Maroc : stockage solaire, phosphate stratégique et TikTok, les innovations qui transforment
Le Maroc accélère sa transition énergétique avec un système de batteries à Benguerir, renforce son rôle dans les phosphates et voit TikTok progresser face à WhatsApp.
Le Maroc mise sur le stockage solaire à grande échelle
Le groupe OCP a franchi une étape majeure dans la transition énergétique du pays avec la mise en service d’un système de stockage par batteries lithium-fer-phosphate (LFP) à Benguerir. D’une capacité de 25 MW et 125 MWh, cette installation permet de stocker jusqu’à cinq heures d’électricité produite par des panneaux solaires, une première à cette échelle au Maroc. Selon Hespress, ce dispositif vise à optimiser l’alimentation des sites industriels du groupe en restituant l’énergie aux heures de pointe, réduisant ainsi la dépendance aux réseaux traditionnels.
Ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large de décarbonation de l’industrie phosphatière, l’un des secteurs les plus énergivores du pays. OCP Green Energy, la filiale dédiée aux énergies renouvelables du groupe, confirme que cette technologie permettra de stabiliser l’approvisionnement électrique tout en limitant les émissions de CO₂. Une avancée qui pourrait servir de modèle pour d’autres industries lourdes, alors que le Maroc s’est engagé à porter la part des énergies renouvelables à 52 % de son mix énergétique d’ici 2030.
Le phosphate marocain, un enjeu géopolitique mondial
Dans un contexte de tensions sur les chaînes d’approvisionnement en engrais, le Maroc émerge comme un acteur clé pour les pays occidentaux. Une analyse du Washington Institute for Near East Policy souligne le rôle stratégique du Royaume, qui détient près de 70 % des réserves mondiales de phosphate. Le think tank américain met en garde contre la dépendance aux exportations chinoises, Pékin ayant imposé des restrictions sur ses ventes de phosphate en 2025, perturbant les marchés agricoles.
Le document du Washington Institute présente le Maroc comme une alternative crédible pour diversifier les sources d’approvisionnement, grâce à ses capacités de production et à ses infrastructures portuaires modernes. Le pays, qui exporte déjà une grande partie de sa production vers l’Europe et l’Amérique du Nord, pourrait renforcer sa position en développant des partenariats stratégiques avec les États-Unis et l’Union européenne. Une opportunité pour Rabat de consolider son influence géoéconomique, alors que la demande mondiale en engrais devrait continuer à croître avec l’augmentation de la population.
TikTok progresse, mais WhatsApp reste incontournable
Les habitudes numériques des Marocains évoluent rapidement, comme le révèle la septième édition du Baromètre des réseaux sociaux publié par Sunergia. Si WhatsApp conserve sa position dominante avec 83 % d’utilisateurs en 2026 (contre 75 % en 2025), TikTok et Snapchat gagnent du terrain, notamment auprès des jeunes. TikTok, en particulier, voit son taux d’utilisation bondir de 12 points en un an, passant de 45 % à 57 %, tandis que Snapchat atteint 42 % (+8 points).
Cette progression s’explique par l’attrait croissant pour les formats courts et visuels, qui répondent à une demande de contenus plus dynamiques et interactifs. Facebook, en revanche, maintient sa deuxième place (68 %), mais son audience stagne, signe d’un vieillissement de sa base d’utilisateurs. Pour les entreprises et les institutions, ces tendances imposent une adaptation des stratégies de communication, avec un accent accru sur les plateformes émergentes, sans pour autant négliger WhatsApp, devenu un outil incontournable pour les échanges quotidiens.
Ce qu’il faut retenir
Le Maroc confirme sa place de leader régional en matière d’innovation énergétique et industrielle. Le système de stockage solaire d’OCP à Benguerir marque une avancée concrète vers une économie moins dépendante des énergies fossiles, tandis que le phosphate s’affirme comme un levier géopolitique majeur. Sur le plan numérique, l’évolution des usages sociaux reflète une société en mutation, où les jeunes générations bousculent les codes traditionnels. Ces dynamiques, à la fois technologiques et économiques, dessinent les contours d’un pays en pleine transformation, capable de tirer parti de ses atouts pour s’imposer sur la scène internationale.