Maroc : Nass El Ghiwane, El Niño et la campagne électorale sous tension

Le retour scénique de Nass El Ghiwane à Casablanca, l'impact du "super-El Niño" sur le climat marocain et les débats sur le boycott électoral marquent cette semaine au Maroc.

Maroc : Nass El Ghiwane, El Niño et la campagne électorale sous tension
Photo de Casey Horner sur Unsplash

Nass El Ghiwane : un retour aux sources pour une mémoire vivante

Le groupe mythique Nass El Ghiwane se produira le 26 septembre au Théâtre l’Hermitage de Casablanca, près de cinquante ans après ses premiers succès. Ce concert, annoncé par Hespress, s’inscrit dans une dynamique de transmission intergénérationnelle, alors que le répertoire du groupe – mêlant poésie engagée, rythmes traditionnels et critique sociale – reste un marqueur culturel fort au Maroc.

La formation, souvent comparée aux Rolling Stones pour son influence durable, a traversé les décennies sans perdre de sa pertinence. Son retour sur scène intervient dans un contexte où la musique populaire marocaine cherche à se réinventer face à la mondialisation des sons. "Une soirée placée sous le signe de la musique, de la transmission et de l’émotion", résume l’annonce, soulignant l’enjeu de perpétuer un patrimoine musical qui a accompagné les luttes sociales et les espoirs démocratiques du pays.

Pourtant, ce retour suscite aussi des questions sur la place des artistes engagés dans le débat public marocain. Alors que la campagne électorale bat son plein, la musique de Nass El Ghiwane, souvent associée à des messages de justice sociale, pourrait résonner différemment selon les sensibilités politiques.


El Niño : un phénomène climatique aux répercussions locales

L’océan Pacifique est le théâtre d’un "super-El Niño", un phénomène climatique d’une intensité inédite depuis quatre-vingts ans, selon The Atlantic. Les températures enregistrées dans la zone "Niño 3.4" – un indicateur clé pour mesurer l’ampleur du phénomène – battent des records, avec des conséquences potentielles pour le Maroc.

Si les effets directs d’El Niño sur le climat marocain restent complexes à modéliser, les experts s’accordent sur un risque accru de perturbations météorologiques. Les prévisions de la Direction générale de la météorologie pour le 17 septembre confirment cette tendance : averses orageuses sur le Haut Atlas et le Sud-Est, températures élevées dans les provinces sahariennes, et vents modérés à forts sur les côtes. Ces conditions, bien que classiques pour la saison, pourraient s’aggraver sous l’influence d’El Niño, avec des épisodes de sécheresse prolongée ou, à l’inverse, des pluies diluviennes.

Les autorités marocaines, déjà confrontées aux défis de la gestion de l’eau et de l’agriculture, devront composer avec cette variable climatique. Le phénomène rappelle aussi la vulnérabilité du pays face aux dérèglements globaux, alors que les négociations internationales sur le climat peinent à produire des engagements contraignants.


Élections 2026 : le boycott comme symptôme d’une crise politique

À dix jours du scrutin législatif, le débat sur la participation électorale prend une tournure polémique. Jamal Berajaa, secrétaire général du parti de gauche radicale Annahj Addimocrati, a justifié le boycott des élections dans une interview accordée à Hespress, le qualifiant de "choix politique assumé" face à un système qu’il juge incapable de répondre aux attentes des citoyens.

Pour Berajaa, les scrutins organisés au Maroc "ne permettent pas de produire les changements attendus" et reproduisent des structures liées à "l’autoritarisme et à l’exploitation". Cette position, bien que marginale dans le paysage politique marocain, reflète une défiance croissante envers les institutions, notamment chez les jeunes et les classes populaires. Selon lui, une partie de la population partage ce désenchantement, même si les sondages officiels ne permettent pas de mesurer précisément l’ampleur du phénomène.

Le gouvernement, de son côté, mise sur une participation élevée pour légitimer le processus électoral. Les partis en lice, comme le Rassemblement national des indépendants (RNI) ou le Parti authenticité et modernité (PAM), multiplient les meetings et les promesses, mais peinent à convaincre de la crédibilité de leurs programmes. Comme le souligne Aujourd’hui le Maroc, un programme électoral ne se résume pas à "une simple addition de mesures" : il doit reposer sur des "hypothèses solides" et une "cohérence" souvent absente des débats.

Cette tension entre participation et boycott interroge la capacité du système politique marocain à se réformer. Alors que les inégalités sociales et économiques persistent, les élections de 2026 pourraient bien être un test pour la démocratie marocaine – ou le révélateur de ses limites.


Ce qu’il faut retenir

  1. Culture : Nass El Ghiwane revient sur scène à Casablanca le 26 septembre, offrant une occasion de revisiter un patrimoine musical marocain à la fois populaire et engagé. Ce concert intervient dans un contexte où la transmission culturelle devient un enjeu politique, alors que le pays traverse une période de tensions sociales.
  2. Environnement : Le "super-El Niño" en cours dans le Pacifique pourrait aggraver les perturbations climatiques au Maroc, avec des conséquences potentielles sur l’agriculture et la gestion de l’eau. Les prévisions météorologiques pour les prochains jours confirment des conditions instables, typiques de cette période de l’année, mais amplifiées par le phénomène.
  3. Politique : Le boycott des élections législatives, défendu par Annahj Addimocrati, met en lumière une crise de confiance dans le système politique marocain. Alors que les partis traditionnels peinent à convaincre, la question de la participation électorale devient un marqueur des attentes citoyennes – et des frustrations qui persistent.