Coupe du monde U17 féminine et Botola : le sport marocain face à ses contrastes

Le Maroc s’incline en Coupe du monde U17 féminine mais montre des progrès. En Botola, Raja et AS FAR brillent en Afrique tandis que le championnat local reste tendu.

Coupe du monde U17 féminine et Botola : le sport marocain face à ses contrastes
Photo de Emerson Vieira sur Unsplash

Le Maroc U17 féminin échoue, mais construit l’avenir

La défaite des Lioncelles de l’Atlas face à l’Argentine (1-5), vendredi soir à Rabat, marque la fin de leur parcours en Coupe du monde féminine U17. Malgré une victoire initiale contre la Nouvelle-Zélande (4-0), les Marocaines n’ont pas réussi à se qualifier pour les huitièmes de finale. Une déception pour une équipe qui jouait à domicile, mais aussi le signe d’un football féminin en progression.

Younes Rabii, l’entraîneur de la sélection, a assumé la responsabilité de cet échec. Dans des déclarations rapportées par Hespress, il a reconnu que les erreurs commises étaient prévisibles, malgré une préparation minutieuse. "Nous avions analysé l’Argentine et anticipé ses forces, mais certaines faiblesses individuelles ont coûté cher", a-t-il expliqué. Pourtant, il a souligné les avancées réalisées : "Cette compétition a révélé des talents et une génération prometteuse. Le travail continue."

Le tournoi, organisé au Maroc, a offert une visibilité inédite au football féminin local. Si les résultats ne sont pas encore à la hauteur des ambitions, la participation à une Coupe du monde reste un jalon important. Les infrastructures, l’engouement du public et la médiatisation de l’événement pourraient accélérer le développement de la discipline, comme ce fut le cas pour le football masculin après l’épopée des Lions de l’Atlas en 2022.


Botola Pro : Raja et AS FAR brillent, le championnat reste tendu

Le football marocain a connu un week-end contrasté en Botola Pro. D’un côté, le Raja Casablanca et l’AS FAR ont validé leur qualification pour les phases de groupes des compétitions africaines. De l’autre, le championnat local reste marqué par des tensions et des enjeux de relégation.

Le Raja a confirmé sa domination en Coupe de la Confédération africaine en s’imposant 2-0 face à El Kanemi Warriors (Nigeria), après un match nul 2-2 à l’aller. Les buts d’Aymen Barkok (89e) et de Marian Fernando Huja (temps additionnel) ont scellé la qualification des Verts, qui affichent une solidité retrouvée après des mois de turbulence. L’AS FAR, quant à elle, accueillera dimanche les Ivoiriens de Korhogo pour tenter de rejoindre les phases de groupes.

En Botola, la 5e journée s’annonce décisive. Le COD Meknès, deuxième au classement, affrontera l’Amal Tiznit, tandis que le Wydad Casablanca, en difficulté, recevra l’Union Touarga. En bas de tableau, le Moghreb Tétouan et le Wydad Témara se disputeront une victoire cruciale pour éviter la relégation. Ces rencontres illustrent les disparités d’un championnat où les clubs historiques peinent à maintenir leur niveau, tandis que des équipes comme la Renaissance Zemamra ou l’Union Touarga profitent d’une dynamique positive.


Casablanca Marathon : un événement qui monte en puissance

À deux jours du départ, le Crédit du Maroc Casablanca Marathon 2026 promet d’être un rendez-vous majeur. Pour sa 17e édition, l’épreuve a obtenu la reconnaissance de World Athletics, une première pour un marathon marocain. Le plateau élite est renforcé, avec la présence de plusieurs athlètes nationaux et internationaux, dont des coureurs kényans et éthiopiens.

Parmi les nouveautés, une application mobile permettra aux participants de suivre leur performance en temps réel, tandis qu’une initiative solidaire vise à rendre la course plus inclusive. Les organisateurs ont également mis l’accent sur la sécurité et la logistique, après les critiques récurrentes sur l’organisation des grands événements sportifs au Maroc.

Cette édition s’inscrit dans une dynamique plus large : le Maroc cherche à se positionner comme une destination majeure pour les sports d’endurance. Après l’organisation réussie de la Coupe du monde féminine U17, le marathon de Casablanca pourrait devenir un autre symbole de cette ambition.


Dopage : une championne olympique suspendue

L’athlétisme mondial a été secoué par l’annonce de la suspension provisoire de Peres Jepchirchir, championne olympique du marathon à Tokyo en 2021 et championne du monde en 2025. La Kényane a été contrôlée positive à l’EPO lors du marathon de Sydney, fin août. Une nouvelle qui rappelle les défis persistants du dopage dans les sports d’endurance, malgré les efforts des instances internationales.

Si cette affaire ne concerne pas directement le Maroc, elle intervient dans un contexte où le pays tente de se doter d’une politique antidopage plus stricte. La Fédération royale marocaine d’athlétisme a récemment renforcé ses contrôles, notamment pour les jeunes athlètes, afin d’éviter les dérives observées ailleurs.


Ce qu’il faut retenir

Le sport marocain traverse une période de contrastes. D’un côté, les échecs en Coupe du monde U17 féminine ou les difficultés de certains clubs en Botola rappellent que la route vers l’excellence est longue. De l’autre, les qualifications du Raja et de l’AS FAR en compétitions africaines, ou l’essor du Casablanca Marathon, montrent que le pays progresse.

La clé réside peut-être dans la capacité à capitaliser sur ces succès pour construire une base plus solide. Le football féminin, en particulier, a besoin d’investissements et de structures pour rivaliser avec les meilleures nations. Quant au championnat local, il devra résoudre ses déséquilibres pour éviter de perdre son public.

Une chose est sûre : le sport marocain reste un miroir des ambitions du pays. Et si les résultats ne sont pas toujours au rendez-vous, les progrès, eux, sont bien réels.