Maroc : météo instable, records d'apnée et négociations gouvernementales en une

Ce 4 octobre 2026, le Maroc fait face à des conditions météo contrastées, un nouveau record national d'apnée et des tractations politiques pour former un gouvernement. Les enjeux climatiques, sportifs et institutionnels du jour.

Maroc : météo instable, records d'apnée et négociations gouvernementales en une
Photo de Philip Strong sur Unsplash

Ce dimanche 4 octobre 2026, le Maroc navigue entre perturbations atmosphériques, exploits sportifs et tractations politiques. Une journée où les éléments se déchaînent sur les reliefs, où une scientifique marocaine repousse les limites de l'apnée, et où les partis négocient leur participation au prochain gouvernement. Trois dynamiques qui illustrent la diversité des défis du pays.

Une météo capricieuse sur les reliefs marocains

La Direction générale de la météorologie annonce un dimanche marqué par des contrastes saisissants. Si les provinces du Sud et le Souss connaîtront des températures élevées, les régions montagneuses seront le théâtre d'une activité orageuse notable. Les Haut et Moyen Atlas, ainsi que le Rif et l'Oriental, devraient subir des averses accompagnées d'orages localisés.

Les prévisionnistes mettent particulièrement en garde contre les rafales de vent modérées à fortes attendues sur l'Anti-Atlas et les provinces sahariennes, où des phénomènes de chasse-poussière pourraient réduire la visibilité. Ces conditions rappellent la vulnérabilité du pays face aux aléas climatiques, alors que les épisodes météorologiques extrêmes se multiplient ces dernières années.

Cette instabilité intervient dans un contexte où le Maroc continue de développer ses infrastructures de prévention des risques naturels. Les autorités locales ont renforcé leurs dispositifs d'alerte dans les zones les plus exposées, notamment après les inondations meurtrières de 2025 qui avaient touché plusieurs régions du pays.

Oulfa Chellaï : 71 mètres sous la surface, un nouveau record national

L'apnéiste marocaine Oulfa Chellaï a établi un nouveau record national féminin en poids constant bipalmes (CWTB) en atteignant la profondeur de 71 mètres lors des Championnats du monde d'apnée 2026 à Limassol, à Chypre. Cette performance, homologuée par la Fédération marocaine des sports subaquatiques, représente une progression spectaculaire pour l'athlète de 35 ans, qui avait déjà battu son propre record en août dernier avec 61 mètres.

Originaire de Marrakech, Oulfa Chellaï concilie sa carrière sportive avec une activité professionnelle exigeante : elle travaille comme physicienne au Swiss Plasma Center de l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), où elle contribue à la recherche sur la physique des plasmas et le tokamak TCV. Ce double parcours illustre l'émergence d'une nouvelle génération de sportifs marocains capables de concilier excellence scientifique et performance athlétique.

Son exploit s'inscrit dans une dynamique plus large de développement des sports extrêmes au Maroc. Le pays, qui dispose d'un littoral de plus de 3 500 km et de plans d'eau intérieurs variés, cherche à structurer ses filières sportives aquatiques. La Fédération marocaine a récemment lancé un programme de détection de jeunes talents dans les régions côtières, avec pour objectif de former des athlètes capables de rivaliser au niveau international.

Négociations gouvernementales : deux partis clés précisent leurs positions

Les tractations pour la formation du prochain gouvernement marocain entrent dans une phase décisive. Deux formations politiques majeures ont clarifié leur position ce samedi, alors que la cheffe du gouvernement désignée, Fatima Ezzahra El Mansouri, poursuit ses consultations.

L'Union constitutionnelle (UC) a mandaté son secrétaire général, Mohamed Joudar, pour conduire les négociations. Dans un communiqué publié après une réunion de son bureau politique, le parti a souligné son "engagement positif dans le processus des consultations", tout en précisant que sa participation au gouvernement dépendrait de "la convergence des programmes et des engagements concrets en faveur des citoyens". Cette position reflète la prudence traditionnelle de l'UC, qui cherche à préserver son influence tout en évitant de s'engager dans une coalition fragile.

De son côté, le Mouvement populaire (MP) a chargé Mohamed Ouzzine, son secrétaire général, de négocier au nom du parti. Le MP a insisté sur la nécessité de "jouer un rôle influent et actif au sein des institutions" pour défendre les préoccupations des citoyens. Cette formulation suggère une volonté de participation, mais avec des exigences précises en termes de portefeuilles ministériels et d'orientations politiques.

Ces déclarations interviennent alors que les observateurs s'interrogent sur la capacité des partis à former une coalition stable, moins de deux semaines après les élections législatives du 23 septembre. Le paysage politique marocain reste marqué par une fragmentation accrue, avec plusieurs formations de taille moyenne en position d'arbitre. La question de la répartition des ministères régaliens, notamment ceux de l'Intérieur et des Affaires étrangères, devrait peser lourdement dans les discussions.

Santé publique : 73% des Marocains inquiets pour l'accès aux soins

Une enquête menée par le réseau Afrobarometer révèle une préoccupation majeure des citoyens marocains concernant le système de santé. Selon l'étude, 73% des personnes interrogées expriment des inquiétudes quant au coût et à l'accès aux soins en cas de maladie. Ce niveau d'anxiété place le Maroc parmi les pays africains où la défiance envers le système de santé est la plus marquée.

L'enquête met en lumière un paradoxe intéressant : alors que les Marocains sont très préoccupés par la question des soins, seulement 48% d'entre eux se déclarent favorables à une augmentation des impôts pour financer un système de santé universel. Ce taux est l'un des plus bas parmi les 38 pays africains couverts par l'étude, révélant une méfiance profonde envers les mécanismes de financement public.

Cette situation reflète les tensions persistantes autour de la réforme du système de santé marocain. Le gouvernement a lancé en 2025 un ambitieux plan de généralisation de la couverture médicale, mais son financement reste un sujet de débat. Les professionnels de santé, pour leur part, dénoncent régulièrement le manque de moyens et les conditions de travail difficiles dans les hôpitaux publics.

Les résultats de l'enquête interviennent alors que le Maroc s'apprête à présenter son nouveau plan santé 2027-2032. Ce document, qui devrait être dévoilé dans les prochaines semaines, prévoit notamment un renforcement des infrastructures hospitalières dans les zones rurales et une meilleure articulation entre les secteurs public et privé.


Ce dimanche 4 octobre 2026 illustre la complexité du moment que traverse le Maroc. Entre défis climatiques, performances sportives et enjeux institutionnels, le pays continue de naviguer entre tradition et modernité, tout en cherchant à consolider ses acquis dans un contexte régional et international incertain. Les prochains jours seront cruciaux pour la formation du gouvernement, tandis que les questions de santé publique et de résilience climatique resteront au cœur des préoccupations citoyennes.