Maroc : mobilité douce, football féminin et chaleur extrême, les défis du 5 août
Le Maroc accélère sa transition écologique avec des pistes cyclables à Marrakech, tandis que les Lionnes de l'Atlas préparent leur quart de finale contre l'Afrique du Sud. Météo extrême et enjeux sociaux complètent le tableau.
Marrakech mise sur le vélo pour désengorger la ville
La cité ocre s’apprête à lancer un réseau structurant de pistes cyclables, une première pour une ville marocaine de cette envergure. Quatorze axes ont été retenus pour relier les principaux pôles urbains, avec un budget de 350 000 dirhams dédié à la conception et aux études techniques. Ce projet, soutenu par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), s’inscrit dans le cadre du programme "Marrakech, ville durable".
Les pistes cyclables visent à offrir une alternative crédible à la voiture, tout en réduisant les émissions de CO₂ et en améliorant la qualité de l’air. Selon Le Desk, qui a révélé l’information, ces infrastructures devraient faciliter les déplacements quotidiens des habitants, tout en encourageant une mobilité plus respectueuse de l’environnement. La ville, déjà engagée dans une démarche de développement durable, espère ainsi renforcer son attractivité touristique et améliorer le cadre de vie de ses résidents.
Ce projet s’ajoute à d’autres initiatives récentes, comme l’extension des zones piétonnes et la promotion des transports en commun. Reste à voir comment les Marrakchis adopteront cette nouvelle offre de mobilité, dans une ville où la voiture reste reine.
Football féminin : le Maroc face à l’Afrique du Sud, un quart de finale sous haute tension
Les Lionnes de l’Atlas affronteront samedi les Bayanas Bayanas d’Afrique du Sud en quart de finale de la CAN féminine 2026. Une rencontre qui s’annonce serrée, après la victoire sud-africaine contre le Burkina Faso (1-0) mardi soir. Les Marocaines, invaincues en phase de groupes, devront confirmer leur statut de favorites à domicile.
Derrière les résultats sportifs, c’est toute une dynamique qui se joue pour le football féminin marocain. Comme le souligne Nadia Lamhaidi, professeure à l’Institut supérieur de l’information et de la communication (ISIC), cette CAN est l’occasion de transformer l’élan actuel en avancées durables. "La réussite des Lionnes ne doit pas rester un feu de paille. Elle doit servir de levier pour développer les clubs, améliorer la formation et offrir un accompagnement de qualité aux jeunes joueuses", explique-t-elle.
Le match contre l’Afrique du Sud, prévu au stade Moulay El Hassan de Rabat, sera un test grandeur nature pour les ambitions marocaines. Au-delà de la compétition, c’est aussi une vitrine pour le sport féminin, dans un pays où les inégalités de genre restent prégnantes.
Chaleur extrême et orages : le Maroc face aux caprices de l’été 2026
Les prévisions météorologiques pour ce mercredi 5 août confirment une situation contrastée sur le territoire. La Direction générale de la météorologie annonce des températures élevées dans le Souss, la vallée de la Moulouya, les plaines de Tadla et Rehamna, ainsi que dans les provinces sahariennes, où les minimales pourraient atteindre 28 à 32°C. À l’inverse, des averses orageuses, accompagnées de grêle, sont attendues sur les reliefs de l’Atlas, le sud de l’Oriental et le nord des provinces sahariennes.
Ces conditions météorologiques reflètent les défis croissants posés par le changement climatique. Entre vagues de chaleur persistantes et épisodes orageux violents, le Maroc doit composer avec des phénomènes de plus en plus imprévisibles. Les autorités appellent à la vigilance, notamment dans les zones à risque, où les orages pourraient provoquer des inondations locales ou des perturbations des activités agricoles.
Cette situation rappelle les incendies de forêt qui ont touché le pays ces dernières semaines, ainsi que les tensions autour de la gestion de l’eau. Dans un contexte de stress hydrique accru, les aléas climatiques ajoutent une pression supplémentaire sur les ressources et les populations.
Beni Ensar, une commune prise en étau entre Melilla et le développement
À quelques kilomètres de Melilla, la commune de Beni Ensar peine à tirer profit de sa position géographique. Abdelhamid Akid, vice-président de la commune, dénonce les freins au développement liés à la présence espagnole dans l’enclave voisine. Selon lui, cette situation limite les opportunités économiques et sociales pour les habitants, qui subissent les conséquences d’un statu quo vieux de plusieurs décennies.
Beni Ensar, située dans la province de Nador, est souvent perçue comme une zone tampon entre le Maroc et Melilla. Pourtant, ses atouts naturels et humains pourraient en faire un pôle de développement régional. "La région a tout pour réussir, mais elle est entravée par des contraintes historiques et politiques", explique Abdelhamid Akid. Il plaide pour l’ouverture d’un débat national sur l’avenir de ce dossier, afin de trouver des solutions durables pour les populations locales.
Cette problématique s’inscrit dans un contexte plus large de tensions migratoires et de relations complexes entre le Maroc et l’Espagne. Alors que les deux pays cherchent à renforcer leur coopération, des questions comme celle de Beni Ensar rappellent que les défis territoriaux restent sensibles.
Ce qu’il faut retenir
Le Maroc aborde ce 5 août avec des défis à la fois concrets et symboliques. Sur le plan environnemental, les initiatives comme les pistes cyclables de Marrakech montrent une volonté de transition vers des modes de vie plus durables. Dans le sport, le quart de finale des Lionnes de l’Atlas contre l’Afrique du Sud est l’occasion de mesurer les progrès du football féminin, mais aussi les efforts qu’il reste à accomplir pour pérenniser ces avancées.
Côté météo, la chaleur extrême et les orages rappellent l’urgence climatique, tandis que des dossiers comme celui de Beni Ensar soulignent les enjeux géopolitiques et sociaux qui traversent le pays. Autant de fronts sur lesquels le Maroc devra trouver des réponses équilibrées, entre innovation et héritage.