monte-Carlo, reste sur une série de résultats remarquables depuis son retour de blessure.
Selon le podcast Air Open de L'Équipe, Fils a profité de sa coupure pour affiner son jeu et s'alléger physiquement. Les ajustements paient déjà. Le Top 10 mondial, longtemps perçu comme un objectif à moyen terme, semble désormais à portée de raquette.
Le tennis français, après la génération Tsonga-Gasquet-Monfils, cherchait son relais. Fils a le profil : puissant, tactiquement mature pour son âge, et surtout capable de gagner des matchs qu'il aurait perdus il y a un an. Monte-Carlo viendra plus tard. L'essentiel est ailleurs : le garçon construit une trajectoire, pas une collection de coups d'éclat.
Ce qu'il faut retenir
L'OM confie son destin à un homme qui connaît mieux les COMEX que les compositions d'équipe — pari risqué, mais logique pour un club en quête de stabilité structurelle. Le marathon de Paris illustre, lui, la course technologique qui redéfinit les limites humaines. Et Arthur Fils rappelle que le talent brut, quand il est accompagné de lucidité, n'a besoin d'aucune plaque carbone pour accélérer.