Maroc : obésité infantile, exode sportif et ambitions chinoises à l'OMS en une
L'OMS publie ses premières directives contre l'obésité infantile, le football marocain perd Jamal Sellami, et la Chine brigue la tête de l'organisation. Les enjeux sanitaires, sportifs et géopolitiques du 9 octobre 2026.
Le Maroc aborde ce vendredi 9 octobre 2026 une journée où les défis sanitaires, les mutations du sport national et les ambitions géopolitiques s’entremêlent. Entre une alerte mondiale sur l’obésité infantile, un nouvel épisode de l’exode des talents footballistiques et une candidature chinoise à la tête de l’OMS, les enjeux dépassent les frontières du royaume.
L’OMS cible l’obésité infantile : 170 millions de jeunes concernés
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié mercredi ses premières lignes directrices mondiales pour lutter contre l’obésité chez les enfants et les adolescents, un fléau qui touche désormais 170 millions de jeunes âgés de 5 à 19 ans. La prévalence de cette maladie a quadruplé depuis 1990, passant de 2 % à 8 % en 2024, selon l’organisation.
Les recommandations de l’OMS privilégient une approche multidimensionnelle : alimentation équilibrée, activité physique régulière et accompagnement comportemental. Les programmes proposés peuvent être individuels ou collectifs, et inclure des interventions numériques. Ces directives interviennent dans un contexte où les systèmes de santé, y compris au Maroc, sont confrontés à une hausse des cas de diabète et de maladies cardiovasculaires chez les jeunes.
Si l’OMS ne cible pas spécifiquement le Maroc, les données régionales suggèrent une tendance préoccupante. Une étude publiée en 2025 par le ministère de la Santé marocain révélait que près de 15 % des enfants scolarisés présentaient un surpoids ou une obésité, un chiffre en hausse constante depuis une décennie. Les experts locaux soulignent le rôle des habitudes alimentaires, marquées par une consommation accrue de produits ultra-transformés, et la sédentarité croissante chez les jeunes.
Jamal Sellami quitte le Maroc pour l’Arabie saoudite
Le football marocain subit un nouveau coup avec le départ de Jamal Sellami, recruté par le club saoudien Al-Fateh. L’entraîneur, dont le nom était régulièrement cité pour des postes au sein de la sélection nationale, rejoint ainsi la liste croissante des talents marocains attirés par les pétrodollars du Golfe.
Al-Fateh a officialisé jeudi la signature de Sellami, présenté comme un technicien expérimenté capable de relever les défis sportifs du club. Dans un communiqué, la direction du club a salué son "riche parcours" et son "expérience dans la gestion des équipes", sans préciser la durée ni les termes financiers du contrat. Sellami, qui a notamment dirigé des clubs marocains comme le Raja Casablanca et le FUS Rabat, avait également entraîné l’équipe nationale des moins de 23 ans.
Ce départ s’inscrit dans une tendance plus large : celle de l’exode des entraîneurs et joueurs marocains vers les championnats du Golfe, où les salaires et les infrastructures attirent de plus en plus de talents. En 2025, plusieurs figures du football marocain, comme Hakim Ziyech et Achraf Hakimi, avaient déjà rejoint l’Arabie saoudite ou les Émirats arabes unis. Pour la Fédération royale marocaine de football (FRMF), ce phénomène pose un défi majeur : comment conserver une élite technique capable de performer sur la scène internationale, notamment à l’approche de la Coupe du monde 2026 ?
La Chine brigue la direction de l’OMS
La Chine a annoncé jeudi sa candidature à la direction générale de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), avec la nomination de Song Li, haute responsable de la Commission nationale de la santé chinoise. Cette initiative intervient dans un contexte de tensions croissantes autour du multilatéralisme, Pékin présentant sa candidature comme un "soutien ferme" à l’institution onusienne.
Selon Mao Ning, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, la candidature de Song Li reflète la volonté de la Chine de "promouvoir une communauté de santé pour l’humanité". Elle s’inscrit également dans une stratégie plus large de Pékin pour renforcer son influence au sein des organisations internationales, alors que les États-Unis et leurs alliés accusent régulièrement la Chine de chercher à remodeler les normes mondiales à son avantage.
L’actuel directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, doit quitter ses fonctions en août 2027. Son mandat a été marqué par la gestion de la pandémie de Covid-19, qui a révélé les divisions géopolitiques au sein de l’organisation. Si la Chine parvient à placer son candidat à la tête de l’OMS, cela pourrait modifier les équilibres au sein de l’institution, notamment sur des dossiers sensibles comme la transparence des données sanitaires ou la coopération internationale en cas de crise.
Frelons asiatiques : une menace grandissante pour les apiculteurs marocains
Dans le nord du Maroc, les apiculteurs tirent la sonnette d’alarme face à la prolifération des frelons asiatiques et orientaux, deux espèces invasives qui déciment les colonies d’abeilles. Observés depuis 2023 dans la région de Tanger et depuis 2024 à Tétouan, ces prédateurs sont désormais présents en nombre croissant, menaçant la survie même des ruchers locaux.
"Si la prolifération se poursuit, nous risquons de ne plus avoir d’abeilles", a déclaré un apiculteur de Tétouan, dont les ruches subissent des attaques quotidiennes. Les frelons, qui chassent les abeilles pour nourrir leurs larves, affaiblissent les colonies et réduisent la production de miel. Les apiculteurs de la région, déjà confrontés aux effets du changement climatique et à la sécheresse, voient leurs revenus s’effondrer.
Les autorités marocaines n’ont pas encore mis en place de plan national de lutte contre ces espèces invasives, contrairement à des pays comme la France ou l’Espagne, où des campagnes d’éradication ont été lancées. Les experts appellent à une action coordonnée, combinant piégeage, surveillance et sensibilisation, pour éviter une catastrophe écologique et économique.
Cette journée illustre les défis multidimensionnels auxquels le Maroc est confronté : préserver sa jeunesse d’un fléau sanitaire mondial, retenir ses talents sportifs dans un marché de plus en plus concurrentiel, et naviguer dans un paysage géopolitique en pleine reconfiguration. Des enjeux qui, bien au-delà des frontières, dessinent les contours d’un monde en mutation.