Maroc : exode des médecins, coopératives jeunes et crise à Tasseltant

L'exode des médecins marocains s'aggrave, tandis que l'ODCO relance son programme pour les coopératives jeunes. À Tasseltant, un imam divise la communauté.

Maroc : exode des médecins, coopératives jeunes et crise à Tasseltant
Photo de Philip Strong sur Unsplash

L'exode des médecins marocains atteint un niveau critique

Le Maroc perd chaque année près de 700 médecins, selon les données du ministère de la Santé relayées par Le Monde. Ce phénomène, qui s'inscrit dans une tendance de long terme, prend une ampleur alarmante alors que le pays fait face à un besoin estimé à 28 000 praticiens. Les raisons de cet exode sont multiples : conditions de travail difficiles, salaires peu attractifs et perspectives de carrière limitées dans le système de santé public.

Les hôpitaux marocains, déjà sous pression en raison de la demande croissante de soins, voient leurs effectifs s'amenuiser. L'hôpital Hassan-II d'Agadir, l'un des plus importants du royaume, illustre cette crise : son personnel médical est régulièrement sollicité pour combler les lacunes dans d'autres établissements, aggravant la charge de travail des praticiens restants. Cette situation risque de compromettre l'accès aux soins, en particulier dans les zones rurales où la densité médicale est déjà faible.

L'ODCO mise sur les coopératives jeunes pour dynamiser l'économie sociale

L'Office du développement de la coopération (ODCO) a présenté mardi 7 juillet une nouvelle mouture de son programme Génération solidaire, visant à renforcer la pérennité et la professionnalisation des coopératives dirigées par des jeunes. Cette initiative, qui en est à sa sixième édition, marque un tournant dans l'accompagnement des porteurs de projets coopératifs.

Jusqu'à présent, Génération solidaire se concentrait principalement sur la phase de création des coopératives. Désormais, l'ODCO élargit son soutien à des aspects clés comme l'accès au financement, la formation continue et la structuration des filières. L'objectif est de transformer ces structures en acteurs économiques viables, capables de créer des emplois durables et de contribuer au développement local.

Cette évolution intervient dans un contexte où les coopératives peinent à se pérenniser : selon les chiffres de l'ODCO, près de 40 % d'entre elles cessent leurs activités dans les trois ans suivant leur création. En ciblant spécifiquement les jeunes entrepreneurs, l'Office espère inverser cette tendance et faire des coopératives un levier de développement territorial.

À Tasseltant, un imam divise la communauté

Dans le douar de Takanate, à Tasseltant (région de Marrakech), une crise couve autour de la figure de l'imam local. Des dizaines d'habitants ont signé une pétition adressée au ministère des Habous et des Affaires islamiques, demandant son remplacement. Selon les signataires, l'imam en question adopterait des comportements jugés "diviseurs", contraires à l'éthique de sa fonction.

Les tensions sont telles que certains fidèles préfèrent parcourir de longues distances pour prier dans d'autres mosquées, plutôt que d'assister aux offices dans leur propre village. Les sources locales évoquent des divergences sur des questions de pratique religieuse, mais aussi des conflits interpersonnels qui auraient dégénéré en crise communautaire.

Cette situation met en lumière les défis de la gestion des lieux de culte au Maroc, où les imams jouent un rôle central dans la cohésion sociale. Le ministère des Habous, qui supervise la nomination des imams, est désormais saisi du dossier. Une intervention rapide semble nécessaire pour éviter que la crise ne s'envenime davantage, d'autant que les mosquées sont souvent des espaces de médiation et de dialogue dans les zones rurales.


Ce qu'il faut retenir

L'actualité sociale du Maroc est marquée par des défis structurels et des tensions locales. L'exode des médecins, s'il n'est pas enrayé, risque d'aggraver les inégalités d'accès aux soins. Dans le domaine économique, l'ODCO tente de donner un nouveau souffle aux coopératives jeunes, un modèle qui peine à s'imposer malgré son potentiel. Enfin, à Tasseltant, la crise autour d'un imam rappelle que la cohésion sociale reste fragile dans certaines zones rurales, où les figures religieuses jouent un rôle clé. Ces trois sujets illustrent les fractures d'un pays en pleine mutation, entre aspirations au développement et réalités locales complexes.