Maroc : météo extrême, diplomatie à Bagdad et grenade de Berkane en une

Pluies orageuses sur l’Atlas, qualification en beach-soccer et rapport sur Al-Qods à l’OCI : les équilibres du 19 octobre, entre défis climatiques, agricoles et géopolitiques.

Maroc : météo extrême, diplomatie à Bagdad et grenade de Berkane en une
Photo de Philip Strong sur Unsplash

Le Maroc aborde cette journée du 19 octobre 2026 sous des cieux contrastés, où les défis climatiques, économiques et géopolitiques s’entremêlent. Entre des prévisions météorologiques exigeant une vigilance accrue, des succès sportifs qui confirment l’ancrage continental du pays, et des enjeux agricoles et diplomatiques qui dessinent les priorités de demain, l’actualité du royaume se déploie sur plusieurs fronts. Voici les fils qui tissent cette journée.


Météo : l’Atlas et le Rif sous surveillance, la neige s’invite sur les sommets

Les prévisions de la Direction générale de la météorologie (DGM) pour ce lundi 19 octobre placent une large partie du territoire sous le signe de la prudence. Les régions montagneuses, en particulier le Haut et le Moyen Atlas, ainsi que le Rif, sont concernées par des pluies ou averses orageuses, accompagnées de rafales de vent modérées. Les sommets du Haut Atlas pourraient même voir tomber les premiers flocons de la saison, avec des températures minimales avoisinant 3 à 10 °C. Plus au sud, l’Oriental et les provinces méridionales sont exposés à des vents soutenus, tandis que les plaines atlantiques et le Souss connaîtront un temps passagèrement nuageux, avec des ondées éparses.

Ces conditions, si elles s’inscrivent dans la variabilité saisonnière, rappellent la vulnérabilité du Maroc face aux phénomènes météorologiques extrêmes. Les autorités locales, notamment dans les zones rurales, sont invitées à renforcer les mesures de prévention, alors que les infrastructures routières et agricoles pourraient être mises à l’épreuve. La DGM souligne par ailleurs une légère hausse des températures sur la façade méditerranéenne et dans les plaines centrales, un répit relatif avant l’arrivée annoncée de nouvelles perturbations en milieu de semaine.


Beach-soccer : le Maroc valide son ticket pour la CAN 2026 au Sénégal

L’équipe nationale de beach-soccer a officialisé sa qualification pour la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), qui se déroulera au Sénégal du 28 novembre au 6 décembre prochains. Les Marocains, dirigés par l’entraîneur brésilien Marco Octavio, ont confirmé leur statut de favori en s’imposant largement face à la Libye (7-1) lors du match retour du dernier tour qualificatif, disputé dimanche au Complexe Mohammed VI de football à Salé. Cette victoire fait suite à un succès 4-2 obtenu à Benghazi lors de la manche aller, scellant ainsi leur participation à une compétition qui servira également de tournoi de qualification pour la Coupe du monde de beach-soccer de la FIFA.

Le match de Salé a été marqué par une performance offensive remarquée, avec des triplés signés par Amine El Bidouri et Badr El Kraichly, ainsi qu’un but de Mohamed El Hichou. Cette qualification s’ajoute à une série de résultats encourageants pour le beach-soccer marocain, qui avait déjà brillé lors des précédentes éditions continentales. Elle confirme aussi la stratégie de développement des disciplines alternatives au football traditionnel, portée par la Fédération royale marocaine de football (FRMF), qui mise sur ces formats pour élargir la base sportive du pays et renforcer sa visibilité internationale.


Diplomatie : le Maroc présente son bilan sur Al-Qods à l’OCI

L’Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif, bras exécutif du Comité Al-Qods présidé par le Roi Mohammed VI, a remis samedi à Bagdad un rapport détaillé sur ses actions humanitaires dans la Ville sainte, à l’occasion de la 52e session du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI). Ce document, présenté aux délégations des États membres, couvre la période allant de juin 2025 à septembre 2026 et met en lumière une approche combinant interventions d’urgence et programmes d’autonomisation socio-économique.

