Maroc : entre soft power, épidémie et désordre urbain, les défis de l'été

Le Maroc mise sur son héritage sportif pour renforcer son influence, tandis qu'Ebola s'accélère en RDC et que Marrakech étouffe sous les déchets et l'anarchie commerciale.

Maroc : entre soft power, épidémie et désordre urbain, les défis de l'été
Photo de Philip Strong sur Unsplash

Le Mondial 2030, tremplin pour un soft power marocain élargi

Le Maroc ne compte pas laisser filer l’opportunité offerte par la coorganisation de la Coupe du monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal. Une étude du Centre africain des études stratégiques et de la digitalisation (CAESD), relayée par Hespress, souligne que l’héritage de cet événement ne se limitera pas au sport. Pour transformer cette visibilité internationale en levier durable, le Royaume devra articuler culture, recherche, innovation et diplomatie.

L’Académie Mohammed VI des sciences et technologies est citée en exemple. Son modèle, alliant mathématiques, intelligence artificielle et industrie, pourrait être dupliqué pour ancrer l’influence marocaine au-delà des terrains de football. Une approche qui rejoint les ambitions affichées par le pays en matière de transition énergétique et de souveraineté technologique, déjà illustrées par les projets d’hydrogène vert et de chirurgie robotique.

Reste à savoir si cette stratégie saura dépasser les fractures territoriales et sociales, régulièrement pointées du doigt dans les rapports récents. Le Mondial 2026, avec les performances des Lions de l’Atlas, a montré que le sport pouvait fédérer. Celui de 2030 devra prouver qu’il peut aussi structurer.


Ebola en RDC : une épidémie qui devance les moyens de contrôle

L’Africa CDC tire la sonnette d’alarme. L’épidémie d’Ebola déclarée le 15 mai en République démocratique du Congo (RDC) se propage plus rapidement que toutes les précédentes, selon le Dr Wessam Mankoula, responsable des situations d’urgence au sein de l’agence. Avec 1 759 cas confirmés et 600 décès enregistrés à ce jour, le virus « devance la réponse », a-t-il déclaré lors d’un point de presse en ligne.

Cette accélération inquiète d’autant plus que les moyens de contrôle peinent à suivre. Les épidémies passées, même celles causées par des souches moins virulentes comme le virus Bundibugyo, n’avaient pas connu une telle rapidité de propagation. Pour le Maroc, cette crise sanitaire rappelle les vulnérabilités régionales, alors que le pays renforce ses capacités médicales, notamment via la chirurgie robotique à Casablanca.

L’Union africaine, dont dépend l’Africa CDC, pourrait solliciter une mobilisation accrue des partenaires internationaux. Une question se pose : dans un contexte de tensions géopolitiques et de priorités sanitaires concurrentes, les ressources nécessaires seront-elles au rendez-vous ?


Marrakech étouffe sous le désordre urbain

À Marrakech, deux fronts illustrent l’urgence d’une régulation plus stricte. D’abord, dans le quartier de M’brouka, une entreprise de construction a coupé un axe routier vital reliant les lotissements d’Abouab Jliz et Al-Tawhid, provoquant un chaos circulatoire. Les riverains, privés d’accès direct, dénoncent une occupation illégale de l’espace public, sans respect des normes de sécurité. Les autorités locales, interrogées par Kich24, n’ont pas encore réagi.

Parallèlement, dans le quartier des Ahbas, les échoppes de restauration rapide transforment les trottoirs en parkings improvisés et les abords en décharges. Les clients des delivery bloquent les rues, tandis que les déchets s’accumulent, posant un double problème de salubrité et de sécurité routière. Les habitants réclament des mesures urgentes, mais les solutions tardent.

Ces dysfonctionnements ne sont pas isolés. Ils reflètent une tendance plus large : l’expansion urbaine anarchique, où les intérêts commerciaux priment souvent sur l’intérêt général. À l’approche de la haute saison touristique, la pression sur les infrastructures locales ne fera que s’accentuer.


Coopératives : un partenariat pour briser le mur du financement

L’Office du Développement de la Coopération (ODCO) et JAIDA, société de financement dédiée à l’économie sociale et solidaire, ont signé un accord pour faciliter l’accès des coopératives marocaines aux crédits. Un dispositif structuré, combinant expertise technique et inclusion financière, vise à soutenir un secteur clé pour l’emploi local et la résilience économique.

Les coopératives, souvent confrontées à des refus bancaires, pourront désormais bénéficier de solutions adaptées à leurs besoins. Ce partenariat s’inscrit dans une dynamique plus large, où l’État et les acteurs privés tentent de réduire les fractures territoriales. Reste à voir si ces mesures suffiront à inverser la tendance, alors que les jeunes diplômés continuent de quitter les zones rurales pour les grandes villes.


Ce qu’il faut retenir

  1. Soft power : Le Maroc mise sur la Coupe du monde 2030 pour ancrer son influence au-delà du sport, en s’appuyant sur des modèles comme celui de l’Académie Mohammed VI.
  2. Santé : L’épidémie d’Ebola en RDC s’étend à un rythme inédit, mettant à l’épreuve les capacités de réponse de l’Africa CDC et des partenaires internationaux.
  3. Urbanisme : Marrakech paie le prix d’une régulation défaillante, entre occupations illégales de l’espace public et gestion chaotique des déchets.
  4. Économie sociale : Un nouveau partenariat entre l’ODCO et JAIDA pourrait redonner un souffle aux coopératives, à condition de surmonter les obstacles structurels.