Maroc : santé, négociation gouvernementale et records sportifs, les signaux économiques du 4 octobre
Le Maroc aborde une semaine clé avec des négociations gouvernementales tendues, une inquiétude persistante sur l’accès aux soins et un record d’apnée qui illustre son dynamisme sportif et scientifique.
Santé : l’accès aux soins, une préoccupation majeure pour 73 % des Marocains
Une enquête Afrobarometer révèle que 73 % des Marocains s’inquiètent de leur capacité à assumer le coût des soins en cas de maladie. Ce chiffre, publié samedi, place la question de l’accès aux soins au cœur des priorités sociales du pays, alors que les négociations pour la formation du gouvernement entrent dans une phase décisive.
Seulement 48 % des personnes interrogées se disent favorables à une augmentation des impôts en échange d’une couverture santé universelle. Ce résultat souligne une défiance envers les mécanismes de financement public, dans un contexte où les dépenses de santé pèsent déjà lourdement sur les ménages. Les résultats de l’enquête, intitulée « Payer pour les soins de santé pour tous : l’acceptation du financement à travers l’Afrique », montrent que le Maroc se situe dans la moyenne africaine en matière d’acceptation fiscale, mais avec des disparités régionales marquées.
Pour les analystes, cette réticence reflète une méfiance plus large envers les institutions, aggravée par des années de reports dans la mise en œuvre de réformes structurelles. « Les citoyens ne refusent pas l’idée d’un système universel, mais ils doutent de son efficacité et de sa transparence », explique un économiste de l’Université Mohammed V. La question sera sans doute un enjeu central des discussions gouvernementales, alors que le Parti de l’Istiqlal et le Mouvement populaire ont tous deux souligné, ce week-end, leur volonté de placer les préoccupations sociales au cœur de leur action.
Formation du gouvernement : les négociations entrent dans le vif
Les tractations pour la formation du prochain gouvernement marocain ont pris un tour plus concret ce week-end, avec des mandats clairs accordés aux principaux partis politiques. Le Parti de l’Istiqlal a approuvé à l’unanimité sa participation au gouvernement, tout en confiant à son secrétaire général, Nizar Baraka, le soin de négocier les détails avec le Parti authenticité et modernité (PAM), dirigé par Fatima Zahra Mansouri, cheffe du gouvernement désignée.
De son côté, l’Union constitutionnelle (UC) a mandaté son secrétaire général, Mohamed Joudar, pour mener les discussions, avec pour objectif de « préserver la place du parti et servir l’intérêt supérieur de la Nation ». Le Mouvement populaire (MP), quant à lui, a chargé Mohamed Ouzzine de négocier en son nom, insistant sur la nécessité de « jouer un rôle influent au sein des institutions ».
Ces déclarations interviennent après des semaines de consultations informelles, marquées par des divergences sur la répartition des portefeuilles et les priorités économiques. « Le vrai travail commence maintenant », résume un observateur politique, qui souligne que les sujets sensibles – comme la réforme de la santé, la fiscalité ou la transition énergétique – pourraient faire dérailler les discussions. « Les partis ont des visions différentes sur le rôle de l’État, et ces clivages pourraient resurgir dans les prochains jours ».
Si les négociations aboutissent, le nouveau gouvernement devra rapidement se pencher sur des dossiers urgents, comme la relance de l’investissement public, la gestion des liquidités bancaires ou encore la préparation du budget 2027. « L’enjeu n’est pas seulement politique, mais aussi économique : les marchés attendent des signaux clairs sur la stabilité et la continuité », note un analyste financier.
Oulfa Chellaï : un record d’apnée qui illustre l’excellence marocaine
L’apnéiste marocaine Oulfa Chellaï a établi un nouveau record national féminin en atteignant 71 mètres de profondeur en poids constant bipalmes (CWTB) lors des Championnats du monde d’apnée 2026, organisés à Limassol (Chypre). Cette performance, validée samedi, marque une progression spectaculaire pour la sportive, qui avait déjà amélioré son précédent record (61 mètres) en août dernier.
Originaire de Marrakech, Oulfa Chellaï est également physicienne au Swiss Plasma Center de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), où elle travaille sur la physique des plasmas et le tokamak TCV. Son parcours, à la croisée du sport de haut niveau et de la recherche scientifique, en fait une figure emblématique de l’excellence marocaine.
« Ce record est le fruit d’un travail acharné, mais aussi d’un écosystème qui permet à des athlètes comme moi de concilier passion et carrière professionnelle », a-t-elle déclaré après sa performance. Son exploit intervient dans un contexte où le Maroc cherche à développer ses filières sportives et scientifiques, avec des investissements croissants dans les infrastructures et la formation.
Pour les observateurs, ce record est aussi un symbole des progrès réalisés par le pays dans des disciplines où il était jusqu’ici peu représenté. « Le Maroc montre qu’il peut briller sur des scènes internationales exigeantes, que ce soit en apnée, en football ou en recherche fondamentale », souligne un responsable du Comité olympique marocain.
Ce qu’il faut retenir
- Santé publique : L’accès aux soins reste une préoccupation majeure pour les Marocains, avec 73 % d’entre eux inquiets des coûts. La question du financement d’un système universel sera un enjeu clé des discussions gouvernementales.
- Négociations politiques : Les partis ont désormais des mandats clairs pour négocier, mais les sujets sensibles (fiscalité, santé, énergie) pourraient compliquer la formation du gouvernement.
- Excellence sportive : Le record d’Oulfa Chellaï en apnée illustre le dynamisme du Maroc dans des disciplines de haut niveau, tout en soulignant les progrès réalisés en matière d’infrastructures et de formation.
Alors que le pays entre dans une phase décisive de son calendrier politique et économique, ces trois sujets dessinent les contours des défis à venir : concilier stabilité institutionnelle, justice sociale et performance internationale.