Maroc : mort d'un ressortissant, Bourse en baisse et innovations aéroportuaires

Le décès d'Abderrahim Fqir en Italie relance le débat sur les interventions policières, tandis que la Bourse de Casablanca clôture en baisse et qu'Airports of Morocco modernise l'embarquement.

Maroc : mort d'un ressortissant, Bourse en baisse et innovations aéroportuaires
Photo de Philip Strong sur Unsplash

Mort d'Abderrahim Fqir : l'Italie face à ses démons policiers

La mort d'Abderrahim Fqir, un ressortissant marocain de 28 ans, lors d'une intervention policière à Bologne le 19 juillet, continue de secouer l'Italie. Les circonstances exactes du drame restent floues, mais l'affaire a déjà déclenché une vague de manifestations et ravivé les tensions autour des méthodes des forces de l'ordre dans le pays.

Selon les premiers éléments de l'enquête judiciaire, relayés par Hespress, le jeune homme aurait succombé à un arrêt cardiaque lors de son interpellation. Les images diffusées sur les réseaux sociaux, montrant des policiers le maîtrisant au sol, ont immédiatement suscité l'indignation. Plusieurs rassemblements ont eu lieu à Bologne et dans d'autres villes italiennes, certains dégénérant en affrontements avec les forces de l'ordre.

Le Syndicat italien unifié des travailleurs de la police (SIULP) a réagi en se constituant partie civile dans la procédure pénale ouverte après les violences post-manifestations. Dans un communiqué, l'organisation a défendu les agents impliqués, tout en condamnant les "actes de vandalisme" ayant suivi le décès. "Les policiers ont agi dans le cadre de leurs fonctions, mais cela ne doit pas occulter la gravité de ce qui s'est passé", a-t-elle déclaré, sans pour autant remettre en cause la version officielle de l'intervention.

Cette affaire intervient dans un contexte déjà tendu en Italie, où plusieurs cas de violences policières ont été documentés ces dernières années. En 2020, la mort de George Floyd aux États-Unis avait déjà provoqué des manifestations massives dans le pays, relançant le débat sur le racisme systémique au sein des institutions. Cette fois, c'est la communauté marocaine et maghrébine qui s'est mobilisée, avec des appels à une enquête transparente et indépendante.

À Rabat, le ministère des Affaires étrangères a indiqué suivre de près l'évolution de la situation, sans pour l'instant formuler de réaction officielle. Les associations de défense des droits des Marocains résidant à l'étranger ont, elles, multiplié les communiqués pour exiger "la vérité et la justice".

La Bourse de Casablanca dans le rouge : un signal à décrypter

La Bourse de Casablanca a terminé la séance de jeudi sur une note négative, avec un indice MASI en baisse de 0,29 %, à 17 667,1 points. Si cette baisse reste modérée, elle s'inscrit dans une tendance plus large observée depuis plusieurs semaines, marquée par une volatilité accrue des marchés financiers marocains.

Les secteurs les plus touchés ont été ceux de la sylviculture et du papier (-1,92 %), ainsi que des sociétés de financement (-1,32 %). À l'inverse, les petites et moyennes entreprises cotées ont limité les pertes, avec un indice MASI Mid and Small Cap en légère hausse de 0,04 %. Cette résilience relative des PME pourrait refléter une certaine confiance des investisseurs dans la capacité de ces entreprises à naviguer dans un environnement économique incertain.

Plusieurs facteurs expliquent cette morosité. D'abord, le contexte géopolitique régional, avec la recrudescence des tensions en mer Rouge, où les rebelles houthis ont revendiqué des attaques contre des pétroliers saoudiens. Ces incidents ont fait bondir le prix du baril de Brent au-dessus des 100 dollars, une première depuis mai, ce qui pourrait peser sur les coûts énergétiques des entreprises marocaines.

Ensuite, les incertitudes liées à la conjoncture économique mondiale, notamment les craintes d'un ralentissement en Europe, principal partenaire commercial du Maroc. Les investisseurs semblent adopter une posture attentiste, en attendant des signaux plus clairs de la part des banques centrales et des gouvernements.

