Maroc : mobilité douce, allaitement et tensions frontalières au cœur des débats

Le Maroc accélère ses projets de mobilité durable à Marrakech, tandis que l'OMS rappelle l'importance de l'allaitement maternel. À Beni Ensar, un élu dénonce l'impact de Melilla sur le développement local.

Maroc : mobilité douce, allaitement et tensions frontalières au cœur des débats
Photo de Philip Strong sur Unsplash

Marrakech mise sur le vélo pour une mobilité plus durable

La ville ocre s’apprête à lancer un ambitieux réseau de pistes cyclables, conçu pour structurer les déplacements urbains tout en réduisant l’empreinte carbone. Selon Le Desk, ce projet, soutenu par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), prévoit la création de 14 axes cyclables reliant les principaux quartiers de la ville. L’objectif est clair : offrir une alternative sûre et écologique à la voiture, dans une agglomération où les embouteillages et la pollution atmosphérique pèsent sur la qualité de vie.

Avec un budget de 350 000 dirhams (hors taxes), le projet s’inscrit dans le cadre du programme « Marrakech, ville durable ». Il vise à encourager l’usage des modes de transport doux, en phase avec les orientations nationales en matière de transition écologique. La mise en place de ces infrastructures pourrait aussi dynamiser le tourisme local, en facilitant l’accès aux sites historiques et aux espaces verts pour les visiteurs comme pour les habitants.

Pourtant, le défi ne se limite pas à la construction des pistes. Comme le soulignent les experts en urbanisme, la réussite d’un tel projet dépendra de son intégration dans un écosystème plus large : signalisation adaptée, sensibilisation des usagers, et surtout, une offre de vélos en libre-service ou en location abordable. Sans ces compléments, les pistes risquent de rester sous-utilisées, comme ce fut le cas dans d’autres villes marocaines où des initiatives similaires ont été lancées sans accompagnement suffisant.


Allaitement maternel : l’OMS rappelle l’importance d’un accompagnement adapté

À l’occasion de la Semaine mondiale de l’allaitement maternel, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié un rappel essentiel : si l’allaitement est un acte naturel, il n’en reste pas moins complexe et souvent mal soutenu. Fatigue, manque d’information, conseils contradictoires ou absence de structures d’accompagnement poussent de nombreuses mères à abandonner plus tôt qu’elles ne le souhaiteraient.

Pourtant, les bénéfices sont bien documentés. Le lait maternel, recommandé en exclusivité pendant les six premiers mois de vie, couvre l’ensemble des besoins nutritionnels du nourrisson. Riche en anticorps, il renforce son système immunitaire et réduit les risques de maladies infantiles. À long terme, il diminue également les probabilités d’obésité chez l’enfant et offre des avantages pour la santé de la mère, comme une réduction des risques de cancer du sein ou de diabète de type 2.

Au Maroc, où les taux d’allaitement exclusif restent en deçà des objectifs fixés par les autorités sanitaires, cette question prend une dimension particulière. Les inégalités d’accès à l’information et aux soins, notamment en milieu rural, aggravent les difficultés. Les professionnels de santé insistent sur la nécessité de renforcer les programmes de sensibilisation, mais aussi de former le personnel soignant à un accompagnement bienveillant et non culpabilisant. Car, comme le souligne l’OMS, « l’allaitement n’est pas une question de volonté, mais de soutien ».


Beni Ensar : un élu dénonce l’impact de la présence espagnole à Melilla

À quelques kilomètres de la frontière avec Melilla, la commune de Beni Ensar peine à se développer. Son vice-président, Abdelhamid Akid, a récemment pointé du doigt les conséquences économiques et sociales de la présence espagnole dans l’enclave, qu’il qualifie de frein au potentiel de la région. Dans une déclaration à Hespress, il a expliqué que les dysfonctionnements accumulés au fil des décennies ont empêché Beni Ensar de devenir un pôle de stabilité et de croissance, malgré ses atouts géographiques et humains.

Le constat est sévère : alors que Melilla attire une partie des flux économiques et touristiques de la région, Beni Ensar reste en marge, avec des infrastructures insuffisantes et un tissu économique fragile. Les habitants subissent les effets d’une frontière qui, selon l’élu, « asphyxie » plutôt qu’elle ne dynamise. Les projets de développement peinent à voir le jour, et les investissements se font rares, en partie à cause des incertitudes liées au statut de l’enclave.

Pour Abdelhamid Akid, la solution passe par un débat national sur l’avenir de ce dossier. « Il ne s’agit pas seulement de souveraineté, mais de justice économique et sociale pour les populations locales », a-t-il déclaré. Une position qui rejoint les préoccupations de nombreux habitants de la région, où le contraste entre les deux côtés de la frontière est souvent source de frustration.


Ce qu’il faut retenir

  1. Mobilité durable : Marrakech franchit une étape importante avec son réseau de pistes cyclables, mais la réussite du projet dépendra de son articulation avec d’autres mesures d’accompagnement.
  2. Santé publique : L’allaitement maternel, bien que naturel, nécessite un soutien accru pour les mères, notamment en termes d’information et d’accès aux soins.
  3. Développement local : À Beni Ensar, la présence espagnole à Melilla est perçue comme un obstacle au développement, relançant le débat sur les équilibres frontaliers et économiques de la région.

Ces trois sujets illustrent les défis auxquels le Maroc est confronté : concilier transition écologique et besoins urbains, améliorer l’accès aux soins et aux informations de santé, et repenser les dynamiques frontalières pour un développement plus équitable. Des enjeux qui, s’ils sont abordés avec pragmatisme, pourraient dessiner les contours d’un avenir plus durable et inclusif.