Coopératives marocaines : l'ODCO mise sur la pérennité pour relancer l'économie locale

L'Office du développement de la coopération (ODCO) réforme son programme "Génération solidaire" pour professionnaliser les coopératives de jeunes et sécuriser leur financement. Une réponse aux défis structurels du secteur.

Coopératives marocaines : l'ODCO mise sur la pérennité pour relancer l'économie locale
Photo de Ashwini Chaudhary(Monty) sur Unsplash

Quand les coopératives marocaines passent de l'incubation à la professionnalisation

L'Office du développement de la coopération (ODCO) a marqué un tournant dans sa stratégie d'accompagnement des jeunes entrepreneurs coopératifs. Lors de la cérémonie de remise des prix de la sixième édition du programme "Génération solidaire", organisée mardi 7 juillet à Rabat, l'établissement public a dévoilé une nouvelle approche visant à dépasser le simple soutien à la création pour s'attaquer aux défis de pérennité et de professionnalisation des structures.

Cette évolution intervient dans un contexte où le modèle coopératif marocain, bien que dynamique, peine à franchir le cap des premières années d'existence. Selon les données de l'ODCO, près de 60% des coopératives créées entre 2020 et 2024 n'étaient plus actives fin 2025, un taux d'échec qui interroge sur la viabilité à long terme du secteur. "Nous avons longtemps cru que l'accès au financement initial suffirait à garantir la réussite des projets. La réalité nous montre que c'est l'accompagnement post-création qui fait la différence", a souligné un responsable de l'ODCO lors de la présentation.

Le nouveau dispositif "Génération solidaire" mise sur trois piliers : un accompagnement technique renforcé pendant 36 mois (contre 12 auparavant), un accès facilité aux marchés publics et privés via des partenariats avec des grandes entreprises, et un fonds de garantie spécifique pour les coopératives de moins de cinq ans. Cette dernière mesure pourrait s'avérer cruciale dans un environnement où les banques commerciales restent réticentes à financer des structures perçues comme risquées.

Fraises marocaines : quand le climat et la concurrence internationale font plier une filière

Les exportations marocaines de fraises fraîches ont atteint leur niveau le plus bas depuis dix ans lors de la campagne 2025-2026. Selon les données d'EastFruit, seulement 8.700 tonnes ont été expédiées entre octobre 2025 et avril 2026, soit une chute de 50% par rapport à la saison précédente et de 62% par rapport au pic de 2021-2022 (23.000 tonnes). Cette quatrième année consécutive de baisse révèle les fragilités structurelles d'une filière autrefois présentée comme un modèle d'exportation agricole.

Plusieurs facteurs expliquent ce déclin. Les conditions climatiques d'abord : les épisodes de sécheresse répétés dans le Souss-Massa, principal bassin de production, ont réduit les rendements et augmenté les coûts d'irrigation. La concurrence internationale ensuite, avec l'émergence de nouveaux acteurs comme le Mexique et le Pérou, qui bénéficient de coûts de production inférieurs et d'accords commerciaux plus favorables avec les marchés européens et nord-américains. Enfin, la hausse des coûts logistiques et énergétiques a érodé la compétitivité des producteurs marocains.

Cette situation contraste avec les ambitions affichées par le Maroc dans le cadre de sa stratégie "Génération Green 2020-2030", qui visait à doubler les exportations agricoles d'ici 2030. La filière fraise, qui représentait près de 15% des exportations de fruits rouges en 2020, ne pèse plus que 5% aujourd'hui. Les professionnels du secteur appellent à une refonte du modèle, avec une diversification des variétés cultivées et une meilleure intégration dans les chaînes de valeur internationales.

Quart de finale historique : les Lions de l'Atlas face à leurs propres limites

À trois jours du quart de finale contre la France, la préparation des Lions de l'Atlas révèle autant de détermination que de fragilités. Lors de l'entraînement de mardi à Boston, deux joueurs clés, Ismaël Saibari et Chadi Riad, ont suivi un programme individualisé, leur participation au match de jeudi restant incertaine. Cette situation rappelle les défis logistiques et physiques auxquels est confrontée une équipe qui a déjà réalisé un parcours exceptionnel dans cette Coupe du Monde 2026.

La blessure de Saibari, milieu offensif de 23 ans, est particulièrement scrutée. Considéré comme l'un des talents les plus prometteurs du football marocain, son absence serait un coup dur pour Walid Regragui, qui mise sur sa créativité pour déverrouiller la défense française. "Nous travaillons pour qu'il soit disponible, mais nous ne prendrons aucun risque inutile", a déclaré le sélectionneur, sans confirmer sa présence sur la feuille de match.

Au-delà des aspects sportifs, cette confrontation prend une dimension symbolique. Pour la première fois, une équipe africaine affronte l'ancienne puissance colonisatrice en quart de finale d'un Mondial. Dans les rues de Casablanca, Rabat et Marrakech, les supporters marocains voient dans ce match bien plus qu'une rencontre sportive. "C'est l'occasion de montrer que nous sommes capables de rivaliser avec les meilleures nations du monde, pas seulement sur le terrain, mais aussi dans notre organisation et notre mentalité", explique un supporter rencontré près du stade Mohammed V.

Ce qu'il faut retenir

  1. Nouveau modèle coopératif : L'ODCO passe d'un soutien à la création à un accompagnement sur trois ans, avec un accent sur la professionnalisation et l'accès au financement. Une évolution nécessaire pour réduire le taux d'échec des coopératives marocaines, actuellement proche de 60% après cinq ans d'existence.
  2. Filière fraise en crise : Les exportations ont chuté de 62% en quatre ans, sous l'effet conjugué du changement climatique, de la concurrence internationale et de la hausse des coûts. Un cas d'école des défis auxquels est confrontée l'agriculture marocaine dans un contexte de mondialisation accrue.
  3. Football et symboles : Le quart de finale contre la France dépasse le cadre sportif. Pour le Maroc, il s'agit de confirmer sa place parmi les grandes nations du football, tout en gérant les contraintes logistiques et physiques d'une compétition organisée sur un continent éloigné.
  4. Économie vs culture : Ces trois sujets illustrent les tensions entre développement économique et préservation des modèles traditionnels. Que ce soit dans l'agriculture, le football ou l'économie sociale, le Maroc est confronté à la nécessité d'innover sans perdre son identité.