LOGITERRE 2026 : le Maroc mise sur la logistique pour relier l'Afrique
Du 20 au 22 octobre, Casablanca accueille LOGITERRE 2026, forum international dédié à la mobilité et à la logistique en Afrique. Un enjeu clé pour le Maroc, qui ambitionne de devenir le hub continental du transport.
Casablanca, plaque tournante de la logistique africaine
Le Maroc s’apprête à accueillir, du 20 au 22 octobre prochains, la troisième édition de LOGITERRE, un forum international consacré à la mobilité, au transport et à la logistique. Placé sous le Haut Patronage du Roi Mohammed VI, cet événement réunira des délégations de plus de 44 pays, majoritairement africains, autour des défis liés au développement des infrastructures et des chaînes d’approvisionnement sur le continent. Un choix stratégique pour un pays qui mise depuis plusieurs années sur sa position géographique et ses infrastructures pour s’imposer comme un hub logistique régional.
Selon les organisateurs, cette édition mettra l’accent sur l’intégration économique africaine, dans un contexte marqué par la mise en œuvre progressive de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Le Maroc, qui a ratifié cet accord en 2019, voit dans LOGITERRE une opportunité de renforcer ses partenariats commerciaux et de promouvoir ses ports, ses zones logistiques et ses corridors routiers comme des leviers de développement pour l’ensemble du continent.
Des infrastructures en première ligne
Le Maroc dispose déjà d’atouts majeurs pour jouer ce rôle de hub. Le port Tanger Med, l’un des plus grands d’Afrique, traite près de 7 millions de conteneurs par an et sert de point d’entrée pour les échanges entre l’Europe, l’Afrique et l’Amérique. Ses terminaux sont connectés à un réseau ferroviaire et routier en expansion, qui dessert aussi bien les zones industrielles du nord que les provinces du Sud, où les projets d’infrastructures se multiplient.
LOGITERRE 2026 sera l’occasion de présenter les avancées de ces chantiers, mais aussi d’aborder les défis persistants. Parmi eux, la nécessité d’harmoniser les réglementations douanières entre les pays africains, d’améliorer la connectivité ferroviaire et de moderniser les infrastructures portuaires secondaires. Des enjeux cruciaux pour un continent où le coût du transport représente encore près de 70 % du prix final des marchandises, contre 15 % en Europe.
Un forum au service de l’intégration continentale
L’Afrique reste le continent le moins intégré économiquement, avec seulement 15 % de ses échanges commerciaux réalisés entre ses pays. La ZLECAf, entrée en vigueur en 2021, vise à doubler ce chiffre d’ici 2035 en supprimant les barrières tarifaires et en facilitant la circulation des biens et des services. Mais son succès dépendra en grande partie de la capacité des États à développer des infrastructures logistiques performantes.
Dans ce contexte, le Maroc se positionne comme un acteur clé. Ses investissements dans les ports, les autoroutes et les zones logistiques en font un partenaire privilégié pour les pays africains cherchant à améliorer leur connectivité. LOGITERRE 2026 servira ainsi de plateforme pour discuter de projets concrets, comme le développement de corridors transafricains ou l’adoption de technologies numériques pour optimiser la gestion des flux.
Oujda, entre dynamisme culturel et défis économiques
Si Casablanca s’apprête à accueillir ce forum international, d’autres villes marocaines continuent de jouer un rôle dans l’innovation et l’attractivité du pays. À Oujda, l’artiste Younes Miloudi prépare une exposition dédiée aux pionniers du raï, un genre musical emblématique de la région. Du 22 juillet au 2 août, la galerie d’art de la ville présentera une vingtaine de tableaux rendant hommage à des figures comme Cheb Khaled ou Cheb Mami, dans le cadre du Festival du Raï de l’Oriental.
Pourtant, la ville fait aussi face à des défis économiques. L’aéroport Oujda-Angad a enregistré une baisse de 7 % de son trafic passagers au cours des cinq premiers mois de l’année, avec 411 269 voyageurs contre 442 482 en 2025. Une tendance qui contraste avec la dynamique culturelle locale et qui interroge sur la capacité des infrastructures aéroportuaires à soutenir le développement touristique et économique de la région.
Ce qu’il faut retenir
LOGITERRE 2026 s’annonce comme un rendez-vous majeur pour le Maroc et l’Afrique. En misant sur la logistique comme levier d’intégration économique, le pays confirme sa volonté de jouer un rôle central dans les échanges continentaux. Les défis restent nombreux – harmonisation des réglementations, modernisation des infrastructures, réduction des coûts de transport –, mais les opportunités le sont tout autant.
Pour le Maroc, l’enjeu est double : consolider sa position de hub régional tout en accompagnant les pays africains dans leur transition logistique. Un pari ambitieux, qui pourrait redessiner les équilibres économiques du continent.