Maroc : pêche en déclin, théâtre universitaire et budget 2030 en une journée

Le Maroc fait face à un recul de 14% des débarquements de pêche à Al Hoceima, tandis que Tanger accueille le Festival international du théâtre universitaire et que Fouzi Lekjaa dévoile sa feuille de route budgétaire à l'horizon 2030.

Maroc : pêche en déclin, théâtre universitaire et budget 2030 en une journée
Photo de Bartosz Kwitkowski sur Unsplash

Le Maroc aborde ce dimanche 18 octobre 2026 une journée marquée par des signaux économiques contrastés, une effervescence culturelle à Tanger et la consolidation d’une nouvelle équipe gouvernementale. Entre le déclin persistant de la pêche côtière, les ambitions budgétaires fixées à l’horizon 2030 et la vitalité du théâtre universitaire, le pays navigue entre défis structurels et dynamiques de renouvellement.

La pêche côtière en recul : Al Hoceima enregistre une baisse de 14%

L’Office national des pêches (ONP) a publié vendredi des chiffres préoccupants pour le port d’Al Hoceima, où les débarquements de produits de la pêche côtière et artisanale ont chuté de 14% à fin septembre 2026, s’établissant à 1 655 tonnes. Cette baisse s’accompagne d’un recul plus marqué encore de la valeur marchande des captures, qui a diminué de 17% pour atteindre 90,64 millions de dirhams (MDH), contre 109,01 MDH sur la même période en 2025.

Les poissons pélagiques, particulièrement touchés, enregistrent une diminution de 23% en volume (243 tonnes) et de 17% en valeur (10,16 MDH). À l’inverse, les débarquements de poissons blancs ont progressé de 10% en quantité (266 tonnes) et de 18% en valeur (11,20 MDH), offrant un léger contrepoint à cette tendance baissière. Ces chiffres reflètent des difficultés persistantes pour le secteur, déjà fragilisé par les changements climatiques, la surpêche et les tensions régionales en Méditerranée.

Si Al Hoceima n’est qu’un port parmi d’autres, son cas illustre les défis auxquels est confrontée une filière essentielle pour l’économie locale et nationale. Avec plus de 700 000 personnes dépendant directement ou indirectement de la pêche au Maroc, selon les données du Haut-Commissariat au Plan, la question de la durabilité des ressources halieutiques devient un enjeu central pour les années à venir.

Tanger mise sur le théâtre universitaire pour dynamiser sa scène culturelle

Alors que les indicateurs économiques peinent à rassurer, Tanger se tourne vers la culture pour affirmer son rayonnement. La 19e édition du Festival international du théâtre universitaire de Tanger (FITUT) se tiendra du 26 au 30 octobre, avec pour ambition de « promouvoir la création théâtrale universitaire, favoriser les échanges artistiques et valoriser le théâtre comme espace d’expression et de dialogue interculturel », selon les organisateurs.

Cette manifestation, qui réunit des étudiants et des professionnels du monde entier, s’inscrit dans une stratégie plus large de développement culturel de la ville. Le jury de cette édition, composé de figures marocaines comme l’écrivain et metteur en scène El Meskini Sghir ou l’actrice Naïma Elias, reflète cette volonté de mettre en avant des talents locaux tout en s’ouvrant à des expériences internationales.

Dans un contexte où les budgets alloués à la culture restent souvent limités, le FITUT offre une plateforme unique pour les jeunes créateurs. Il intervient également à un moment où le Maroc cherche à renforcer son soft power, notamment à travers des événements comme le Festival international du film de Marrakech ou le Marrakech Comedy Festival, qui ont acquis une notoriété continentale.

Fouzi Lekjaa dévoile sa feuille de route budgétaire à l’horizon 2030

La passation de pouvoirs entre Nadia Fettah Alaoui et Fouzi Lekjaa, nommé ministre de l’Économie, des Finances et de la Performance publique, a été l’occasion pour ce dernier de fixer les grandes orientations de son mandat. Lors d’une cérémonie organisée samedi au siège du ministère, Lekjaa a insisté sur la nécessité de « relever les défis complexes » liés à ce portefeuille stratégique, tout en saluant le travail accompli par son prédécesseur.

Parmi les priorités évoquées, la feuille de route budgétaire à l’horizon 2030 occupe une place centrale. Si les détails concrets restent à préciser, cette échéance coïncide avec des engagements internationaux du Maroc, notamment en matière de transition énergétique et de développement des infrastructures. Le nouveau ministre a également souligné l’importance de « consolider les acquis » tout en préparant le pays à des chocs exogènes, qu’ils soient climatiques, géopolitiques ou économiques.

Cette nomination intervient dans un contexte marqué par des tensions inflationnistes persistantes et une croissance atone, selon les dernières projections de Bank Al-Maghrib. Les attentes sont donc fortes, d’autant que Lekjaa hérite d’un ministère clé pour la mise en œuvre des réformes structurelles promises par le gouvernement.

Ce qu’il faut retenir

Cette journée du 18 octobre 2026 résume à elle seule les équilibres fragiles du Maroc : un secteur économique traditionnel en difficulté, une jeunesse qui s’empare des espaces culturels pour innover, et une administration qui tente de tracer une voie pour les quatre prochaines années. Entre déclin sectoriel et espoirs de renouveau, le pays continue de chercher son rythme, entre héritage et modernité.