Maroc : pétrole à 100 dollars, sécurité publique et Ligue des champions africaine
Pétrole à 100 dollars, classement mondial en sécurité publique et Ligue des champions africaine : les enjeux économiques, géopolitiques et sportifs du Maroc ce 14 septembre.
Le Maroc aborde cette semaine sous des auspices contrastés, où les tensions géopolitiques côtoient des succès diplomatiques et sportifs. Entre la flambée des prix du pétrole, une reconnaissance internationale en matière de sécurité et l’engagement des clubs marocains sur la scène continentale, le pays navigue entre défis structurels et opportunités à saisir.
Pétrole à 100 dollars : un choc économique en perspective
Les cours du pétrole ont franchi la barre symbolique des 100 dollars le baril ce lundi, une première depuis juillet, sous l’effet des tensions au Moyen-Orient. La fermeture d’un oléoduc stratégique en Arabie saoudite et les attaques répétées dans le détroit d’Ormuz, voie maritime cruciale pour le transport d’hydrocarbures, ont propulsé le Brent à 107,54 dollars et le WTI à 102,34 dollars. Pour le Maroc, dont la facture énergétique pèse lourdement sur la balance commerciale, cette hausse représente un risque inflationniste supplémentaire, alors que le dirham reste sous pression et que les prix des denrées de base, comme le bétail, sont déjà en hausse.
La dépendance du Royaume aux importations d’énergie – près de 90 % de ses besoins – en fait un pays particulièrement vulnérable aux soubresauts des marchés internationaux. Si la tendance se confirme, les autorités pourraient être contraintes de puiser dans les réserves stratégiques ou d’ajuster les subventions aux carburants, un sujet politiquement sensible à l’approche des élections législatives. Les économistes s’interrogent déjà sur l’impact de cette flambée sur la croissance, alors que le secteur industriel, en reprise depuis plusieurs mois, pourrait voir ses coûts de production augmenter.
Le Maroc, seul pays africain parmi les 20 meilleurs en sécurité publique
Dans un contexte régional marqué par les instabilités, le Maroc confirme sa position de leader continental en matière de sécurité. Le Global Public Security Index Report 2025-2026, présenté lors du Forum mondial de la coopération en sécurité publique en Chine, classe le Royaume à la 20ᵉ place mondiale, avec un score de 76,15 points. Il s’agit du seul pays africain à figurer dans ce palmarès, qui évalue 62 États sur quatre critères : l’ordre public, la lutte contre le terrorisme, la cybersécurité et la sécurité routière.
Le Maroc obtient ses meilleurs résultats dans la lutte contre le terrorisme, un domaine où les efforts des services de sécurité, notamment la DGST, ont été salués à l’international. En cybersécurité, le pays progresse, mais reste confronté à des défis, comme l’a rappelé la récente cyberattaque attribuée à des acteurs algériens. Enfin, la sécurité routière, bien qu’en amélioration, continue de peser sur le bilan global, avec un taux d’accidents mortels encore élevé.
Cette reconnaissance intervient alors que le Maroc renforce sa coopération sécuritaire avec des partenaires africains et européens, notamment dans le cadre de la lutte contre le crime organisé et le trafic de migrants. Elle pourrait aussi jouer en faveur du Royaume dans ses négociations pour l’accueil d’événements internationaux, comme la Coupe du Monde 2030, coorganisée avec l’Espagne et le Portugal.
Ligue des champions africaine : le Maghreb de Fès et le Raja en ordre de marche
Le football marocain écrit une nouvelle page de son histoire continentale avec la qualification de deux clubs pour les tours décisifs des compétitions africaines. Le Maghreb de Fès affrontera l’ASEC Mimosas de Côte d’Ivoire en barrage de la Ligue des champions, tandis que le Raja Casablanca se mesurera à El Kanemi Warriors du Nigeria en Coupe de la Confédération.
Pour le Maghreb de Fès, cette confrontation représente une opportunité de renouer avec les phases de groupes, après des années de disette en Coupe d’Afrique. Les Fassis, qui avaient décroché leur billet grâce à un match nul face à Rahimo (Burkina Faso), devront se montrer solides face à l’ASEC Mimosas, club historique du continent, vainqueur de la compétition en 1998. Le match aller se jouera entre le 16 et le 18 octobre, avant une manche retour programmée une semaine plus tard.
De son côté, le Raja, exempté du premier tour, entame son parcours avec l’ambition de retrouver les sommets du football africain. Son adversaire, El Kanemi Warriors, a éliminé Odiibo (Guinée-Bissau) sur le score cumulé de 3-1, mais reste un outsider face aux Verts, habitués aux joutes continentales. Pour les deux clubs marocains, ces rencontres sont aussi un test en vue de la CAN 2027, dont le Maroc est l’un des pays hôtes.
Météo et agriculture : des enjeux climatiques et géopolitiques
Alors que les prévisions météorologiques annoncent des températures élevées dans le Sud et des averses orageuses sur l’Atlas, le Maroc doit composer avec les aléas d’un climat de plus en plus imprévisible. Les fortes rafales de vent et les risques de grêle, attendus dans plusieurs provinces, rappellent la vulnérabilité du pays face aux phénomènes extrêmes, alors que les barrages affichent des niveaux satisfaisants après les pluies de l’hiver dernier.
Parallèlement, l’Arabie saoudite mise sur des solutions innovantes pour assurer son indépendance alimentaire, un modèle qui pourrait inspirer le Maroc. Selon The Christian Science Monitor, Riyad développe des serres hydroponiques pour réduire sa dépendance aux importations, une stratégie dictée par les tensions géopolitiques et la guerre au Yémen. Pour Rabat, qui cherche à moderniser son agriculture tout en préservant ses ressources hydriques, cette approche pourrait offrir des pistes, notamment dans les régions arides du Sud.
Élections et aide sociale : Akhannouch mobilise le RNI à Essaouira
À moins de deux semaines des législatives, le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a profité d’un meeting à Essaouira pour rappeler les réalisations du Rassemblement national des indépendants (RNI) en matière d’aide sociale. Plus de 70 000 familles de la province bénéficient du programme d’aide directe, un dispositif présenté comme un levier d’insertion professionnelle et d’amélioration des conditions de vie.
Akhannouch a également évoqué la possibilité pour les bénéficiaires de cumuler cette aide avec d’autres revenus, une mesure visant à encourager l’emploi tout en maintenant un filet de sécurité. Dans un contexte marqué par la hausse des prix et les tensions économiques, ce discours s’inscrit dans une stratégie de mobilisation électorale, alors que le RNI cherche à conserver sa position de premier parti au Parlement.
Cette campagne intervient aussi dans un climat de vigilance accrue, après les révélations sur les tentatives d’ingérence russe dans la présidentielle française de 2027. Si le Maroc n’est pas directement concerné par ces manœuvres, les autorités restent attentives aux risques de désinformation, notamment dans un contexte régional déjà tendu.
Cette journée résume les équilibres du Maroc : un pays résilient, capable de performances remarquables en sécurité et en sport, mais confronté à des défis économiques et climatiques qui appellent des réponses structurelles.