Motsepe à Rabat, El Morabity dans le désert : le sport marocain impose son tempo

Motsepe à Rabat, El Morabity dans le désert : le sport marocain impose son tempo
Photo de Quino Al sur Unsplash

Revue de presse du 9 avril 2026
Dernière mise à jour : 11:15

Patrice Motsepe a posé le pied à Rabat mercredi avec un message calibré : la CAN 2025 organisée par le Maroc a été « la plus réussie de l'histoire ». Pendant ce temps, dans le désert du sud marocain, Rachid El Morabity rappelait que la compétition, au Maroc, ne se joue pas uniquement dans les stades. Et sur les pelouses européennes, la Ligue des champions livrait deux quarts de finale qui redessinent la hiérarchie continentale.

Motsepe à Rabat : la CAN comme carte de visite

La visite du président de la Confédération africaine de football n'est pas protocolaire. Elle est politique. En se déplaçant personnellement à Rabat pour rencontrer Fouzi Lekjaa, Motsepe pose un acte de réparation après le fiasco organisationnel de la finale — un épisode qui avait terni une compétition par ailleurs exemplaire.

Le Sud-Africain a reconnu, sans détour, sa « grande déception » face à ce qui s'est passé lors du match final. Il a promis une révision des règlements pour éviter que la scène ne se reproduise. Le message s'adresse autant au Maroc qu'aux 54 fédérations du continent : la CAF assume l'échec ponctuel tout en sanctuarisant le bilan global.

Car les chiffres parlent. Audiences record, stades pleins, organisation logistique saluée par les observateurs internationaux. Pour le Maroc, cette CAN n'était pas seulement un événement sportif — c'était une répétition générale grandeur nature avant le Mondial 2030. Le fait que Motsepe le dise publiquement consolide la position du Royaume comme hub du football africain, à un moment où la FIFA observe de très près les capacités d'accueil des pays co-organisateurs.

L'enjeu dépasse le football. Chaque grande compétition réussie au Maroc alimente un cercle vertueux : crédibilité internationale, investissements dans les infrastructures, attractivité touristique. La CAN U17, programmée au Maroc en 2026, sera le prochain test — et la Tunisie, qui vient de limoger l'intégralité du staff technique de sa sélection U17 malgré sa qualification, montre que la pression monte déjà chez les voisins.

El Morabity, seigneur du sable

Pendant que la diplomatie sportive s'activait à Rabat, Rachid El Morabity écrivait un nouveau chapitre de sa légende dans le désert. Le Marocain a remporté la troisième étape de la 40e édition du Marathon des Sables, 29,1 kilomètres avalés en 2h17, sous des conditions que les organisateurs ont qualifiées d'« exceptionnellement favorables ».

Ce qui frappe, ce n'est pas la victoire — El Morabity gagne si souvent dans le sable qu'on finirait par l'oublier. C'est la manière. Sur un parcours exigeant avec 413 mètres de dénivelé positif et trois points de contrôle qui imposent une gestion millimétrée de l'effort, les coureurs marocains ont collectivement dominé. La suprématie locale sur cette épreuve mythique n'est plus un exploit. C'est un standard.

Cette domination intervient alors que World Athletics annonce une réforme qui va secouer le monde de la course à pied : à partir de 2030, le marathon quitte le programme des Championnats du monde d'athlétisme pour devenir un championnat autonome, organisé chaque année. L'épreuve reine de l'endurance aura désormais son propre écrin. Pour des nations comme le Maroc, historiquement fortes sur les distances longues, cette restructuration pourrait ouvrir de nouvelles opportunités de visibilité et de palmarès.

L'Europe à l'envers : Bayern et Atlético frappent fort

La Ligue des champions a produit deux résultats qui bousculent les pronostics. Au Santiago Bernabéu, le Bayern Munich a fait tomber le Real Madrid (2-1) grâce à un Harry Kane décisif et un Luis Díaz incandescent. Mbappé a réduit le score en seconde période, mais les Bavarois repartent avec un avantage net avant le retour en Allemagne.

À Barcelone, le scénario a été encore plus cruel. L'Atlético Madrid a éteint le Camp Nou (2-0), profitant de l'expulsion controversée de Pau Cubarsí juste avant la pause. Hansi Flick, le coach du Barça, n'a pas mâché ses mots sur l'arbitrage, questionnant ouvertement l'absence de recours à la VAR sur une situation qui aurait pu changer le cours du match. Le retour au Metropolitano s'annonce bouillant, mais le Barça part avec un handicap sérieux.

Pour les supporters marocains qui suivent ces clubs de près — et ils sont nombreux — la leçon est claire : en Ligue des champions, le statut ne protège plus personne. Le Real et le Barça, monuments du football européen, vacillent le même soir. La compétition n'a jamais été aussi ouverte.

Les matchs retour diront si Madrid et Barcelone ont encore les ressources pour renverser la table. En attendant, le sport marocain, lui, continue d'avancer sur tous les fronts — des couloirs diplomatiques de Rabat aux pistes brûlantes du Sahara.