Maroc : entre zaouïas royales, climat et tensions numériques, les équilibres du 6 septembre
Dons royaux aux zaouïas d'Azilal, prévisions météo contrastées et consommation électrique record du numérique : les enjeux culturels et environnementaux du jour.
Les zaouïas d’Azilal, entre héritage spirituel et soutien royal
Le jeudi 4 septembre, une commission royale a remis des dons aux zaouïas Tanaghmelt Nassiria et Bassiria, dans la province d’Azilal, à l’occasion du 28e anniversaire de la disparition de Hassan II. Ces cérémonies, marquées par la récitation de versets coraniques et la présence des autorités locales, s’inscrivent dans une tradition de soutien aux confréries soufies, acteurs historiques de la cohésion sociale et spirituelle au Maroc.
Les zaouïas, souvent perçues comme des relais entre le pouvoir central et les populations rurales, jouent un rôle clé dans la préservation des valeurs religieuses et culturelles. Leur reconnaissance par le palais royal, à travers ces dons, souligne leur importance dans un contexte où les équilibres sociaux et identitaires restent sensibles. Pour les adeptes, ces gestes symboliques renforcent un sentiment d’appartenance et de continuité, tandis que pour l’État, ils participent à la stabilité des territoires, notamment dans des régions comme le Moyen-Atlas, où les dynamiques locales peuvent parfois échapper aux institutions formelles.
Météo : entre chaleur persistante et risques orageux, un dimanche sous tension
Les prévisions de la Direction générale de la météorologie pour ce dimanche 6 septembre dessinent un Maroc aux contrastes marqués. Si les températures minimales restent modérées (16 à 22°C sur l’Atlas et les côtes), une hausse généralisée est attendue sur l’ensemble du pays, avec des pointes pouvant dépasser les 35°C dans les zones intérieures.
Les risques orageux se concentrent sur l’Atlas et ses contreforts, ainsi que sur les plateaux de phosphates et l’est des provinces sahariennes, où des averses localement intenses pourraient provoquer des perturbations. Les vents, particulièrement forts sur le Tangérois et les provinces sahariennes, s’accompagnent de risques de chasse-poussières, un phénomène récurrent en cette période de transition saisonnière.
Ces conditions météorologiques, bien que typiques de la fin de l’été, interviennent dans un contexte de vulnérabilité accrue des populations, notamment en milieu rural, où l’accès à l’eau et la protection des cultures restent des enjeux majeurs. Les autorités locales, déjà mobilisées face aux épisodes de sécheresse récurrents, devront composer avec ces aléas pour limiter les impacts sur les activités agricoles et pastorales.
Numérique : 1,7 % de l’électricité mondiale engloutis par 163 entreprises
Un rapport conjoint de l’Union internationale des télécommunications (UIT) et de la World Benchmarking Alliance (WBA), publié cette semaine, révèle que 163 des 200 plus grandes entreprises du secteur numérique ont consommé près de 500 térawattheures (TWh) d’électricité en 2024, soit 1,7 % de la consommation mondiale. Plus inquiétant encore : dix d’entre elles concentrent à elles seules 54 % de cette consommation, un niveau supérieur à la demande annuelle de certains pays.
L’essor de l’intelligence artificielle (IA) et des infrastructures cloud est pointé du doigt comme l’un des principaux facteurs de cette hausse. Les data centers, déjà gourmands en énergie, voient leurs besoins exploser avec l’adoption massive des technologies d’IA générative, dont les modèles nécessitent des capacités de calcul toujours plus importantes. Face à ce constat, le rapport appelle à une accélération des efforts pour réduire l’empreinte carbone du secteur, alors que les engagements climatiques des géants du numérique restent souvent en deçà des attentes.
Pour le Maroc, cette question prend une dimension particulière. Le pays, qui mise sur le numérique comme levier de développement économique, doit concilier attractivité pour les investisseurs étrangers et maîtrise de son bilan énergétique. Avec une production électrique encore largement dépendante des énergies fossiles, le risque est de voir la transition numérique s’accompagner d’une hausse des émissions de CO₂, à rebours des objectifs climatiques nationaux.
Géopolitique du sport : l’Espagne instrumentalise-t-elle le Mondial 2030 ?
La visite du président de la Fédération espagnole de football (RFEF), Rafael Louzán, à Sebta le 4 septembre, avec le trophée de la Coupe du monde 2026, a ravivé les tensions autour de la co-organisation du Mondial 2030 par le Maroc, l’Espagne et le Portugal. En choisissant l’enclave occupée pour exposer le trophée, Louzán a délibérément mêlé sport et politique, une provocation aux yeux de Rabat, qui considère Sebta comme un territoire marocain sous occupation illégale.
Ses déclarations, affirmant qu’« il n’y a pas de problème frontalier » et que la finale du Mondial pourrait se tenir à Madrid, ont été perçues comme une tentative d’instrumentaliser l’événement à des fins géopolitiques. Pour le Maroc, qui a obtenu l’organisation conjointe après des années de lobbying, cette sortie est d’autant plus malvenue qu’elle intervient dans un contexte de rivalités persistantes entre les deux pays, notamment sur les questions migratoires et territoriales.
Si le Mondial 2030 était censé symboliser un pont entre l’Afrique et l’Europe, les récentes manœuvres espagnoles risquent de compliquer cette dynamique. Le Maroc, qui a fait du sport un outil diplomatique majeur – comme en témoigne son rôle dans l’organisation de la Coupe du monde 2030 –, pourrait être tenté de durcir sa position, notamment sur les dossiers frontaliers. À quelques années du coup d’envoi, l’équilibre sportif et politique de l’événement reste plus fragile que jamais.