Enfin, des facteurs internes jouent un rôle. La Bourse de Casablanca reste marquée par une liquidité limitée, avec un nombre restreint d'entreprises cotées et une participation encore timide des investisseurs institutionnels. Les réformes structurelles promises par les autorités, comme l'élargissement de la base des investisseurs ou l'introduction de nouveaux instruments financiers, tardent à se concrétiser.

Pour les analystes, cette baisse n'est pas alarmiste en soi, mais elle invite à la vigilance. "Le marché marocain reste sensible aux chocs externes, et la hausse des prix de l'énergie pourrait avoir un impact sur les marges des entreprises", explique un économiste basé à Casablanca. "Cependant, le Maroc dispose d'atouts, comme sa stabilité politique et ses réformes économiques en cours, qui pourraient soutenir la confiance à moyen terme."

Airports of Morocco : l'embarquement mobile, une révolution discrète

Dans un secteur aérien en pleine mutation, le Maroc franchit une nouvelle étape avec l'introduction du Pax Check, une carte d'embarquement 100 % mobile, par Airports of Morocco. Annoncée jeudi, cette innovation permet aux passagers de se présenter en salle d'embarquement sans aucun document papier, leur smartphone faisant office de titre de transport.

"Le Pax Check s'inscrit dans une logique d'accompagnement des nouveaux usages", explique un responsable d'Airports of Morocco. "Aujourd'hui, la majorité des voyageurs effectuent leurs réservations, leur enregistrement et consultent les informations de vol en ligne. Nous prolongeons cette expérience jusqu'à l'aéroport, en intégrant la carte d'embarquement dans un parcours entièrement dématérialisé."

Concrètement, les passagers reçoivent leur carte d'embarquement directement sur leur téléphone, via l'application de leur compagnie aérienne ou un lien envoyé par SMS. À leur arrivée à l'aéroport, ils n'ont plus qu'à présenter un code QR unique pour accéder à la zone d'embarquement, après un contrôle d'identité classique. Ce système, déjà testé dans plusieurs aéroports européens et asiatiques, vise à fluidifier les files d'attente et à réduire les risques de perte ou de vol de documents.

Pour le Maroc, cette innovation s'inscrit dans une stratégie plus large de modernisation des infrastructures aéroportuaires. Le pays, qui ambitionne de devenir une plateforme majeure pour le transport aérien en Afrique, multiplie les investissements dans ce secteur. En 2025, le nouvel aéroport de Tanger avait déjà marqué les esprits avec ses technologies de pointe, tandis que celui de Marrakech s'était doté d'un système de reconnaissance faciale pour les contrôles de sécurité.

Cependant, cette transition vers le tout-numérique soulève des questions. D'abord, celle de l'inclusion : tous les voyageurs, notamment les plus âgés ou ceux issus de milieux défavorisés, n'ont pas forcément accès à un smartphone ou maîtrisent les outils digitaux. Airports of Morocco assure avoir prévu des solutions alternatives, comme des bornes d'assistance ou des guichets dédiés, pour éviter toute exclusion.

Ensuite, la cybersécurité. Les cartes d'embarquement numériques, comme tout document dématérialisé, peuvent être la cible de piratages ou de fraudes. Les autorités marocaines affirment avoir renforcé les protocoles de sécurité, en collaboration avec des experts internationaux, pour garantir l'intégrité des données.

Enfin, cette innovation pose la question de la protection des données personnelles. Les informations contenues dans les cartes d'embarquement (identité, itinéraire, numéro de vol) sont sensibles, et leur stockage sur des serveurs externes doit respecter les normes les plus strictes en matière de confidentialité. "Nous travaillons en étroite collaboration avec la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP) pour nous assurer que toutes les garanties sont en place", précise Airports of Morocco.

Avec le Pax Check, le Maroc confirme sa volonté de se positionner comme un acteur innovant dans le transport aérien. Une avancée qui, si elle est bien maîtrisée, pourrait servir de modèle à d'autres pays africains en quête de modernisation.