Maroc : mobilisations citoyennes, diplomatie culturelle et chaleur européenne
Entre sit-in d'avocats à Casablanca, visite ministérielle française et canicule espagnole, le Maroc et ses voisins affrontent des défis sociaux, climatiques et géopolitiques en ce 16 juillet 2026.
Quand les avocats de Casablanca défient le projet de loi sur leur profession
À Casablanca, le barreau a choisi l’action directe pour marquer son opposition au projet de loi encadrant la profession d’avocat. Mercredi, des dizaines de robes noires se sont rassemblées devant la Cour d’appel pour un sit-in, organisé par l’Association des jeunes avocats de la ville. Les manifestants dénoncent plusieurs dispositions du texte, qu’ils jugent attentatoires à leur indépendance et à leurs conditions d’exercice. Le projet, porté par le ministre de la Justice Abdellatif Ouahbi, a été transmis à la Cour constitutionnelle pour examen, mais cela n’a pas apaisé les tensions.
Les slogans entendus lors du rassemblement ciblaient directement le ministre, accusé de vouloir « instrumentaliser » la profession. Les avocats reprochent notamment au texte de restreindre leur liberté d’expression et d’instaurer des mécanismes de contrôle jugés arbitraires. « Ce projet de loi est une menace pour l’équilibre des pouvoirs et pour la défense des droits des citoyens », a déclaré un participant, sous couvert d’anonymat. La mobilisation s’inscrit dans un contexte plus large de crispations autour des réformes judiciaires au Maroc, où plusieurs corps de métier expriment leur méfiance envers les initiatives gouvernementales.
Rabat et Paris resserrent leurs liens à l’heure des défis régionaux
La visite officielle du Premier ministre français Sébastien Lecornu à Rabat, ce jeudi, marque une nouvelle étape dans le renforcement des relations franco-marocaines. Accueilli par le chef du gouvernement Aziz Akhannouch à l’aéroport de Rabat-Salé, Lecornu co-présidera la 15e session de la Réunion de Haut Niveau (RHN) entre les deux pays. Cette rencontre intervient dans un contexte géopolitique tendu, marqué par les frappes américaines répétées contre l’Iran et les incertitudes liées à la stabilité du Sahel.
Les discussions porteront sur des dossiers économiques, sécuritaires et culturels, avec une attention particulière portée aux enjeux énergétiques et aux partenariats industriels. La présence de plusieurs ministres marocains, dont ceux de l’Agriculture, de l’Industrie et des Transports, souligne l’importance accordée à cette rencontre. Pour Paris, le Maroc reste un partenaire clé en Afrique du Nord, notamment dans la lutte contre les trafics et le terrorisme. Du côté marocain, cette RHN est l’occasion de consolider des alliances face aux défis régionaux, tout en réaffirmant sa position sur la question du Sahara occidental.
L’Espagne face à un été historique de chaleur
L’Espagne vit son début d’été le plus chaud depuis 1961, selon l’Agence météorologique nationale (AEMET). Entre le 1er juin et la mi-juillet 2026, les températures ont systématiquement dépassé les normales saisonnières, avec des records battus lors d’une vague de chaleur exceptionnelle fin juin. Ces conditions extrêmes ont eu des conséquences dramatiques : des milliers de victimes, des perturbations majeures dans les transports et une pression accrue sur les systèmes de santé.
L’AEMET souligne que cette canicule s’inscrit dans une tendance plus large de réchauffement climatique, qui touche particulièrement le bassin méditerranéen. Les autorités espagnoles ont multiplié les alertes sanitaires et les mesures d’urgence, notamment pour protéger les populations vulnérables. Cette situation rappelle les défis auxquels le Maroc est lui aussi confronté, avec des températures élevées enregistrées dans plusieurs régions du pays ce jeudi, notamment dans l’Oriental et les provinces sahariennes.
Marrakech : quand l’occupation des espaces publics devient un enjeu de sécurité
À Marrakech, le quartier de la Massira est le théâtre d’une occupation anarchique des espaces publics, qui menace la sécurité des habitants et la fluidité du trafic. Des commerçants, des propriétaires d’échope et des vendeurs ambulants ont transformé les trottoirs en extensions de leurs activités, obligeant piétons et automobilistes à partager la chaussée. Les panneaux de signalisation sont souvent masqués par les étals, augmentant les risques d’accidents, tandis que les embouteillages se multiplient aux heures de pointe.
Les riverains dénoncent une situation qui s’aggrave depuis des mois, sans intervention des autorités locales. « Les enfants et les personnes âgées sont obligés de marcher sur la route, au milieu des voitures », témoigne un habitant. Cette occupation illégale des espaces publics pose la question de la gouvernance urbaine à Marrakech, où les défis liés à la mobilité et à l’aménagement du territoire restent entiers. Les appels à une régulation plus stricte se multiplient, mais les solutions tardent à se concrétiser.