Maroc : pénurie de médicaments, épilepsie et justice en suspens

Pénurie de médicaments anti-épileptiques à Ibn Guerir, blocage d'une réforme clé pour les avocats, et un festival culturel sous le patronage royal : les défis sociaux du 6 août.

Maroc : pénurie de médicaments, épilepsie et justice en suspens
Photo de Annie Spratt sur Unsplash

Une pénurie de médicaments qui menace des vies

À Ibn Guerir, la pénurie d’un médicament essentiel contre l’épilepsie a plongé les patients et leurs familles dans l’angoisse. Selon des sources locales relayées par Kech24, ce manque critique dans les pharmacies de la ville expose les malades à des risques majeurs, liés à l’interruption brutale de leur traitement. L’épilepsie, trouble neurologique chronique, nécessite un suivi médical rigoureux et une observance stricte des prescriptions pour éviter des crises potentiellement mortelles.

Face à cette situation, plusieurs familles ont été contraintes de se rendre dans des villes voisines pour se procurer le médicament, une solution coûteuse et difficilement accessible pour tous. Les autorités sanitaires n’ont pas encore réagi officiellement à cette crise, qui s’inscrit dans un contexte plus large de tensions sur l’approvisionnement en médicaments au Maroc. En 2025 déjà, des pénuries avaient été signalées dans plusieurs régions, soulevant des questions sur la résilience du système de santé et la gestion des stocks pharmaceutiques.


La réforme des avocats bloquée, la justice en attente

Le projet de loi n°66.23, qui vise à réformer la profession d’avocat, est toujours en suspens devant la Cour constitutionnelle. Adopté en deuxième lecture par le Parlement, le texte a été transmis à la plus haute juridiction du pays pour un examen de conformité à la Constitution. En attendant sa décision, les avocats maintiennent leur mouvement de protestation, dénonçant plusieurs dispositions du texte qu’ils jugent contraires à leurs droits et à l’indépendance de leur profession.

Les conséquences de ce blocage se font déjà sentir dans les tribunaux. Des audiences ont été reportées, des dossiers laissés en suspens, et les justiciables, déjà confrontés à des délais judiciaires souvent longs, voient leur situation se compliquer davantage. "Les incertitudes procédurales alimentent les inquiétudes, tant pour les professionnels du droit que pour les citoyens", souligne Hespress, qui rappelle que cette réforme était attendue depuis plusieurs années pour moderniser une profession en pleine mutation.

Parmi les points de friction figurent des mesures relatives à l’accès à la profession, à la discipline des avocats et à leur représentation dans les instances ordinales. Les syndicats d’avocats ont multiplié les actions de sensibilisation, mais le dialogue avec les autorités semble au point mort.


Un festival culturel pour célébrer la Fête du Trône

Alors que les tensions sociales et sanitaires occupent le devant de la scène, Rabat s’apprête à accueillir la 14e édition du Festival International des Arts et de la Culture "Été des Oudayas". Organisé du 9 au 12 août sous le haut patronage du roi Mohammed VI, cet événement culturel réunit une pléiade d’artistes marocains et internationaux sur la corniche du Bouregreg.

Placé sous l’égide du ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, en collaboration avec le Comité National de la Musique (membre du Conseil International de la Musique, partenaire officiel de l’UNESCO), le festival s’inscrit dans le cadre des festivités célébrant la Fête du Trône. "Cet événement s’impose comme l’un des rendez-vous artistiques les plus importants de la capitale", indique un communiqué des organisateurs, qui souligne son rôle dans la promotion du soft power marocain.

Cette année, le festival mettra en avant des performances musicales, mais aussi des expositions et des ateliers culturels, dans un esprit de célébration et d’ouverture. Un contraste saisissant avec les défis socio-économiques que traverse le pays, mais aussi une illustration de la vitalité culturelle marocaine, souvent perçue comme un rempart contre les crises.


Ce qu’il faut retenir

Le Maroc fait face à une série de défis sociaux qui révèlent les fragilités de ses infrastructures et de ses institutions. La pénurie de médicaments à Ibn Guerir rappelle l’urgence d’une réforme du système de santé, tandis que le blocage de la réforme des avocats met en lumière les lenteurs d’un système judiciaire sous pression. Dans le même temps, les initiatives culturelles, comme le Festival "Été des Oudayas", offrent une respiration et un rappel de la résilience du pays.

Ces enjeux, bien que distincts, sont interconnectés. Ils soulignent la nécessité d’une gouvernance plus réactive, capable de répondre aux urgences tout en préparant l’avenir. Pour les Marocains, ces défis sont aussi des opportunités de mobilisation et de dialogue, afin de construire un modèle social plus inclusif et plus efficace.