Maroc : tourisme en hausse, formation du gouvernement et défis migratoires

Le Maroc enregistre une progression de 8% des nuitées touristiques à fin juillet 2026, tandis que Fatima Zahra El Mansouri est chargée de former le gouvernement. Les enjeux migratoires persistent à Sebta.

Maroc : tourisme en hausse, formation du gouvernement et défis migratoires
Photo de illia stebelski sur Unsplash

Le Maroc aborde ce mercredi 30 septembre 2026 une période charnière, marquée par des signaux économiques encourageants, une transition politique en cours et des défis humanitaires persistants. Entre la reprise confirmée du secteur touristique, la nomination d’une cheffe de gouvernement et les tensions migratoires à ses frontières, le pays doit concilier stabilité interne et enjeux régionaux.

Le tourisme marocain confirme sa dynamique

Les établissements d’hébergement touristique classés (EHTC) ont enregistré près de 25,9 millions de nuitées à fin juillet 2026, soit une progression de 8 % par rapport à la même période en 2025. Cette performance s’accompagne d’une amélioration du taux d’occupation, passé à 56 % (+1 point), selon les données de l’Observatoire du tourisme.

Plusieurs destinations tirent cette croissance. Ouarzazate (+23 %), Rabat (+16 %) et Agadir (+11 %) affichent les hausses les plus marquées, devant Casablanca et Marrakech (+10 % chacune). Ces chiffres reflètent une reprise soutenue du secteur, après les perturbations liées aux crises sanitaires et géopolitiques des années précédentes. Le tourisme, qui représente près de 7 % du PIB marocain, reste un levier clé pour l’économie nationale, notamment en termes d’emplois et de devises.

Cette tendance positive intervient dans un contexte où le Maroc mise sur une diversification de son offre touristique, avec des projets axés sur l’écotourisme, le patrimoine culturel et les infrastructures haut de gamme. Les autorités tablent sur une poursuite de cette dynamique pour atteindre les objectifs fixés dans le cadre de la stratégie touristique 2023-2026, qui vise 17,5 millions de touristes annuels d’ici 2026.


Fatima Zahra El Mansouri chargée de former le gouvernement

La nomination de Fatima Zahra El Mansouri à la tête du gouvernement marque une étape décisive dans la formation de l’exécutif marocain, près d’une semaine après les élections législatives du 23 septembre. Le Parti Authenticité et Modernité (PAM), dont elle est la coordinatrice nationale, est arrivé en tête du scrutin avec 97 sièges, devant le Rassemblement national des indépendants (RNI, 66 sièges).

Dans une déclaration à sa sortie du palais royal, Mme El Mansouri a souligné l’importance de cette investiture, tout en insistant sur la nécessité d’une « démarche inclusive » pour former une coalition stable. « Le travail commence aujourd’hui. Nous allons engager des consultations avec l’ensemble des forces politiques représentées au Parlement, dans un esprit de responsabilité et de consensus », a-t-elle déclaré. Le PAM a d’ores et déjà salué cette nomination, y voyant un « signal fort » pour la construction d’une majorité gouvernementale.

Cette phase de consultations s’annonce délicate, dans un paysage politique marqué par une fragmentation des voix. Le PAM devra composer avec le RNI, mais aussi avec d’autres formations comme le Parti de l’Istiqlal (PI) ou le Parti du Progrès et du Socialisme (PPS), pour dégager une majorité capable de porter les réformes économiques et sociales attendues. Parmi les priorités figurent la relance de l’investissement, la réduction des inégalités et la consolidation des équilibres macroéconomiques.


Migrations : entre retours volontaires et tensions persistantes

À Sebta, la situation des migrants reste précaire, malgré les opérations de démantèlement des campements de fortune menées ces dernières semaines. Des dizaines de personnes ont choisi de retourner volontairement au Maroc ce mardi, sous l’effet conjugué des premières pluies et des conditions de vie difficiles sur place. Selon des médias ibériques, ces retours, présentés comme « volontaires », interviennent après des semaines de tensions et de négociations entre les autorités marocaines et espagnoles.

Ce mouvement s’inscrit dans un contexte plus large de gestion des flux migratoires, alors que le Maroc reste un pays de transit et de destination pour des milliers de migrants subsahariens. Les défis humanitaires persistent, avec des campements précaires et des conditions sanitaires dégradées, notamment dans les zones frontalières. Les autorités marocaines, en coordination avec leurs partenaires européens, tentent de trouver un équilibre entre contrôle des frontières et respect des droits des migrants.

Cette question migratoire s’ajoute aux enjeux économiques et politiques du pays, alors que le Maroc cherche à renforcer sa position comme acteur clé dans la stabilisation de la région. La réélection unanime du Maroc à la présidence du Groupe des Ambassadeurs Francophones (GAF) à Genève, pour la période 2026-2027, témoigne de cette volonté de jouer un rôle diplomatique actif, y compris sur les questions liées à la migration et à la protection des réfugiés.


Ce qu’il faut retenir

Le Maroc aborde les prochaines semaines avec des atouts économiques, comme la reprise du tourisme, mais aussi des défis majeurs. La formation du gouvernement, sous la houlette de Fatima Zahra El Mansouri, sera scrutée de près, tant sur le plan politique qu’économique. Parallèlement, les tensions migratoires à Sebta rappellent l’urgence d’une approche coordonnée, à l’échelle régionale, pour répondre aux enjeux humanitaires et sécuritaires.

Sur le front international, la réélection du Maroc à la tête du GAF de Genève confirme son influence diplomatique, dans un contexte marqué par des crises multiples, de la réduction de l’aide humanitaire aux réfugiés aux tensions géopolitiques en Afrique et au Moyen-Orient. Ces dynamiques, internes et externes, dessineront les contours des priorités du pays pour les mois à venir.