Maroc : LED, interconnexion électrique et propreté urbaine, les chantiers de l'été

Fès réduit sa consommation d'énergie de 50% grâce aux LED, un projet d'interconnexion électrique avec la France est lancé, et Ibn Guerir dénonce l'insalubrité. Les défis urbains et énergétiques du Maroc en juillet 2026.

Maroc : LED, interconnexion électrique et propreté urbaine, les chantiers de l'été
Photo de Philip Strong sur Unsplash

Fès montre la voie avec un éclairage public 50 % moins gourmand

La ville de Fès a franchi une étape significative dans sa transition énergétique. Selon les données présentées par la commune, le remplacement progressif des anciens lampadaires par des équipements LED a permis de réduire de près de moitié la consommation d’électricité de l’éclairage public. Hadaf Bennis, chef du service de l’éclairage public, a indiqué lors d’une rencontre sur le développement de la ville intelligente que plus de 90 % des quartiers sont désormais équipés de cette technologie. L’objectif est d’étendre cette modernisation à l’ensemble de la ville d’ici fin 2026, avec un horizon maximal fixé à 2027.

Ce projet s’inscrit dans une dynamique plus large de rationalisation des ressources, alors que le Maroc fait face à des vagues de chaleur répétées qui mettent sous tension son réseau électrique. La commune met en avant non seulement des économies substantielles, mais aussi une amélioration de la qualité de l’éclairage, avec des bénéfices directs pour la sécurité et le cadre de vie des habitants. À l’échelle nationale, cette initiative pourrait servir de modèle pour d’autres villes confrontées aux mêmes défis énergétiques et urbains.


Un "Pont de la Méditerranée" pour relier les réseaux électriques marocain et français

Le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, a annoncé jeudi le lancement d’un appel à manifestation d’intérêt pour un projet d’interconnexion électrique entre le Maroc et la France. Baptisé "Pont de la Méditerranée", ce projet vise à créer un lien direct entre les deux réseaux, permettant des échanges d’électricité plus fluides et une meilleure intégration des énergies renouvelables.

Lors de la 15ᵉ Réunion de haut niveau maroco-française, Lecornu a souligné que cette initiative s’inscrivait dans une stratégie plus large de coopération économique, avec des investissements français dans des secteurs clés comme les transports, l’énergie et les technologies de pointe. Pour le Maroc, ce projet représente une opportunité de renforcer sa position comme hub énergétique régional, tout en diversifiant ses partenariats stratégiques. Il s’ajoute à d’autres chantiers en cours, comme le développement de l’hydrogène vert et la modernisation des infrastructures portuaires, qui visent à positionner le pays comme un acteur incontournable dans la transition énergétique méditerranéenne.


Ibn Guerir sonne l’alarme sur la gestion des déchets

La ville d’Ibn Guerir, dans la région de Rahamna, est devenue le symbole des dysfonctionnements dans la gestion des déchets au Maroc. Le parti Liberté et Justice Sociale (LJS) a dénoncé, via sa coordination régionale, un "désordre continu" dans le secteur de la propreté, avec des accumulations de déchets dans plusieurs quartiers et espaces publics. Selon le parti, cette situation, qui perdure malgré les moyens humains et financiers disponibles, reflète des "déficiences graves" dans la planification, le suivi et le contrôle des services municipaux.

Les données citées par le LJS indiquent que des centaines d’agents du secteur de l’Insertion nationale sont affectés à la collecte des déchets dans la ville, sans que cela ne se traduise par une amélioration visible. Cette crise locale s’inscrit dans un débat plus large sur la gouvernance urbaine, alors que plusieurs villes marocaines font face à des tensions similaires, exacerbées par la hausse des températures estivales. À Marrakech, par exemple, des initiatives de réorganisation des transports et de modernisation des infrastructures ont été lancées pour répondre à ces enjeux, mais les résultats restent inégaux selon les quartiers.


L’intelligence artificielle, un secteur où le Maroc se distingue

Le Maroc confirme sa place parmi les leaders africains en matière de préparation à l’externalisation de l’intelligence artificielle (IA). Selon le Global Outsourcing AI Readiness Index 2026, publié par Ataraxis, le Royaume se classe 19ᵉ mondial sur 25 pays évalués, et 4ᵉ en Afrique, derrière l’Afrique du Sud, l’Égypte et le Kenya. Ce classement reflète les efforts du pays pour se positionner comme une plateforme attractive pour les entreprises internationales cherchant à externaliser des services liés à l’IA.

Cette performance s’explique par plusieurs facteurs : une main-d’œuvre qualifiée, des infrastructures technologiques en développement, et une volonté politique de faire de l’innovation un levier de croissance. Le Maroc mise notamment sur des partenariats stratégiques, comme ceux développés avec la Banque mondiale ou des acteurs privés, pour renforcer sa souveraineté numérique. Cependant, des défis persistent, notamment en matière de régulation et de formation, pour que le pays puisse pleinement tirer parti de cette opportunité.


Ce qu’il faut retenir

L’été 2026 met en lumière les avancées et les défis du Maroc sur plusieurs fronts. Sur le plan énergétique, les initiatives locales, comme celle de Fès, montrent que des solutions concrètes existent pour réduire la consommation et améliorer l’efficacité des infrastructures. Le projet d’interconnexion électrique avec la France, quant à lui, illustre la volonté du pays de s’inscrire dans une dynamique régionale plus large, tout en renforçant ses partenariats stratégiques.

En matière de gestion urbaine, les tensions autour de la propreté à Ibn Guerir rappellent que les défis locaux restent prégnants, malgré les progrès réalisés dans d’autres domaines. Enfin, le classement du Maroc dans le domaine de l’IA confirme que le pays a les atouts pour jouer un rôle clé dans l’économie numérique africaine, à condition de poursuivre ses efforts en matière d’innovation et de régulation.

Ces chantiers, qu’ils soient énergétiques, urbains ou technologiques, dessinent les contours d’un Maroc en mouvement, où les enjeux locaux et internationaux s’entremêlent de plus en plus.