Parmi les réalisations mises en avant figurent des projets dans les domaines de la santé, de l’éducation et du logement, ainsi que des initiatives visant à préserver le patrimoine culturel et religieux de la ville. Le rapport souligne également la vision stratégique de l’agence à l’horizon 2030, élaborée en collaboration avec les acteurs locaux et internationaux. Cette présentation intervient dans un contexte marqué par les tensions persistantes en Cisjordanie et la nécessité, pour les pays membres de l’OCI, de coordonner leurs efforts pour soutenir les populations palestiniennes.

Le Maroc, qui assure la présidence du Comité Al-Qods depuis 2014, réaffirme ainsi son engagement en faveur de la cause palestinienne, tout en insistant sur la dimension humanitaire et durable de son action. Cette diplomatie culturelle et sociale s’inscrit dans une stratégie plus large de positionnement régional, où le royaume cherche à consolider son rôle de médiateur et de partenaire clé dans les équilibres du monde arabe.


Agriculture : la filière grenade de Berkane, entre potentiel et défis commerciaux

La province de Berkane, située dans la zone d’intervention de l’Office régional de mise en valeur agricole de la Moulouya (ORMVAM), s’apprête à produire 23 000 tonnes de grenades lors de la campagne agricole 2025-2026. Ce chiffre, qui place la région au cœur de la filière nationale, illustre à la fois les atouts et les limites d’un secteur prometteur mais encore fragile. Si la grenade représente un levier économique important pour les agriculteurs locaux, son développement se heurte à des obstacles structurels, notamment en matière de commercialisation et de valorisation.

Les données de l’ORMVAM révèlent que la culture de la grenade génère des emplois en milieu rural et s’inscrit dans les priorités du Plan agricole régional. Pourtant, les producteurs font face à des difficultés récurrentes : manque d’infrastructures de stockage et de transformation, dépendance aux intermédiaires pour l’export, et concurrence accrue sur les marchés internationaux. Ces défis limitent la capacité de la filière à tirer pleinement profit de son potentiel, alors que la demande mondiale pour ce fruit, réputé pour ses qualités nutritionnelles, ne cesse de croître.

Des initiatives locales, soutenues par les autorités et les coopératives agricoles, tentent de répondre à ces enjeux. Elles visent à améliorer la qualité des produits, à diversifier les débouchés (transformation en jus, confitures, ou cosmétiques) et à renforcer la traçabilité pour accéder à des marchés premium. La réussite de ces projets dépendra toutefois de la capacité des acteurs à surmonter les barrières logistiques et financières qui freinent encore l’essor de cette filière.


Transport maritime : le Maroc face aux nouvelles routes du commerce mondial

Le paysage du transport maritime mondial, dominé par les ports asiatiques et les armateurs européens, connaît des mutations profondes qui pourraient redessiner les équilibres économiques. Une analyse publiée par Hespress met en lumière les enjeux géostratégiques liés à la concentration des infrastructures portuaires en Asie – Shanghai, Singapour et Ningbo-Zhoushan en tête – et à la propriété des flottes marchandes, majoritairement détenue par des groupes européens. Ces dynamiques posent la question de la résilience des chaînes d’approvisionnement, comme l’ont montré les crises récentes, où les perturbations locales ont eu des répercussions globales.

Pour le Maroc, dont l’économie repose en partie sur les échanges maritimes, cette reconfiguration offre des opportunités mais aussi des risques. Le royaume, qui dispose de ports stratégiques comme Tanger Med, a su se positionner comme une plateforme logistique majeure entre l’Europe et l’Afrique. Cependant, la dépendance aux routes commerciales traditionnelles et la concurrence des hubs asiatiques imposent une adaptation constante. Les autorités marocaines misent sur la modernisation des infrastructures, la digitalisation des processus et le renforcement des partenariats avec les armateurs internationaux pour consolider cette position.

Cette réflexion s’inscrit dans un contexte plus large, où les pays cherchent à sécuriser leurs approvisionnements et à réduire leur vulnérabilité face aux aléas géopolitiques. Pour le Maroc, l’enjeu est double : maintenir son attractivité logistique tout en diversifiant ses partenariats pour anticiper les évolutions d’un secteur en pleine mutation.


Cette journée du 19 octobre 2026 illustre la diversité des défis auxquels le Maroc est confronté, entre adaptation climatique, affirmation sportive, diplomatie humanitaire et enjeux économiques. Autant de fronts où le royaume doit composer avec des contraintes structurelles tout en saisissant les opportunités qui se présentent. Une équation complexe, mais qui définit aussi les contours de son avenir.